Le timing était parfait : la progéniture illégitime de Black Sabbath et de Blue Öyster Cult a fait paraître son « Vol. 4 » à lui à deux jours de la Samaïn. Parfait pour rentrer comme il se doit dans ce Lucifer IV : un album de Rock teinté de Doom particulièrement authentique. À quelques jours de sa sortie, nous avons taillé le bout de gras avec les deux têtes pensantes du projet, à savoir Nicke Anderssen et Johanna Sadonis, respectivement batteur et chanteuse de la formation.

Propos de Nicke Anderssen (batterie) et Johanna Sadonis (chant) recueillis par Axl Meu


Salut ! Lucifer est déjà de retour avec un nouvel opus, naturellement intitulé Lucifer IV. Votre troisième opus étant paru en plein confinement, vous n’aviez pas pu le défendre. Naturellement, vous n’avez pas perdu votre temps et avez enchaîné avec un quatrième opus !

Nicke Andersson (batterie) : Je vais bien. Enfin, pour nous, ça a été. Je veux dire… Oui, on est vraiment déçu que ce soit passé ainsi, mais bon… Là, nous sommes sur le point de partie en tournée, donc, tout va bien ! (Sourire téléphonique)

Johanna Sadonis (chant) : Oui… C’est dommage pour la tournée. Mais bon, cette fameuse trêve nous a permis de travailler sur notre quatrième opus. Tu sais, nous sommes particulièrement friands de ces groupes qui sortaient des albums tous les ans dans les années 70… Et j’espère que nous serons amenés à faire de même dans les années qui suivent. Désormais, j’ai hâte de reprendre la route !

Bon, après, Lucifer n’était pas resté là à attendre que les choses se passent. Vous aviez participé au Century Media Isolation Festival en mai 12. Vous avez même sorti un split avec Kadavar… Où avez-vous trouvé l’énergie de tout faire ?

Nicke : Si nous étions restés là à attendre que les choses se passent, ça aurait tout simplement sonné le glas pour nous. Enfin, ça aurait été le début de la fin… C’était assez difficile. Quitte à ne pas tourner, autant profiter du temps mis à disposition pour composer des morceaux… Peut-être que nous les aimerions à la fin ? Nous en avons profité pour nous enrichir…

Johanna : Après, nous n’avons pas eu du mal à nous adapter. Nicke a un studio chez lui, pareil pour Linus. Puis, nous pouvons nous estimer chanceux puisque ici, en Suède, nous n’avons pas eu de « vrai » confinement, même s’il nous était déconseillé de sortir. Cela ne nous a pas empêchés de nous voir, de répéter et d’enregistrer le nouvel album. À Berlin d’où je viens, c’était bien plus difficile, car les Allemands n’étaient pas autorisés à sortir… En Suède, c’était différent. Nous avons eu la liberté de nous voir, d’enregistrer… Nicke et moi-même vivons de notre musique, donc la seule chose que nous pouvons faire, c’est de travailler notre art encore et encore.

Parlez-nous à présent de votre Vol. 4 à vous ! (Sourire) Est-ce que vous pouvez me le présenter ?

Johanna : Lucifer n’est pas un groupe conceptuel, donc nos albums ne sont pas conceptuels. Loin de là. Nous composons juste des morceaux et quand nous estimons qu’ils sont assez bons, nous en faisons des démos, et quand nous estimons que nos démos sont assez bonnes, nous les enregistrons pour un éventuel album. Pour Lucifer IV, je dirais qu’il est plus un effort de groupe dans le sens où chacun a apporté ses idées. Linus a écrit deux morceaux, Martin, un… Ce n’était jamais arrivé avant. Avant, Nicke et moi-même étions les seuls à composer. Désormais, c’est différent. Néanmoins, malgré tout, ça n’a pas mis à mal l’identité du groupe qui s’en est trouvé renforcée. Désormais, les gens qui suivent le groupe savent à quoi s’attendre lorsque l’on sort un nouvel opus. Sur les plans esthétique et thématique, on reste dans ce qui nous plaît : nous adorons les films d’horreur et écrire des morceaux en lien avec ces films. Néanmoins, il nous arrive de nous surprendre en piochant dans d’autres styles. Je pense à « Louise » qui est un morceau de Southern Rock et à « Bring Me His Head » qui est relativement différent par rapport à ce que nous avons proposé par le passé.

Doit-on forcément aimer Black Sabbath pour apprécier Lucifer à sa juste valeur ?

(Rires) Je ne sais pas… Tu peux très bien être fan de Fleetwood Mac ou bien de Pentagram, et même d’ABBA et apprécier Lucifer ! (Sourire)

Nicke : Ou tout simplement aimer la bonne musique ! (Sourire)

Johanna : Je pense que si tu aimes la musique, tu finiras par te retrouver dans ce que nous faisons…

« Pour ce qui est des textes (…) je peux, par exemple, parler métaphoriquement d’un coup bas que quelqu’un m’a fait, tourner cela différemment, m’inspirer de la mythologie gréco-romaine et ainsi créer des textes originaux »

Lucifer a également le son des années 70’. Vous tenez toujours à jouer du vieux matériel. Et ça se ressent.

Nicke : Je ne sais pas… Je pense que nous utilisons du matériel qui sonne bien et qui a de la gueule, c’est tout. Ce n’est pas très compliqué. Nous aimons les guitares qui ont six cordes et pas une de plus. Pareil pour les basses. Pour moi, c’est quatre cordes. C’est tout.

Johanna (coupe la parole à Nicke) : Allez, arrête de dire n’importe quoi ! (Rires) Tu es un « nerd », tu sais très bien que tu utilises un matériel très spécifique. Tu es toujours en train de comparer tes instruments avec ceux des autres…

Nicke (reprend) : Ce que je dis juste, c’est que mes instruments ont de la gueule… Une guitare à sept cordes n’a rien à faire dans Lucifer ! (Rires) Quitte à choisir entre du matériel old-school ou bien du matériel moderne, je prendrais le matériel « vintage ». Tout est une question de goût ! (Rires)

Lucifer s’est toujours inspiré de l’imagerie « occulte ». Vous êtes également passionnés par le personnage d’Aleister Crowley…

Johanna : Oui. J’ai découvert cet écrivain quand j’étais adolescente. Je me suis vite renseigné à son sujet et j’ai adoré son univers. Par la suite, j’ai commencé à me teindre les cheveux en noir, à écouter du Doom, du Black Metal, du Death Metal et ainsi de suite. La nuit, il m’arrivait même de me balader dans les cimetières, le Walkman à la main. C’était si fascinant. Bon, à l’école, j’étais un pu reclus, comme un peu tous les metalleux, non ? Finalement, son univers ne me lâchera jamais.

Pour ce qui est des textes, je m’inspire également de faits réels de la vie. Je peux, par exemple, parler métaphoriquement d’un coup bas que quelqu’un m’a fait, tourner cela différemment, m’inspirer de la mythologie gréco-romaine et ainsi créer des textes originaux. Cette même personne qui t’a fait du mal deviendra alors « The God of the Dead ».

Beaucoup font le rapprochement entre Lucifer et Coven. Y a-t-il un lien entre ces deux groupes ?

Johanna : Oh (rires) Les gens disent ça car la chanteuse de Coven est également blonde ? En général, ce sont les gars qui disent ça..

Nicke : Peut-on établir un rapprochement entre Ronnie James Dio et Klaus Meine juste parce qu’ils sont ou étaient petits et qu’ils ont ou avaient les cheveux frisés ? Non, je ne pense pas ! (Rires)

Johanna : J’ai découvert et ai appris à aimer Coven il y a dix, voire quinze ans. Bien sûr, on y retrouve quelques similitudes, mais pas tant que ça. Comme beaucoup d’autres groupes, Coven avait une imagerie assez sombre pour son époque. Comme Blue Öyster Cult et Black Sabbath pour finir…

Quelques commentaires sur la pochette de l’album ? On t’y voit crucifiée !

Oui ! Je me suis vraiment fait crucifier ! (Rires) En général, c’est Jésus qui est représenté ainsi. Mais pas cette fois-ci. En fait, au départ, cette image était censée me représenter jetée au bûcher, comme les sorcières au Moyen-Âge. Nous avons un ami photographe qui nous a aidés à concevoir cette pochette. Nous lui avons fait un croquis et Nicke m’a liée à la croix. Ça s’est fait comme ça !


Lucifer, c’est :

Johanna Sadonis : Chant

Nicke Andersson : Batterie

Martin Nordin : Guitare

Linus Björklund : Guitare

Harald Göthblad : Basse

Discographie :

Lucifer (2015)

Lucifer II (2018)

Lucifer III (2020)

Lucifer IV (2021)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.