A-t-on déjà tout dit au sujet d’Aborted ? Sans doute. Il faut dire que ça fait 20 ans que la formation anime la scène Brutal Death de la plus belle des manières : en prenant des risques, en renouvelant les codes d’un genre album après album et en multipliant les tournées… Cette année, elle nous revient avec un nouvel opus, ManiaCult, véritable ode à la violence… Stefano Franceschini, le bassiste et dernière recrue du groupe, nous a tout dit à son sujet.

Propos de Stefano Franceschini (basse) recueillis par Axl Meu


Comment te portes-tu en ce moment ? Votre tournée n’a de cesse d’être repoussée. On espère que la prochaine sera la bonne !  

J’ai hâte. Sérieusement. Ça fait tellement longtemps que nous ne nous sommes pas produits sur scène… En tout cas, je vais bien, ici, en Italie, les choses commencent à rentrer dans l’ordre. C’est cool. Il me semble que c’est pareil un peu partout dans le reste du monde, aussi aux États-Unis. On commence à revoir des concerts, ce qui est très encourageant pour la suite ! 

Aborted est l’auteur d’un nouvel album, ManiaCult, attendu pour le 10 septembre prochain. Peux-tu me présenter cet album ? Qu devons-nous savoir à son sujet ? 

Beaucoup de choses ! De nous, tu peux t’attendre à du blast-beat, à des riffs de tueur… Quand nous avons commencé à travailler sur cet album, nous avons essayé de nous rapprocher des sonorités que l’on peut retrouver sur Goremageddon: The Saw and the Carnage Done et The Archaic Abattoir tout en essayant de sonner plus moderne encore. Aussi, nous avons gardé des idées de l’ère TerrorVision et de La Grande Mascarade et pousser l’ensemble. On voulait combiner les éléments atmosphériques de l’album et le côté sombre de nos derniers albums aux éléments plus « old-school » de nos premiers albums. 

Tu fais allusion à votre EP, La Grande Masquarade que le groupe a fait paraître en 2020. Quel était le but de cet EP ? Faire patienter vos fans pendant le confinement ? 

Oui et non. ManiaCult n’était pas encore totalement terminé… Il restait encore quelques riffs à enregistrer, quelques morceaux également… Le but de cet EP était d’accompagner la tournée que nous étions censés partager en Amérique du Nord avec Napalm Death entre avril et mai. Finalement, cette tournée n’a jamais eu lieu, mais bon… L’idée, au départ, était d’avoir un petit objet à présenter pour cette tournée. Aussi, le choix de l’EP n’est pas le fruit du hasard. Ce format, en général, permet à un groupe d’expérimenter et de proposer de nouvelles idées, ainsi que de donner des indices sur ce qui viendra ensuite…

Sur ManiaCult, Aborde évoque le quotidien d’un personnage de fiction créé par H.P. Lovecraft. Qu’en est-il du concept de l’album ? 

Oui, voilà. Son nom est Francis Wayland Thurston. Sur ManiaCult, nous avons essayé de créer une « vibe » à la Lovecraft, que ce soit sur le plan de la musique, mais aussi de son illustration. Nous avions en mémoire ce personnage malsain qui essaie d’invoquer les démons lovecraftiens. On lui a donné une mentalité de fou dont nous nous sommes servis pour créer le concept de l’album. C’est un fou furieux très influent qui essaie de faire rentrer quiconque dans sa propre secte. On peut d’ailleurs faire le rapprochement entre ce qui se passe en ce moment et ce personnages… Tu sais, ces gens qui ne veulent pas de se faire vacciner et qui préfèrent écouter les gourous sur les réseaux sociaux… (Sourire) 

Concernant la musique en elle-même, tu m’évoquais tout à l’heure un petit côté « old-school » que tu as tout de même voulu réactualiser. Comment avez-vous procédé ? À Distance une nouvelle fois ? 

Oui, à distance. Tu sais, la formation est éclatée un peu partout dans le monde. Notre batteur et notre guitariste viennent des États-Unis, de Californie, plus précisément, Sven vit en Belgique et moi, en Italie. Donc, je dirais que la COVID-19 n’a pas vraiment affecté le processus de composition de ce nouvel album. Ken Bedene (batterie, NDLR) a écrit l’album dans sa majorité. Il nous envoyait ses idées et nous lui faisions des suggestions. C’est assez naturel pour nous. En tout cas, la pandémie nous a permis de perfectionner l’ensemble, de revoir tous ces petits détails dont nous n’étions pas très satisfaits au départ. 

« Tous les membres du groupe adorent les films d’horreur. Nous avons grandi avec ça et continuons de nous en inspirer. Tu sais, ces films comme Hellraiser, Massacre à la Tronçonneuse… Nous adorons ça ! » 

Pour ce qui est de l’enregistrement, ça a été plutôt compliqué cependant, dans le sens où nous avions l’habitude de nous réunir. Là, cette fois-ci, il a tout fallu faire à distance. Cependant, nous avons tout de même pris le temps de travailler sur nos parties. Je pense notamment à Sven à qui il est arrivé d’enregistrer 2/3 morceaux par jours pour ensuite revenir dessus pour effectuer quelques changements. Personnellement, j’ai enregistré mes parties depuis chez moi, Ian pareil, chez lui. Finalement, notre producteur, Kristian Kohlmannslehner a fait un super travail. Il a vraiment obtenu le son qu’on voulait sur l’album ! 

Il me semble qu’il y a des guests sur cet album. Qui sont-ils ? 

Oui. Joe Badolato, le chanteur de Fit For An Autopsy figure sur la piste éponyme de l’album… Ensuite, on y retrouve également Filip Danielsson de Humanity’s Last Breath sur le morceau « Drag Me To Hell »… Enfin, Ryo Kinoshita de Crystal Lake et Ben Duerr de Shadow Of Intent apparaissent respectivement sur « Ceremonial Ineptitude » et « The Folly Of The Gods ».

Comme toujours Aborted met en avant sa passion pour les films d’horreur comme l’illustre le morceau « Drag Me To Hell », en référence au film « Jusqu’en Enfer »…

Exact. Tous les membres du groupe adorent les films d’horreur. Nous avons grandi avec ça et continuons de nous en inspirer. Tu sais, ces films comme Hellraiser, Massacre à la Tronçonneuse… Nous adorons ça ! 

Quid de cette tournée que nous n’attendons plus en compagnie de The Acacia Strain… Le public des Hauts-de-France vous donne rendez-vous le 17 février prochain à Courtrai, au De Kreun, en Belgique… Il y aura même Benighted ! Quelques mots sur cette « bromance » ? 

Ça fait des années que Sven et Julien (Truchan, NDLR) sont potes ! Quelque chose comme 20 ans… Nous avons tourné un paquet de fois avec eux… Ils sont géniaux ! La dernière fois, c’était avec Cryptopsy. C’était vraiment énorme. Aussi, ils sont partis avec nous aux États-Unis, et si je ne m’abuse, c’était leur première tournée américaine. On était vraiment contents pour eux…

Il me semble que Kevin Paradis, le batteur de Benighted, avait eu des problèmes de visa… 

Oui ! Il me semble qu’il y avait comme une erreur sur sa date de naissance, ou quelque chose comme ça. Donc il avait dû tout refaire. Les Américains ne rigolent pas avec ça… Mais finalement, ça l’a fait ! Il était arrivé à Détroit, première escale de la tournée, une demi-heure avant le début des hostilités. On peut dire qu’il a eu chaud ! (Rires). Tu peux essayer de remplacer un chanteur ou un guitariste à la dernière minute, mais un batteur, c’est tout de suite plus compliqué ! (Rires) 


Aborted, c’est :  

Sven de Caluwé : chant 

Ken Bedene : batterie

Ian Jekelis : guitare 

Stefano Franceschini : basse

Discographie : 

The Purity of Perversion (1999)

Engineering the Dead (2001)

Goremageddon: The Saw and the Carnage Done (2003)

The Archaic Abattoir (2005)

Slaughter & Apparatus: A Methodical Overture (2007)

Strychnine.213 (2008)

Global Flatline (2012) 

The Necrotic Manifesto (2014) 

Retrogore (2016) 

Terrorvision (2018)  

Maniacult (2021) 

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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