Vous connaissiez le syndrome de Korsakov, désormais vous connaîtrez le groupe! Évoluant dans un registre Post-Black Metal, la formation anonyme (dont on sait simplement qu’elle est originaire de Lille) nous a dernièrement livré son premier opus, погружать, chez Source Atone Records. Nous avons voulu en savoir plus à son sujet !

Propos du groupe recueillis par Axl Meu


D’où est né ce projet, Korsakov ? 

A. (tous les instruments) : Korsakov a vu le jour à la mi-2019. J’ai commencé par composer des morceaux, puis E. est venu poser sa voix dessus, tout naturellement. La composition de notre premier opus, погружать. Tous les titres que tu peux entendre dessus ont été composés en l’espace de 2/3 mois… Il n’y a pas eu de session de travail à rallonge ou je ne sais quoi. Une fois la composition de l’album arrivée à son terme, on s’est rendu compte que l’ensemble tenait la route. On n’avait pas forcément besoin de retoucher quoi que ce soit. 

E. (chant) : Si on avait pris plus de temps, on aurait sans doute perdu le côté naturel inhérent à notre musique, perdre une dose d’émotion qui la caractérise. 

Pourquoi avoir avoir décidé d’appeler votre album, погружать ? Vous avez des origines russes ? 

A. : Je dois avoir quelques ancêtres russes, mais contrairement à Exil et Arsen qui exploitent énormément leurs origines kazakhes, nous, nous avons voulu construire notre musique autour du syndrome de Korsakov (trouble neurologique d’origine multifactorielle dont une carence en thiamine au niveau du cerveau. Il se manifeste par des troubles neurologiques notamment de la cognition, sources Wikipédia, NDLR).

E. : Le titre de l’album signifie « émergé », que ce soit mentalement, psychologiquement. Il évoque l’idée d’un homme qui est prisonnier de lui-même. Nous n’avions pas réussi à trouver d’autres équivalents en français. C’est pourquoi nous avons décidé de prendre le mot russe et d’en faire le titre de notre album. 

Vous évoluez dans un Post-Black Metal ambiant. Comment avez-vous travaillé sur les ambiances de votre musique ? Quelques superbes instrumentaux ponctuent votre propos…

A. : Comme je t’ai dit tout à l’heure, les morceaux ont été composés dans la foulée. Il y a eu, certes, de la recherche, mais je connais bien mon matériel. Je n’ai donc pas à prendre beaucoup de temps pour construire ces atmosphères. J’ai quelques « plug-in » de prédilection que je travaille au corps. Puis, en combinant certaines choses, j’arrive à des résultats assez probants. Quand je veux faire dans l’ambiant, je sais directement où aller en termes de recherches et de développement. Tout s’est fait progressivement. 

Si j’ai bien compris, vos chansons ne contiennent pas de paroles. Elles ne sont que cris et hurlements…

E. : C’est venu assez naturellement en fait. Tout s’est enchaîné tellement vite. On ne voulait pas créer de coupure et surtout garder le côté « brut » qui nous est cher. Beaucoup pensent que l’émotion passe forcément par les mots. Nous ne sommes pas de cet avis. Pour t’exprimer, tu peux tout simplement prendre ton micro et crier. C’est aussi simple que ça. 

Comme beaucoup de formations de Post-Black Metal, vous préférez rester sur l’anonymat. Pourquoi ? 

On se moque de savoir qui est qui, qui fait quoi. Peut-être que c’est important lorsque c’est un artiste-peintre… Pour nous, ça l’est moins. On préfère mettre en avant les artistes avec lesquels nous collaborons. Eux, ils ont besoin de visibilité et d’être reconnus pour ce qu’ils font. Pour nous, le fait de savoir qui est impliqué dans tel ou tel projet ne constitue pas un vrai problème en soi. 

Comment la signature chez Source Atone Records s’est-elle amorcée ? 

A. : Pour ne rien te cacher, nous connaissons les représentants du label depuis un moment du fait de nos autres projets respectifs. Cependant, ils ne sont pas venus à nous sous prétexte qu’ils nous connaissaient déjà et qu’on était amis. Notre musique les intéressait, c’est tout. 

E. : C’est un jeune label. Nous en sommes également à nos balbutiements. Ça faisait sens également. Ces mecs connaissent les tenants et les aboutissants d’une telle aventure. Ils sont de bon conseil… Ils savent de quoi ils parlent. Ça fait la différence ! 

Doit-on espérer vous voir sur scène un jour ? 

A. : Au départ, nous ne devions nous contenter que du studio. Mais je dois t’avouer que ça nous travaille maintenant que l’album est sorti. On étudie, on essaie de voir quelle forme ça pourrait prendre. Cela implique qu’il faudra trouver des membres-session pour nous accompagner, partant du principe que certains morceaux contiennent au moins quatre pistes de guitare. C’est en réflexion. 


Korsakov, c’est : 

A. : tous les instruments

E. : chant 

Discographie : 

погружать (2021)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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