Steffen Kummerer n’a pas une minute à lui : il doit gérer en même temps la promotion du nouvel album d’Obscura (« A Valediction ») et celle du nouvel opus de Thulcandra (« A Dying Wish »), son autre groupe. Pourtant, c’est en prenant le temps que le multi-instrumentiste nous a accordé une interview dans laquelle il est revenu sur la philosophie de son groupe…

Propos de Steffen Kummerer (Guitare / Chant) recueillis par Axl Meu 


Salut Steffen ! Comment vas-tu ? 

Écoute, je me sens bien ! Nous venons juste de sortir le troisième single de notre nouvel album, A Valediction. C’est « Devoured Usurper ». Les deux premiers avaient déjà été particulièrement bien accueillis par nos fans et la presse, et nous avons déjà des retours positifs sur ce nouveau ! 

L’année dernière, Obscura a connu un changement de line-up assez conséquent. Tu as fait appel à d’anciens membres du groupe pour compléter le nouveau line-up…

Non. Ça m’a pris moins de deux semaines. J’étais tout simplement à la recherche des bons membres du groupe. C’était assez facile pour finir. Je suis le seul membre permanent du groupe depuis presque 20 ans. Et ces vingt dernières années, j’ai en effet connu des changements de line-up, je veux dire, on a commencé en tant que groupe local au groupe de tournée. C’est vraiment un rythme de vie particulier à prendre qui ne s’improvise pas. Ce n’est vraiment pas facile. Si tu n’es pas d’accord avec ça, tu dois simplement prendre une autre direction. 

Est-ce que tu peux me présenter ce nouvel opus, A Valediction ?
Pour commencer, il faut savoir que A Valediction est le premier chapitre d’une nouvelle ère pour nous. Les quatre derniers opus que nous avions sortis avant celui-ci étaient tous sortis via Relapse records. Ils rejoignaient tous dans le sens où c’était la même personne qui était aux commandes et qu’on avait fait appel au même illustrateur pour chacun de ces albums. Désormais, avec Nuclear Blast – avec qui nous avons signé pour trois disques -, c’est un peu comme si nous repartions de zéro. Je veux que les trois disques que nous sortirons avec eux soient logiques.
A Valediction, c’est également un changement de cap dans le sens où ses textes se focalisent davantage sur nos mœurs et notre caractère… Les derniers opus faisaient un peu dans l’abstrait. Aussi, je voulais que l’ensemble soit plus accessible. En général, nos morceaux sont très techniques, très abstraits aussi. Là, j’ai voulu changer. C’est une des raisons qui m’a encouragé à faire appel à Fredrik Nordström pour la production. Il a réussi à rendre l’ensemble plus facile d’accès ! Tu sais, en général, on a tendance à cataloguer les groupes de notre genre de « frimeurs », mais ce n’est pas le cas.

« A Valediction aborde la question du deuil. Les textes rendent hommage aux amis que j’ai perdus ces derniers mois »

Les thématiques de l’album portent donc sur l’humain.
Oui. A Valediction aborde la question du deuil. Les textes rendent hommage aux amis que j’ai perdus ces derniers mois. Je pense notamment à Sean Reinert, Sean Malone, Alexi Laiho pour ne te citer qu’eux. Je pense aussi au bassiste de mon autre groupe, mon ami, Christian Kratzer (bassiste de Thulcandra, décédé l’année dernière des suites d’un accident de circulation…, NDLR). Je me suis désormais habitué à faire mes adieux et à perdre des proches. Cela dit, je ne suis pas du genre à voir les choses du côté négatif. L’ensemble de mes morceaux restent positifs, optimistes, même s’il y en a d’autres, comme « Devoured Usurper » dans lequel j’encourage les faux-cul de service à aller se faire voir. Par moments, il faut savoir prendre les bonnes décisions et savoir couper les ponts pour mieux rebondir.

Il y a du chant clair sur le morceau « When Stars Collide »…
En fait, ça nous est déjà arrivé d’inclure des passages de chant clair ici et là, et ce, depuis notre premier opus, Retribution. Là, nous avons procédé de manière différente et contacté Björn Strid de Soilwork et de The Night Flight Orchestra suite aux recommandations de Fredrik Nordström, notre producteur. Quand il a écouté ce morceau, il a tout de suite pensé à lui pour les sections claires. Il voulait faire une section à la Soilwork, je lui ai tout de suite fait confiance ! Donc, il a tout simplement pris son téléphone et l’a contacté. Ils se connaissent bien. Ça a été vite !

Avec A Valediction, vous nous présentez enfin la deuxième partie d’ « Orbital Elements ». Un commentaire ?
C’est une sorte de tradition pour Obscura. Pour chaque album, nous voulons au moins y inclure un instrumental. Cette fois-ci, nous avons décidé de lui donner le nom d’un des morceaux de l’époque de Cosmogenesis. Tout simplement parce que le contexte d’écriture d’A Valediction était assez similaire à celui de nos débuts : un nouveau line-up, un nouveau label, de nouvelles opportunités… Sur cette deuxième partie, on y retrouve quelques clins d’œil à la première partie ici et là. En fait, voilà, « Orbital Elements II » est un clin d’œil à nos débuts.

Enfin, où pourrons-nous voir Obscura à l’avenir ?
Si tout va bien, nous nous produirons 3 décembre au Petit Bain à Paris, le 4 décembre à Limoges au festival de Noël, le 5 décembre à Toulouse au Rex et le 8 décembre au CCO de Villeurbanne (Lyon). Ensuite, on vous tiendra au jus. Nous ne savons toujours pas si les festivals se tiendront l’année prochaine.


Obscura, c’est : 

Steffen Kummerer : Guitare / Chant 

Jeroen Paul Thesseling : Basse

Christian Münzner : Guitare 

David Diepold : Batterie 

Discographie : 

Retribution (2006) 

Cosmogenesis (2009) 

Omnivium (2011) 

Akróasis (2016) 

Diluvium (2018) 

A Valediction (2021)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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