Désormais bien intégré dans le paysage musical belge, FireForce a pu saisir l’opportunité de se produire à l’Alcatraz Festival. Auteur d’un nouvel album, Rage Of War, paru via Roar Records en janvier dernier, la formation, remaniée ces dernières années, a su marquer de son empreinte la Morgue où s’est rassemblé un beau paquet de metalheads ! Quelques heures après son concert, nous sommes allés à la rencontre du groupe.

Propos d’Erwin Suetens (guitare) et Matt Asselberghs (chant, guitare) recueillis par Axl Meu

Crédit photos : Moris DC


Salut ! Nous sommes ensemble en direct de l’Alcatraz Festival. 2021 oblige, l’affiche est en majorité constituée de groupes belges. On imagine que vous ressentez une immense fierté ! 

Erwin Suetens (Guitare) : Oui, vraiment. C’est un honneur pour nous que d’avoir pu nous y produire ! Quand on a proposé d’y participer, nous avons naturellement dit « oui » ! 

Parlons à présent de votre actualité. FireForce a sorti son quatrième album, Rage Of War en début d’année. C’est le premier avec Matt Asselberghs à la guitare et au chant. Que s’est-il passé avec vos deux derniers chanteurs ? 

Un jour, Flype, notre ancien chanteur, après dix ans de bons et loyaux services a décidé de quitter le groupe, et c’était tout. Cependant, nous n’avions pas eu de mal à remplacer. Nous avons donc recruté Søren Nico Adamsen, notamment connu pour sa participation au sein d’Artillery, au chant. Aussi, Marcus Forstbauer, un ami allemand, nous avait dépannés suite au forfait de Thierry Van der Zanden. Les deux sont restés dans le groupe pendant un an et demi… Søren voulait tout simplement se concentrer sur sa vie de famille, donc il a préféré en arrêter là. Il nous avait tout même expliqué que ça ne le dérangeait pas de faire un album, mais que ça allait être difficile de faire des concerts. C’est à ce moment-là que nous avons commencé à réfléchir à d’autres options. 

Pour Markus, c’était assez difficile de le faire venir en Belgique pour répéter. Il avait déménagé donc… On connaissait déjà Matt. Il nous avait déjà remplacé à plusieurs reprises à la guitare. Nous lui avons tout simplement demandé de nous rejoindre sur le long terme. Nous savions également qu’il savait chanter, raison pour laquelle nous lui avions demandé si ça le dérangeait ou non de tenir de micro pour FireForce. Finalement, après quelques essais, nous avons vraiment été convaincus par sa performance. 

J’imagine que Matthieu a dû se ré-approprier les morceaux du groupe…

Matt Asselberghs (Chant, Guitare) : En fait, vu que le groupe bossait déjà activement sur du nouveau matériel, j’ai directement commencé avec ça. Je ne suis pas passé par les autres morceaux pour faire mes essais. Finalement, avec le recul, je trouve que j’ai apporté une nouvelle couleur sur l’album, une couleur qu’il n’y avait pas avant. C’est toujours du Heavy Metal, mais c’est différent. Je ne saurais pas vraiment me positionner par rapport aux autres albums. Après, il a quand même fallu que je m’adapte par la suite, pour jouer les anciens morceaux, la tonalité n’étant pas la même. Néanmoins, je dirais que les nouveaux morceaux ne sonnent pas comme les premiers. 

Parlons un peu de Rage Of War, votre dernier album, qui est sorti en janvier dernier via Rock of Angels Records. Est-ce que vous pouvez me présenter cet album ? 

En fait, nous avions déjà commencé à travailler sur les morceaux à la sortie d’Annihilate The Evil. Quand nous répétions pour les release-party de cet album, il m’arrivait de proposer des riffs ici et là. Ça venait tout naturellement. Finalement, en quelques mois, je me suis retrouvé avec 8/9 morceaux. Søren n’a jamais enregistré la moindre démo pour cet album. Les parties instrumentales ont été enregistrées à son départ, puis Matthieu a complété l’ensemble dès qu’il est arrivé dans le groupe en 2020. 

« Je ne me sentirais pas capable d’écrire dans un autre registre que celui-ci. J’ai toujours aimé le Metal des années 80, le Power, le Thrash, le Heavy… »

Matt’, tu t’es occupé des paroles ? 

Matt : Moi, quand je suis arrivé, le squelette des morceaux était déjà prêt. Erwin avait composé ls paroles. Je me suis contenté d’ajouter des mélodies de chant, des mélodies de guitare, les solos et ainsi de suite. 

La musique de FireForce renoue avec les origines du Heavy Metal. Votre style est très classique. Est-ce qu’il est difficile de respecter à la lettre les codes de cette musique tout en essayant d’innover ? 

Erwan : En fait, je ne me sentirais pas capable d’écrire dans un autre registre que celui-ci. J’ai toujours aimé le Metal des années 80, le Power, le Thrash, le Heavy… Et la musique de FireForce est vraiment une combinaison de tout ça. Je me suis toujours fixé une ligne de conduite, que je m’évertue de respecter à la lettre. Je ne suis pas le genre de gars à dire : « essayons d’inclure des parties de Reggae pour voir si ça marche ». Ce n’est pas ainsi que je procède. En général, les gens aiment me dire que mon style a évolué depuis le dernier album, mais vraiment, ce n’est jamais voulu. 

Matt, est-ce que tu vois une différence entre Nightmare et FireForce, musicalement parlant ? 

Bien sûr. En fait, je dois t’avouer que c’est assez compliqué de jongler entre les deux. La semaine dernière, je me suis produit avec Nightmare où je n’ai qu’à assurer les rythmiques et quelques solos. Donc, je peux me permettre d’aller à droite, à gauche. Avec FireForce, c’est vraiment différent. Je dois penser à tout : aux paroles, aux solos, aux pédales, et ainsi de suite, tout en communiquant avec le public. Je ne vais pas te mentir, je me sens beaucoup moins libre dans FireForce par rapport à Nightmare. C’est parce que j’ai trop de choses à faire… mais finalement, il n’y a pas de secret : plus tu travailles, plus tu t’entraînes, plus tu te libères de l’espace. 

Matt’, est-ce que tu te considères comme le leader du groupe ? 

Non, pas du tout ! Peut-être sur scène, et tant mieux. C’est mon rôle après tout, mais en interne, ça sera toujours Erwin. Ça a acté ainsi depuis le début. C’est lui qui compose, c’est lui qui investit, c’est lui qui prend les décisions et ainsi de suite. 

Matt’, tu vis quand même loin d’Anvers. Comment ça se passe au niveau des répétitions pour toi qui réside à Macôn ? 

Je ne vais pas te mentir. Avec la pandémie, les confinements et les différentes restrictions, c’était assez délicat. Mais finalement, ces six derniers mois, nous n’avons pas arrêté de nous voir. On a tourné un live-stream et ça, ça n’arrive pas comme ça, il faut être au top. Si tu veux, moi, je suis un passionné, donc, comme pour tout, je donne le maximum de moi-même, je vais au bout des choses, je mets de cœur à l’ouvrage. Je l’ai fait avec Nightmare dès mes débuts dans le groupe. Au début, quand je n’avais pas de voiture, je prenais le train jusqu’à Grenoble ! Et je n’ai jamais rien demandé en échange. Ce sont des choses que l’on voit en amont ! Par moments, je dois prendre l’avion pour arriver à Anvers, mais ça ne me pose pas de problème. 

Est-ce que FireForce a commencé à penser à la suite ? 

Oui, on a commencé. J’ai composé pas mal de riff que j’ai par la suite envoyés à Erwin. Mais là, pour le moment, on se focalise sur Rage Of Warqui a une valeur marchande énorme ! Il nous a couté des ronds, du temps… Et à cause de la COVID-19, nous n’avons presque pas eu de retours. C’est aussi la raison pour laquelle nous n’avons pas pu faire de merch’. À quoi bon mettre 3000 dans des t-shirts alors que nous ne sommes pas assurés de les vendre ? La majeure partie des ventes se faisant en concert… C’est un peu ce qui s’est passé avec le dernier opus de Nightmare… Tout comme celui de FireForce, il est très bon, des gens l’ont écouté, mais ce sont des albums qui, malheureusement, n’ont pas pu être défendus sur scène, mis à part quelques uniques dates, comme aujourd’hui, à l’Alcatraz. Cependant, nous ne sommes pas restés les bras croisés. 


FireForce, c’est : 

Erwin Suetens : Guitare

Christophe De Combe : Batterie 

Serge Bastaens Basse

Matt Asselberghs : Chant, Guitare

Discographie : 

Moonlight Lady (EP-2009)   

March On (2011) 

Deathbringer (2014) 

Annihilate the Evil (2017) 

The Iron Brigade (EP-2019) 

Rage of War (2021)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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