« Renaître de ses cendres », l’image est assez forte. Après un petit passage à vide, Headcharger nous revient avec un album inspiré, Rise From The Ashes, annonciateurs d’une nouvelle ère pour le groupe. Au rendez-vous, un Rock abrasif tout simplement taillé pour la scène. Naturellement, nous avons pris quelques nouvelles du groupe… Sébastien Pierre, son chanteur, s’est livré à nous.

Propos de Sébastien Pierre (chant) recueillis par Axl Meu


 Salut ! Comment le groupe se porte-t-il quelques semaines après la sortie de votre nouvel album, Rise From The Ashes ? 

Écoute, on se porte très bien ! Il nous tardait vraiment de pouvoir partager Rise From The Ashes avec tout le monde. Les retours sont excellents tant au niveau de la presse que de notre public. Pas mal s’accordent à nous dire que, si ce n’est notre meilleur album, il concentre ce que nous savons le mieux faire, un Heavy Rock sincère et direct. Les nouvelles pistes que nous avons explorées ont, elles aussi, fait l’unanimité donc, vraiment, tout va bien. 

Comment beaucoup, Headcharger a souffert de la pandémie qui, on l’espère, touche à sa fin. Est-ce qu’elle a eu un impact sur la manière dont vous avez écrit vos nouveaux morceaux ? 

Pour tout te dire, nous avions commencé à écrire des titres à la fin de la tournée d’Hexagram. À cette époque, ce que nous composions ne nous convenait pas forcément. Je pense que nous étions un peu à sec d’inspiration. Cette pandémie et ces confinements à répétition nous ont permis de nous concentrer à nouveau sur l’essentiel. Ce fut l’occasion pour nous d’engager une sorte d’introspection. Je pense que c’est aussi pour cela que ce Rise from the Ashes est l’album le plus personnel d’Headcharger. J’ai tenu à franchir le pas d’une certaine pudeur pour partager certains de mes états d’âme sur cet album

Pandémie oblige, beaucoup se sont remis en question, certains groupes se sont séparés… Est-ce la raison pour laquelle Antony et Rudy s’en sont allés ?  

Comme je te le disais, nous avons essayé de mettre à profit cette période et éviter de trop la subir. Le départ de Rudy était déjà acté à la fin de la tournée précédente et nous avons décidé d’arrêter l’aventure avec Antony pour des raisons qui nous étaient personnelles. L’arrivée de David Vallee (guitare, NDLR) s’est faite complètement naturellement. Il avait déjà remplacé Antony sur certaines dates de la tournée précédente et convenait complètement à ce que nous recherchions. Les grandes lignes de ce Rise From the Ashes se sont dessinées et Antoine Cadot (batterie) est venu parfaire cet ensemble.

Comment me présenteriez-vous ce nouvel opus ? Doit-on y lire une symbolique particulière derrière le titre de l’album ? Pourquoi « renaître de ses cendres » ? 

Cet album fut en quelque sorte une thérapie. Sur le plan personnel, certains d’entre nous étaient au fond du trou et si on conjugue à cela un climat général aussi pesant que fut celui de cette pandémie, tu te doutes que tout n’était pas rose. Je pense réellement que si l’écriture de cet album n’avait pas été à la hauteur de nos espérances, c’était clairement la survie du groupe qui était en jeu. Nous étions arrivés à la fin d’un cycle, il était important pour nous de marquer ce changement d’où le fait de « renaître de ses cendres ». Tout cela est d’autant plus vrai que je sens une force en nous que nous n’avions peut-être jamais eue. 

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« Si l’écriture de cet album n’avait pas été à la hauteur de nos espérances, c’était clairement la survie du groupe qui était en jeu »

Headcharger a toujours été reconnu pour son Rock abrasif taillé pour la scène. Sachant que les événements « live » étaient à l’arrêt, où avez-vous puisé votre énergie pour ces nouveaux morceaux ? 

Il a fallu justement aller puiser cette inspiration un peu plus profondément en nous. Je ne m’étais pas fait la remarque, mais c’est peut-être aussi pour cela que cet album est aussi personnel. Le live a toujours été très important pour Headcharger et en être privé pendant cette période a forcément fait naître en nous des frustrations qu’il a fallu compenser d’une manière ou d’une autre. Aujourd’hui, Rise From The Ashes est sorti et il nous tarde de partager ces titres en live. 

Que les nouveaux membres ont-ils apporté à ce nouvel album ? En termes de compositions ? De riffs ? 

En les intégrant dans ce nouveau projet, nous tenions aussi à changer nos méthodes de composition. Pour que leur intégration soit le plus réussi possible, nous avons décidé de leur faire confiance à 100%. Ce Rise From the Ashes est le premier album d’Headcharger composé par l’ensemble de ses membres. J’ai beaucoup travaillé le chant avec David et c’est assez naturellement que nos deux voix se sont accordées sur ces nouveaux morceaux. Certains instrus ont été modifiés pour se mettre au service des lignes de chant. Cette interaction perpétuelle a vraiment été un moteur. Nous avons voulu composer un album de groupe pour être le plus en phase possible avec chacune des personnalités qui le compose. 

Quelles sont les thématiques abordées sur ce nouvel opus ? Ont-elles un rapport avec vos vies respectives ? 

Ce nouvel album traite de nos relations à l’autre, aux autres, de nos dépendances, nos addictions. Bref, les sujets qui sont abordés ne sont pas forcément très légers, mais nous tenions à compenser cela par une musique qui soit la plus énergique possible. J’ai commencé à écrire les textes pendant le premier confinement et cette longue période de solitude a été propice pour me retrouver face à moi-même.

Dans quelles conditions ce nouvel opus a-t-il été enregistré ?

Nous avons décidé de réitérer notre confiance envers Guillaume Doussaud du Swan Sound studio et avons même voulu qu’il participe de manière active à la production artistique. Il était important pour nous que ce regard extérieur puisse permettre à ces morceaux d’être tirés vers le haut. Nous sommes restés un mois pour les prises son et avons été confinés deux jours après. Le mix s’est donc essentiellement fait à distance. Ce qui, en soi, n’était pas forcément une mauvaise chose puisque cela nous a permis aussi de prendre un peu plus de recul.

Et maintenant, qu’allez-vous faire en attendant la reprise des concerts ? D’ailleurs, avez-vous des dates de prévues ? 

Nous allons repartir doucement sur les routes entre octobre et décembre pour une petite dizaine de dates. Puis, à compter de janvier, si la situation sanitaire nous le permet, nous jouerons partout où cela sera possible et dans les conditions qui soient les meilleures pour nous comme pour notre public. Il nous tarde vraiment de retourner à la rencontre de notre public. C’est à mes yeux un des principaux attraits de ce métier.


Headcharger, c’est :

Sébastien Pierre : chant 

David Rocha : guitare 

Romain Neveu : basse 

David Vallée : guitare 

Antoine Cadot : batterie 

Discographie :

Headcharger (2005)

Watch the Sun (2007)

The End Starts Here (2010)

Slow Motion Disease (2012)

Black Diamond Snake (2014)

Hexagram (2017)

Rise From The Ashes (2021)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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