Paul Gilbert est un guitariste boulimique. Un super-héros de la guitare même ! Alors, quand il passe des interviews pour défendre son nouvel album solo, Werewolves of portland, c’est naturellement armé de sa guitare qu’il le fait ! En a résulté d’une discussion bien sympathique, entre explications et démos de guitare !

Propos de Paul Gilbert recueillis par Axl Meu


Salut Paul ! Comment te sens-tu malgré la situation actuelle ? Tu ne peux pas te produire sur scène, mais tu t’occupes en écrivant de la musique. 

Oui, ça va. Ce n’est pas évident. Il faut rester chez soi, porter un album… Cependant, je suis vraiment content d’avoir pu lancer ma propre école de musique. Ça m’a tout simplement permis de rester en contact avec mes élèves… Au début de la pandémie, personne ne savait vraiment combien de temps ça allait durer. Au début, nous pensions que tout rentrerait dans l’ordre au bout de trois semaines… Mais finalement, non. Raison pour laquelle j’ai eu l’idée d’enregistrer cet album. C’était vraiment cool. 

Tu t’es occupé de toutes les sections : guitare, basse, batterie… 

Oui, je me débrouille plutôt mal à la batterie. Pour la basse, c’est assez pour moi également. Werewolves Of Portland est un album instrument, et j’ai tout simplement remplacé les parties chantées par des parties de guitare « slide ». Le « slide » remplace le chant. C’est aussi simple que ça.

Est-ce que tu peux me présenter Werewolves Of Portland. Pourquoi l’avoir intitulé ainsi ? 

Pour le titre, je me suis tout simplement inspiré du morceau « Werewolves Of London » de Warren Zevon. C’est un des morceaux avec lesquels j’ai grandi quand j’étais gamin. Je ne voulais pas forcément reprendre le même titre, Londres étant une ville très connue, et Portland, une ville dont on se moque un peu, pas très connue pour le Rock, plutôt pour des histoires pas très recommandables. (rires)

Ton jeu de guitare est marqué par la spontanéité. Tu empruntes également beaucoup d’éléments à d’autres styles d musique. À quoi penses-tu en premier quand tu travailles sur un album ? 

Mes chansons ? Je les crée en chantant, à partir de parole pas très originale. J’assemble des mots au hasard et je crée des lignes à partir de tout. (Il prend sa guitare et se met à chantonner, NDLR). Et par la suite, je remplace les mélodies vocales par des lignes de guitares « lead ». Donc, oui, j’imagine tout ça et j’assemble. Par moments, ça vient également d’idées d’exercices que je donne à mes élèves pour qu’ils s’entraînent. J’imagine des exercices, puis je me rends compte de leur potentiel et j’en fais un morceau. C’est aussi simple que ça ! C’est plutôt cool d’ailleurs ! 

Paul Gilbert Interview

« Au lieu d’écrire des paroles, je joue sur les variations. C’est comme si j’avais plus de choses à dire à la guitare. »

Pourquoi ne pas avoir fait appel à un chanteur ? 

J’y ai pensé. Je voulais faire appel à Freddie Nelson, mais finalement, non. J’ai opté pour la facilité et décidé de faire les choses par moi-même. Je pense au morceau « Argument About Pie ». Si j’avais dû faire appel à un chanteur, j’aurais dû imaginer plus de paroles. Parfois, je ne suis pas très inspiré quand il s’agit d’écrire des paroles. Je le suis surtout pour écrire des mélodies prenantes. Au lieu d’écrire des paroles, je joue sur les variations de guitare. C’est comme si j’avais plus de choses à dire à la guitare. 

Tes morceaux sonnent de manière très enthousiaste. Rien à voir avec la période dans laquelle nous évoluons… Quand on écoute ta musique, tout nous semble très frais, très enthousiaste. Comment expliques-tu cela ? 

Je conçois la musique comme un médicament, une cure pour l’âme. Je pense aux Sex Pistols. J’adore leur album Nevermind The Bollocks, Here’s The Sex Pistols. Les morceaux sont très agressifs, mais finalement, tu te rends compte que leurs chansons sont en clef majeur, donc la musique est assez joviale dans l’ensemble. Je pense au morceau « The Great Rock’n’Roll Swindle ». La mélodie est très « happy » et l’agressivité se joue dans la manière de jouer. Ils le font avec beaucoup d’énergie. Kevin Shirley, avec qui nous bossons avec Mr Big, m’a toujours conseillé de jouer avec mes tripes, pour que l’on ressente une certaine énergie à l’écoute de mon jeu. Après, tout dépend des techniques de guitare que j’adopte ! Par moments, j’essaie de jouer comme Gary Moore (il se met à jouer un plan à la Gary Moore, NDLR). C’était un peu ma mission, sonner comme Gary Moore

Est-ce que tu peux me parler du morceau « Hello North Dakota! » ? 

En fait, il s’agit d’une reprise de l’hymne national du Dakota du Nord. Aux États-Unis, tous les états ont leur propre hymne. Je viens de Pennsylvanie et, moi-même, je ne connais pas notre hymne. J’ai vécu en Californie pendant une vingtaine d’années, et pareil, je ne le connais pas. Pour ce morceau, j’étais juste en train de le composer, et j’ai écouté leur hymne pour voir ce que ça donnait (il se met à chantonner, NDLR). J’ai tout simplement décidé de l’arranger à ma sauce par la suite, à la manière de Brian May, en jouant sur les harmonies et les couches. Le résultat est grandiose ! 

En tant que guitariste, est-ce qu’il est difficile pour toi de continuer à t’impressionner album après album ? 

Ce que je recherche aujourd’hui, c’est la mélodie. J’essaie juste de créer ce que j’entends ma tête. Évoluer en tant que musicien. 

Est-ce que vous avez commencé à penser à la suite pour Mr. Big ? 

Pas vraiment, non. Pour le moment, nous allons célébrer le trentième anniversaire de l’album Lean Into It (Il se met à jouer le classique « To Be With You » à la guitare, NDLR).


Discographie (hors Mr Big et Racer X) : 

King of Clubs (1998)

Flying Dog (1998)

Beehive Live (1999)

Alligator Farm (2000)

Burning Organ (2002)

Paul the Young Dude/The Best of Paul Gilbert (2003)

Gilbert Hotel (2003)

Acoustic Samurai (2003)

Space Ship One (2005)

Get Out Of My Yard (2006)

Silence Followed By A Deafening Roar (2008)

Fuzz Universe (2010)

Vibrato (2012)

Stone Pushing Uphill Man (2014)

I Can Destroy (2015)

Behold Electric Guitar (2019)

Werewolves of Portland (2021)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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