On ne vous le cache pas. L’affiche de la dernière édition du Night Fest Metal (se tenant le samedi 16 octobre dernier à l’Entrepôt d’Arlon au fin fond de la Belgique) a tout simplement justifié notre long périple. En effet, le temps d’une journée était programmée une partie des formations sur lesquelles la rédaction mise le plus depuis un moment, à commencer par Regarde Les Hommes Tomber, Aorlhac, Wolvennest et même Schammasch…

Par Axl Meu et Alan Dujardin

Crédit photos : Axl Meu


Repéré dans le cadre de la dernière édition du Durbuy Rock Fest, Deathtura avait fait mouche grâce à un Metal « groovy » à mi-chemin entre le Death Metal et le Thrash Metal. Il est donc surprenant de voir la formation se produire dans le cadre d’un événement exclusivement réservé au Black Metal et ses dérivés. Et pourtant, communicative, elle ne se démonte pas. L’ensemble est particulièrement bien exécuté, reste accrocheur, même si le public a du mal à être sensible au charme de ses musiciens et ce, malgré un set bien mené et cohérent. Un faux-départ provoqué non pas par le groupe, mais par le festival lui-même. (Alan)

Il est temps d’attaquer le vif du sujet avec Aorlhac. À peine remis de son concert au Ferrailleur de Nantes, le groupe est directement reparti sur les routes pour enchaîner avec son deuxième show du week-end. C’est pourtant avec une fatigue peu apparente que les Auvergnats entament leur nouveau set, mettant à l’honneur deux compositions de Terres Brûlées (« Au travers nos cris » et « Nos Hameaux Désespérés ») paru dernièrement via Les Acteurs de l’Ombre Productions. Toujours accrocheurs et épiques, les titres du set nous embarquent dans l’univers culturel de ses protagonistes, un univers qu’ils ne cessent de défendre et qui éveille en nous l’envie de partir en guerre aux côtés des Tuchins… Bref, écourtée mais intense, cette nouvelle prestation témoigne de la forte évolution d’un combo qui n’a de cesse de gagner en renommée. Pour beaucoup, Aorlhac est LA découverte de la journée. (Alan)

 

Attendu par beaucoup d’entre nous, White Ward est une formation singulière, rare, que l’on a beaucoup aimé découvrir sur scène. Misant sur un set particulièrement atmosphérique, le combo Ukrainien, signé chez Debemur Morti, sait calmer les ardeurs des uns et des autres avec son Post-Black Metal expérimental marqué par l’insertion ingénieuse (peut-être déroutante) de fines parties de saxophone, que l’on a, malheureusement, du mal à discerner. Malgré cela, White Ward n’en reste pas moins une formation affutée et cette première nous encourage vivement nous jeter sur sa discographie et à découvrir toute sa finesse de son univers. (Axl Meu) 

On continue avec The Spirit, jeune mais prometteuse formation de Black/Death Metal tout droit débarquée de Saarbrücken, en Allemagne. Nouvelle formation et nouvelle particularité : The Spirit évolue à trois depuis l’année dernière et a fait l’impasse sur la section « basse », sans doute pour plus d’agressivité. Ici venu présenter son nouvel opus, Cosmic Terror, paru en février 2020 via AOP Records, le jeune trio joue sans discontinuer ses morceaux exigeants, mais particulièrement efficaces sur scène. On pensera particulièrement à « Cross The Bridge To Eternity » marqué par une remarquable fibre épique. Bref, en plus de rendre hommage à la scène Death/Black scandinave de la plus belle des manières, The Spirit montre qu’il a toutes les cartes en main pour s’imposer durablement. (Axl Meu) 

Assez convaincus par la dernière galette d’AsagraumDawn of Infinite Fire, nous ne cachons pas notre plaisir de revoir la formation hollandaise sur les planches… Et pourtant, nous sommes quelque peu déçus par la prestation livrée ce soir. Non pas qu’elle manque d’honnêteté, ou que sais-je. Disons simplement que la rigueur n’est pas tellement de mise (la batterie n’est pas toujours dans les temps), nous privant alors de l’immersion pour laquelle nous nous sommes préparés. Dommage car leurs morceaux de Black Metal traditionnel méritent clairement que l’on s’y attarde ! Était-ce un jour-sans ? On espère. (Axl Meu) 

Schammasch rencontre des difficultés pour s’acheminer vers Arlon. Naturellement, le running-order est remanié, Regarde Les Hommes Tomber et Wolvennest décalent leurs horaires et donnent rendez-vous à leurs fans un peu plus tôt que prévu. 

Et on ne vous apprend rien en vous disant que la performance de Regarde Les Hommes Tomber est la plus attendue de la journée. Pas question pour eux de donner un simple concert. Les Nantais ont pris soin de disposer bougies et encens sur scène de sorte à installer cette ambiance mystique, quasi-religieuse, dont eux-seuls ont le secret. Parfait pour servir le propos d’Ascension, troisième et dernier album en date, pleinement travaillé ces dernières semaines et ici joué dans son intégralité par cinq êtres totalement possédés par leur art. Bref, ébranlant nos émotions les plus contradictoires, la performance livrée finit tout simplement par nous transporter dans des éthers lointains… Excellent. (Alan)

Nouvelle prestation, nouveau rituel pour Wolvennest qui, à l’instar de Regarde Les Hommes Tomber, a orné son espace scénique d’encensoirs, crânes, bougies et autres artefacts de sorte à lui proférer une teneur ritualiste le temps d’un show, ici principalement axé sur Temple, son dernier album paru en décembre 2020, marqué par la présence du multi-instrumentiste Déhà, venu compléter les instances vocales de Shazzula. Naturellement, les deux se retrouvent sur scène et incarnent parfaitement leur répertoire occulte, parfois empreint de mélancolie, dans lequel se confondent rythmiques lourdes et nappes de theremin (créées par Shazzula), le tout sur fond cinématographique introspectif. Une superbe performance, ni plus, ni moins. (Axl Meu)

Beaucoup ont déjà quitté la salle ou ont préféré se retrouver au bar plutôt que d’assister à la performance de Schammasch. Il faut dire que la fatigue commence sérieusement à se faire ressentir (et ce, même chez les fans les plus « jusqu’au boutistes »). Le peu de public restant a donc pu voir le groupe interpréter ses nouvelles pistes tirées Hearts of No Light, paru en novembre 2019. Intéressante, mais pas toujours convaincante (est-ce notre fatigue qui nous joue des tours ?), la performance finit par nous laisser de marbre. À revoir dans d’autres circonstances ! (Axl)

Une journée sans faille et un festival extrêmement bien organisé ! La promesse d’un dépaysement a été tenue. Et il y a fort à parier que la rédaction sera de retour l’année prochaine…

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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