Petit retour sur la soirée du vendredi 5 novembre dernier organisée par Cerbère Coryphée où se tenait à la Brat Cave un événement entièrement dédié à Source Atone Records, jeune label qui monte, qui monte, qui monte… Constamment sur la signature de nouvelles formations (que l’on espère prometteuses), la structure a décidé de « prendre une pause » et de présenter sur scène trois de ses groupes au public lillois : Nature Morte, Parlor et les nordistes de SunStare (qui devraient revenir avec un nouvel opus en 2022). Nous y étions. 

Par Axl Meu


Premier tour de piste avec Parlor, jeune formation de « Post-Hardcore » (que nous avons interviewée il n’y a pas si longtemps) venue présenter son dernier EP en date, Comments, dans lequel elle s’affaire à décrire le monde qui nous entoure. C’est donc sans étonnement que nous remarquons que beaucoup de frustration se dégage du chant d’Arthur, lui qui n’hésite pas à franchir le quatrième mur pour ainsi exprimer toute sa colère nez-à-nez au public. Derrière, ça ne rigole pas non plus. Entre structures contrariées et mouvements « straight-to-the-goal », Parlor parvient à animer les ardeurs des fans de Hardcore sur le très ironique « Instacat ». Bref, la formation n’a peut-être que cinq années à son actif, elle nous a toutefois prouvé ce soir qu’elle avait déjà l’étoffe d’une grande. C’est carré et ça ne décolère pas. On a aimé. 

On continue avec SunStare, pour qui la dernière prestation remontait à plus d’un an et demi si l’on se fie à la déclaration finale de son leader, « Peb ». Alors, une fois les amplis branchés, la salle se plonge dans l’obscurité et la soirée prend une autre tournure, une tournure plutôt « ritualiste » qui se confirme avec l’entrée en matière de son leader, venu s’agenouiller devant un autel de fortune. Derrière, la section rythmique s’embrase et crache des mélodies lourdes, étouffantes, particulièrement ‘’malaisantes’’, qui nous rappellent souvent les meilleurs albums d’Amenra. Et pourtant, ici, SunStare nous présente en partie les meilleures sections d’Eroded, son dernier album en date, un album terreux qui nous avait pris aux tripes à sa sortie, tout comme le rituel animé ce soir. De quoi justifier sa récente signature chez Source Atone Records

Place désormais à Nature Morte, formation de Post-Black que nous avions rencontrée dans le cadre de la sortie de Messe Basse, son dernier opus en date. Une fois les encensoirs sortis – répandant alors son lot d’atmosphères « mortifères » dans la Brat Cave -, la formation francilienne entame son concert sans crier gare. Instantanément, elle nous plonge dans un état « maniaco-dépressif » empreint de mélancolie. Il faut dire que la formation, pourtant constituée de trois musiciens, parvient à retranscrire avec efficacité l’intensité de son propos tout en gérant « en direct », à l’aide d’une pédale, l’espace visuel du concert. Bref, l’immersion est totale et la formation, complice, enchaîne les moments les plus forts de Messe Basse, parmi eux « Only Shallowness », « Beautiful Loss » et « Night’s Silence ». Une prestation authentique, une vraie. 

C’est donc les étoiles dans les yeux que nous sortons de la Brat Cave. La soirée a tout simplement rempli ses promesses. Elle était forte et intense en émotions. Merci à toutes celles et ceux qui ont été impliqués de loin ou de près dans l’organisation de celle-ci. 

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Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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