Guitariste emblématique, Pat O’May a toujours eu le coup pour ficeler les belles mélodies. Ce qu’il parvient à démontrer à chaque album, et son dernier, Welcome to a New World ne fait pas exception à la règle. À l’occasion de sa sortie, nous avons tout simplement pris de ses nouvelles ! 

Propos de Pat O’May (guitare) recueillis par Axl Meu


Salut Pat ! Comment te portes-tu ?

Ça va mieux ! Les salles de concert commencent à rouvrir, même si les conditions sont particulièrement dures. Les jauges sont réduites de moitié et il faut être muni d’un passeport sanitaire pour y accéder. Mais au moins, on commence à sortir la tête de l’eau, à avoir des perspectives quant à l’avenir. On peut désormais se projeter ! 

Tu reviens avec un nouvel album : c’est Welcome to a New World. Est-ce que tu pourrais me le présenter pour commencer ? 

Déjà, il faut savoir qu’aucun de mes albums ne sonnera comme un autre. En général, j’essaie de varier les idées d’un album à l’autre. Là, ce qui me tenait particulièrement à cœur, c’était de resserrer le noyau autour du groupe. Donc, il n’y a que nous trois sur cet opus. Dans cet opus particulièrement, je voulais qu’il y ait cette notion du voyage et embarquer mes auditeurs dans un voyage d’une heure. En bref, Welcome to a New World est un concept album. Ainsi, j’ai fait en sorte que tous les morceaux soient liés par l’intermédiaire de ponts pour faire la transition entre un morceau et le suivant. Tout a commencé avec le morceau « I Shall Never Surrender » 

Il y a un concept autour d’un personnage fictif sur cet album : c’est No Face. 

Oui, voilà. C’est un personnage qui nous symbolise un peu tous en fait. Quelque part, on a tous un côté « No Face » en nous. Ce type, il est enfermé dans sa bulle, une sorte de monde virtuel qui n’a pas lieu d’être. Finalement, sans trop le savoir, il s’est coupé du monde. À la fin, il finit par se poser des questions, il veut savoir s’il est né comme ça ou bien s’il est devenu comme ça. Enfin, il va essayer d’aller vers l’extérieur, il va chasser ses peurs pour redevenir quelqu’un de tout à fait normal. 

Musicalement, on reconnaît ton style. Ce côté « virtuose » qui n’en fait pas trop. À titre personnel, j’ai beaucoup aimé le morceau « In This Town »… Comment t’y prends-tu pour composer et structurer tes morceaux ? 

Tu vois, en gros, une fois que l’ossature du morceau est faite, je m’occupe du chant et des lignes vocales. C’est vraiment la dernière chose que je fais. Je ne me pose jamais vraiment la question de savoir si je vais pouvoir tout assurer en même temps. Tout se fait naturellement. Ma marque de fabrique, c’est vraiment la liberté. Je me fous clairement des codes ! 

Quand as-tu composé cet album ? 

Avant la pandémie. La COVID-19 n’a pas eu d’impact sur l’écriture de l’album. Cependant, je trouve que, sans COVID, l’énergie délivrée dessus n’aurait pas été la même. Welcome to a New Worlda été enregistré après le confinement… Et tu vois, on a tellement été privés qu’on a cumulé des charges émotionnelles qui, finalement, se sont retrouvées sur l’album. Ça nous a vraiment fait du bien de travailler sur cet opus ! 

«Au départ, j’avais écrit pour quatre instruments. Mais, à cause du Covid, on n’a jamais pu répéter à quatre et, au bout d’un moment, j’ai trouvé que ça sonnait bien à trois», explique Pat O'May (au centre). BRANWENN

« Je voulais qu’il y ait cette notion du voyage et embarquer mes auditeurs dans un voyage d’une heure »

Tu te produiras le 22 septembre prochain à Paris, au Café de la Danse. Que devons-nous attendre de ce concert ?

Pour nous, ça va être une première ! Nous avons une nouvelle équipe technique, nous travaillons avec des gens fabuleux qui vous réservent bien des surprises ! On a préparé un concert bourré d’animations visuelles qui se chargeront de compléter l’histoire du « No Face ». Puis, on va jouer cet album dans son intégralité, puis nous continuerons ensuite avec des vieux morceaux que les gens ont envie d’écouter et que nous avons envie de jouer. Après, il est clair que ce concert sera assez unique dans le sens où nous ne pourrons pas proposer ce set-là dans le cadre des festivals. 

Tous les ans, tu organises ton camp d’été, le « Guit-Ar-Camp ». Est-ce que tu peux m’en parler ? 

J’en suis déjà à ma troisième édition, et je travaille actuellement sur la quatrième. La dernière s’était super bien déroulée ! Ça nous a vraiment permis de souffler et de célébrer notre passion pour la six-cordes ! Cette année, nous avons eu des invités géniaux comme NonoJonathan NoycePierre Journel, les représentants de la firme Vola… C’était tellement parfait. Il n’y avait que nous, on jouait, mangeait, dormait sur place. C’était assez amusant de voir les stagiaires s’amuser avec Nono ! 

Il me semble que la dernière édition était une « spéciale » Gary Moore ! 

Oui, voilà. Tous les ans, je rends hommage à un guitariste emblématique. Et puisque ça fait déjà 10 ans que Gary Moorenous a quittés, j’ai tout simplement voulu marquer le coup. C’est aussi pour cette raison que j’ai invité Jonathan Joyce, qui est le dernier bassiste de Gary! C’était vraiment sympathique de l’entendre parler de son expérience. Très émouvant aussi ! 

Tu as dernièrement participé au projet United Guitars. Je sais qu’un troisième volume est en cours. Tu seras de la partie ? 

Non. Pas pour celui-ci. J’ai participé au deuxième volume, j’ai adoré, c’était super. Mais je préfère que ça tourne, que d’autres guitaristes participent. J’aime bien les expériences quand elles sont uniques ! Après, je ne sais pas ! Peut-être que je figurerai sur le 19ème volume ! (Rires) 

Je te laisse le dernier mot ! 

On a une vingtaine de dates de prévues pour le moment. On l’emmènera un peu partout en France. Et surtout, je vous donne rendez-vous le 22 septembre prochain à Paris, au Café de la Danse. Il faut venir ! Peut-être que vous n’aimerez pas la musique, mais si vous participez, peut-être repartiriez-vous avec la guitare Vola d’une valeur de 2000e qui sera mise en jeu le soir de l’événement ? (Rires) Vu qu’il n’y a que 250 places, jauge réduite oblige, ça augmente vos chances de gagner, car quiconque possède un ticket participe. En tout cas, j’ai hâte de tous vous retrouver et de repartager des émotions fortes avec vous !


Pat’ O May, c’est : 

Pat O’May : Guitare, chant  

Christophe Babin : basse 

John Helfy : Batterie

Discographie :

Bob up (1994)

Kids and the War (1996)

Breizh-Amerika (1999)

Anacoustik (2002)

Pat O’May Oméga (2007)

In Live We trust (2010)

Celtic Wings (2012)

Behind the Pics (2014)

Keltia Symphonia (2016)

One Night In Breizh Land (2018)

Welcome To A New World (2021)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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