À 70 ans, Udo Dirkschneider reste bien déterminé à partager sa passion pour les guitares saturées avec le monde entier. Et ce n’est pas une pandémie d’envergure mondiale qui va lui mettre des bâtons dans les roues : particulièrement productif, il revient avec un album de Heavy Metal classique, « Game Over », paru la semaine dernière via AFM Records. Un album qui n’annonce en rien la fin sa carrière, contrairement à ce que son titre pourrait laisser entendre… Entretien

Propos d’Udo Dirkschneider (chant) recueillis par Axl Meu


Salut Udo, c’est toujours un plaisir de s’entretenir avec toi. On est ici pour parler de ton nouvel album, Game Over, mais je vais aussi en profiter pour revenir sur ce fameux projet que tu as lancé l’année dernière avec The Old Gang l’année dernière. Avant ça, j’aimerais tout simplement revenir sur le concert que tu as donné à l’Alcatraz Festival cet été sous le nom de Dirkschneider… J’imagine que ce concert a été très spécial pour toi…
Oui. Vraiment ! C’était le premier concert que je donnais en presque un an… C’était très spécial. J’adore l’Alcatraz Festival. Il y a toujours énormément de fans sur place et le feeling est très bon ! C’était cool… Les organisateurs avaient pris tout un tas de mesures pour que personne ne soit infecté par le virus. C’était très rassurant !

Oui, sur place, c’était vraiment comme dans l’ « ancien monde ». On ne portait pas de masque, on s’amusait, tout simplement. Concernant ce fameux concert, tu as repris un tas de classiques d’Accept… Ce qui est plutôt étonnant pour quelqu’un qui n’a cessé de marteler qu’il n’en reprendrait plus jamais…
En fait, je devais déjà me produire à l’Alcatraz en 2020 sous le nom de Dirkschneider et j’avais prévu d’y donner un set « special Metal Heart ». Finalement, ça n’a jamais eu lieu… Mais, pour 2021, ils m’ont appelé et proposé à nouveau de m’y produire. Pour les organisateurs, c’était clair ! Ils voulaient que je joue du Accept. Puis, à vrai dire, à ce moment-là, on se moquait pas mal de jouer du Accept ou du U.D.O., ou que sais-je. On n’allait pas faire la fine bouche ! Ça faisait tellement longtemps que nous ne nous étions pas produits !
Désormais, je me focalise sur U.D.O., même si je sais très bien qu’il sera difficile de faire l’impasse sur les classiques d’Accept. Il y a quelques années de ça, Ronnie James Dio m’avait fait comprendre qu’il fallait donner aux fans ce qu’ils attendaient de nous, à savoir des classiques ! Est-il concevable que Deep Purple ne joue pas « Smoke on the Water » en concert ? Pas vraiment, non. Cependant, pour les prochaines tournées à venir, je me focaliserai essentiellement sur mes morceaux solo. J’en profiterai pour jouer des morceaux de Steelfactory, Game Over, mais aussi des classiques de Man And Machine et Animal House

Parlons à présent de ce nouvel album, Game Over… Rassure-nous, tu n’en as pas fini avec nous ? Pourquoi ce titre « Game Over » ? (Rires)
Beaucoup ont pensé que Game Over serait mon dernier album. Mais non ! En fait, ce titre, c’est un peu le résumé de tout ce que nous avons ressenti ces dernières années. Il y a eu la pandémie et les drames qui en ont découlé. Et comme si ça ne suffisait pas, notre actualité a été marquée par de nombreuses catastrophes naturelles. Mais on y est arrivé malgré tout. Nous n’avions rien d’autre à faire que de travailler des morceaux et d’enregistrer ce nouvel opus. Nous avons, comme beaucoup, dû nous adapter, composer à distance via Zoom, FaceTime, Skype…

Vous n’avez pas eu trop de mal à tout composer à distance ?
Ça a pris le temps qu’il fallait. On se concertait pour modifier des choses ici et là, ce que nous faisons normalement en « face to face ». Je me suis occupé de mes prises de chant chez mon fils, Sven (Batterie, NDLR)… Aussi, il m’a beaucoup aidé pour l’écriture des paroles. Et certaines de ses idées étaient vraiment très bonnes. Pareil pour mes musiciens, ils ont vraiment été très productifs ! Et que dire si ce n’est que je suis vraiment satisfait du résultat ? Game Over est un album très généreux ! J’en ai vu se plaindre comme quoi l’album contenait trop de morceaux ! (Rires) Non, mais c’est une blague ?! À la place, ils devraient s’en réjouir ! (Rires)

« J’évolue sans cesse. Et ma force, c’est d’être accompagné de jeunes musiciens qui n’ont pas forcément le même background que moi »

Game Over est vraiment un vrai album de Heavy Metal : ses harmonies, ses rythmiques… Tu ne jures que par ça ! Est-ce que tu as déjà pensé à te renouveler ?
En fait, oui et non. J’évolue sans cesse. Et ma force, c’est d’être accompagné de jeunes musiciens qui n’ont pas forcément le même background que moi. À titre personnel, j’ai grandi avec Judas Priest, Black Sabbath, Jimi Hendrix, Deep Purple… Mon fils a 27 ans, Dee (Dammers, guitare, NDLR) 28 et Tilen (Hudrap, basse, NDLR) 30… Le plus vieux a 35 ans ! C’est cool, car ils sont d’une autre génération, donc ils peuvent apporter des idées modernes. À la fin, ça sera toujours du U.D.O., mais avec une saveur différente, un peu plus moderne !

Accept avait à l’époque essayé d’être plus moderne dans son approche de la musique, mais ce choix n’avait pas du tout fait l’unanimité si je ne me trompe pas…
Je pense que tu fais allusion à l’album Death Row (1994, NDLR). Wolf (Hoffmann, guitare, NDLR) avait voulu s’adapter et sortir un album de Grunge… Il ne voulait plus d’un deuxième guitariste. Je ne sais pas… À l’époque, ça ne l’avait pas fait. Mais ça, c’est une autre histoire. (Rires)

C’est vraiment cool de te voir avec autant d’énergie. Je veux dire, après toutes ces années au service au Heavy Metal, où puises-tu ton énergie ? Ce n’est pas trop difficile de partir en tournée, de chanter tous les soirs comme tu le fais ?
(Rires) Je vais très bien. Et je m’estime particulièrement chanceux, car ma voix ne m’a jamais lâché ! J’essaie de vivre le plus sainement possible… Beaucoup m’ont demandé si j’avais déjà songé à prendre ma retraite, mais non. La retraite, ce n’est pas pour moi ! Tant que je m’amuse, tant que je peux encore le faire, pourquoi arrêterais-je ? Déjà que la pandémie nous a tous mis à l’arrêt, tu dois te douter que je suis d’attaque pour les prochaines tournées à venir. D’ailleurs, heureusement que j’ai réussi à m’occuper pendant la pandémie en lançant ce petit projet, Dirkschneider & the Old Gang.

Oui, d’ailleurs, tu peux m’en dire plus ? D’où cette idée de collaborer à nouveau avec tes anciens acolytes d’Accept, Stefan Kaufmann et Peter Baltes, t’est-elle venue ?
J’avais encore un morceau tiré des sessions de We Are 1 – l’album que j’ai sorti avec l’orchestre Das Musikkorps der Bundeswehr – en réserve. C’était « Where The Angels Flies », que nous n’avions pas pu inclure à l’album par manque de place… À la place, nous en avons fait un clip et l’avons mis sur Youtube. Les retours ont été plus que positifs, raison pour laquelle nous avons décidé de continuer. Puis la machine s’est emballée. Ensuite, Stefan a pensé qu’il serait bon de lancer une sorte de projet caritatif pour aider l’équipe qui m’accompagne en tournée. Ce que nous avons fait. Nous avons signé un petit contrat avec AFM Records et avons travaillé sur ces morceaux. C’était vraiment cool de retravailler à nouveau avec Peter Baltes… Beaucoup d’autres amis étaient de la partie, comme Mathias Dieth, mon ancien guitariste. Il y avait aussi Manuela Bibert, une très bonne amie et chanteuse que je respecte énormément… Ce projet, ce n’était ni du U.D.O., ni du Accept… On a juste fait de la musique ensemble pour le plaisir.

Donc, si j’ai bien compris, Dirkschneider & the Old Gang ne foulera jamais la moindre planche ?
Non, pas de date, pas de tournée… C’était vraiment le projet d’un EP. De toute manière, il m’aurait été impossible de partir en tournée avec ce line-up. Manuela vit quelque part en Grèce, Peter est à Nashville et est bien occupé également. Certains veulent que l’on enregistre un album, mais on verra… Tout dépendant du temps que l’on aura à notre disposition !


U.D.O., c’est :
Udo Dirkschneider : chant
Andrey Smirnov : guitare
Sven Dirkschneider : batterie
Tilen Hudrap : basse
Dee Dammers : guitare


Discographie :
Animal House (1987)
Mean Machine (1989)
Faceless World (1990)
Timebomb (1991)
Solid (1997)
No Limits (1998)
Holy (1999)
Man and Machine (2002)
Thunderball (2004)
Mission No. X » (2005)
Mastercutor (2007)
Dominator (2009)
Rev-Raptor (2011)
Steelhammer (2013)
Decadent (2015)
Steelfactory (2018)
We Are 1 (2020)
Game over (2021)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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