Rendez-vous incontournable des amateurs de musiques extrêmes, le Metal Mean avait prévu de tirer sa révérence en août dernier avant de se revenir sur sa décision, pour une toute dernière édition prévue pour août 2022, sans doute parce qu’elle préférait attendre que la pandémie soit derrière nous pour ainsi terminer son aventure sur une note plus « enthousiaste ».

Et pourtant, malgré les annulations et remplacements de dernière minute (Hulder est remplacé par Wiegedood et Nekrovault par Doodswens), la cuvée 2021 du Metal Mean s’est avérée être un excellent cru : Triumph of Death, Sodom, Bølzer, Misþyrming, Sabathan, Surphur Aeon,… Heretik Magazine était sur place le 21 août dernier et a profité, comme il se doit, de ce rare week-end de festivités estivales. 

Par Axl Meu

Crédit photos : Moris DC


On commence les hostilités avec Doodswens, jeune duo de Black Metal hollandais, tout droit venu d’Eindhoven. Le décor est soigné et la prestation va à l’essentiel : une guitare, une batterie, des cris pour un Black Metal classique, mais authentique, qui prend aux tripes. Il n’en fallait pas plus pour lancer comme il se doit les hostilités.

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Bütcher est en passe de devenir, à l’instar de ses potes d’Evil Invaders, une référence en matière de Speed/Thrash Metal… Et même que sa réputation commence à dépasser les frontières. C’est du moins ce que nous a laissé sous entendre la dernière signature du combo avec le label français Osmose pour la sortie en 2020 de son deuxième opus, 666 Goats Carry My Chariot, véritable condensé d’énergie brute et « old-school ». Désormais, il est l’heure de revenir sur scène et de présenter son nouveau matériel (et guitariste, Max Mayhem d’Evil Invaders, bah tiens). La promesse est tenue : Bütcher, toujours mené par un R Hellshrieker en acier, nous livre ses morceaux les plus puissants à une vitesse folle : « 666 Goats Carry My Chariot », « Elektrik Exekutioner », « Thermonuklear Road Warrior »… Bref, authentique, simple, efficace. On a adoré !

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Notre dernière rencontre avec Sulphur Aeon remonte à mars 2020, à une semaine du premier confinement. C’était dans le cadre de la dernière édition du In Theatrum Denonium. Autant dire qu’on ne boude pas notre plaisir de retrouver sur scène la formation qui proposera son black metal ambiant qui puise dans l’univers de Lovecraft et celui de Cthulhu. Au rendez-vous, une atmosphère glaçante, attractive, et surtout épique, véritable marque de fabrique pour une formation reconnaissante de pouvoir enfin se produire sur scène le temps de le temps de 45 courtes minutes au cours desquels ont été interprétés un paquet de morceaux de son dernier opus, The Scythe Of Cosmic Chaos, paru en 2018. 

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Doit-on encore présenter Wiegedood ? Remplaçant de dernière minute, la formation belge a beau avoir mécontenté les puristes, il n’empêche que ses performances riment toujours avec profondeur, rigueur d’exécution et introspection. En effet, à trois, les dignes représentant de la Church Of Ra sont tout simplement revenus, en tout sobriété, sur le meilleur de la saga de « Doden Hebben Het Goed »…

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Sabathan est une formation bien connue et attendue du public belge, car fondée en 2018 par Lord Sabathan, ex-membre d’Enthroned et actuel chanteur/bassiste de Slaughter Messiah et d’autres ex-membres d’Enthroned. Il n’est pas surprenant que la formation se sente « comme à la maison » au Metal Mean. Avec un public déjà acquis, Sabathan a tenu à ses promesses et a proposé un set « old-school » (avec les chandeliers, les bougies, les crânes, le corpse-paint et autres animations qui vont avec) et a mis en avant les deux premiers opus d’EnthronedProphecies of Pagan Fireet Towards the Skullthrone of Satan, tous les deux respectivement parus en 1995 et en 1997. Particulièrement intéressant et efficace (certains morceaux n’avaient pas été joués depuis des lustres), le rituel aimera tirer sur la corde de la nostalgie jusqu’à l’épilogue de « The Ultimate Hordes Fight ». Une belle claque ! 

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Véritable curiosité de la journée, les Islandais de Misþyrming tirera son épingle du jeu avec un Black Metal expérimental chanté en islandais, pour plus d’introspection. C’est d’ailleurs ce qui se ressent à l’écoute du très technique, Algleymi, deuxième album du groupe paru en 2019, principalement représenté ce soir le temps de six morceaux : « Orgia », « Með svipur á lofti », « Ísland », « Steingelda krummaskuð », « Hælið, Allt sem eitt sinn blómstraði » et « Alsæla » qui oscillent entre modernité et tradition, mélodie et rudesse. Une belle découverte pour nous ! 

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La météo commence sérieusement à vriller. Et il pleut des cordes quand Bølzer s’installe sur scène (d’ailleurs, la pluie ne les quittera jamais. Heureusement que les groupes se produisent sous un chapiteau…). D’ailleurs, qu’on se le dise, Bølzer n’a pas eu besoin d’attirer les foudres pour remplir la tente. Pluie ou pas, ça aurait été plein. Les fans sont dans les starting-blocks et comptent bien se laisser hypnotiser par les rythmiques bien prononcées du duo suisse qui se plait à reproduire dans une pénombre étouffante et boueuse quelques gros morceaux « A Shepherd in Wolven Skin », « Æstivation », « Zeus – Seducer of Hearts », « I Am III » et « Ave Fluvius! Danu Be Praised! ». Bref, c’est toujours efficace et il est surprenant de voir comment la formation, malgré sa configuration, continue de frôler la perfection à chaque performance. On leur donne rendez-vous très prochainement à Lille en compagnie de Tribulation et Molassess

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Doit-on encore présenter Sodom ? Fer de lance de la scène Thrash allemande, Sodom a toujours su se poser les bonnes questions pour évoluer au fil des décennies. Et ce fut le cas dernièrement avec ce changement de configuration et l’intégration surprise de Frank Blackfire, éternel guitariste de l’ère Persecution Mania/Agent Orange, ce qui a abouti à ce superbe Genesis XIX que le combo nous a présenté l’année dernière. Regonflée, la formation nous a offert un set fort généreux de 21 morceaux, de quoi encourager les plus courageux à s’en donner à coeur-joie dans un pit particulièrement boueux sur les gros classiques « Sodomized », « Agent Orange », « Ausgebombt », « Bombenhagel » et même le classique « Iron First » de Motörhead, à l’époque revu sur l’album Persécution Mania. Y’a pas à dire, la formule à quatre sied parfaitement à Sodom, et l’intégration de Toni Merkel d’Asphyx à la batterie a fait le plus grand bien au groupe. Bref, cette performance a été une réussite sous tous les angles, mais devions-nous en douter ? Non. Merci pour cette leçon de Thrash, « Onkel Tom ». 

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Triumph of Death… De Tom Angelripper, on passe à Tom G. Warrior qui, souvenez-vous, s’était produit au Metal Mean en 2018 avec Triptykon. Malheureusement, avant le début le dernier gros morceau de la journée, beaucoup ont déclaré forfait et sont allés se reposer dans leur tente. Nous leur dirons tout simplement qu’ils ont loupé le concert le plus intéressant et symbolique de la journée, non pas du fait de sa rareté, mais de sa qualité. Mia Wallace n’étant plus de la partie, les parties de basse sont assurées par Slaughterwytch (depuis 2019 nous siffle-t-on dans l’oreillette). Et malgré ce petit changement, l’ensemble incarne bien l’esprit des débuts de la carrière de Tom G. Warrior, lui qui ne manquera pas de dégouliner de charisme quand vient l’interprétation de « Massacra », « Maniac », « Aggressor », « Revelations of Doom » et de « Visions of Mortality ». Bref, une vraie leçon d’histoire à ciel couvert. Tom G. Warrior a renfermé cette avant-dernière édition du Metal Mean de la meilleure des manières.  

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Bref, une superbe édition, malheureusement marquée par les intempéries, ce qui n’a pas empêché les fans de musiques extrêmes de passer une excellente journée. À l’année prochaine.

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