La municipalité de Denain est profondément attachée à son Histoire et son patrimoine. Et quand on évoque la vieille ville du Nord, difficile de ne pas évoquer son historique maire socialiste, Patrick Roy, personnage atypique, particulièrement attaché à notre cause : la mise en avant de la culture et des musiques extrêmes, encore trop souvent marginalisées et décriées. Pourtant, cela ne l’avait pas empêché de vanter ses mérites en prenant la parole dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale et en organisant son propre festival, les Metallurgicales, avant qu’il ne soit emporté par la maladie en 2011 en laissant derrière lui tout un héritage. 

Par Axl Meu


Et pour lui rendre hommage comme il se doit, la municipalité (épaulée par l’équipe de Nord Forge) a décidé d’investir le théâtre de Denain et d’y inviter l’un de ses groupes de cœur : Mass Hysteria (que l’homme à la veste rouge avait rejoint sur scène lors de la deuxième édition des Metallurgicales en 2010 !). Bien que repoussée à plusieurs reprises, la soirée (concerts et exposition de clichés signés de Kalimba Mendes) a finalement pu avoir lieu le samedi 27 novembre dernier. Nous y étions. 

C’est Nornes qui a ouvert la soirée. Évoluant dans un registre plus lourd (et plus dépressif) que la tête d’affiche, la formation valenciennoise – remaniée depuis le départ de Davy (guitare) – a pourtant su éveiller la curiosité des fans de Mass Hysteria. Il faut que la formation de Doom a su tirer profit du confort du théâtre pour faire rayonner son art : l’acoustique est tout simplement incroyable permettant alors de saisir toute la profondeur du propos du groupe, présenté sur ses deux EPs, Vanity et Threads, respectivement paru en 2018 et 2020. C’est lourd, introspectif et planant, surtout, ce concert, généreux, nous a permis de voir à l’action Adrien, leur nouveau guitariste, qui a su apprendre et digérer le répertoire du groupe en un temps record ! Bravo, tout simplement ! 

Peut être une image de 2 personnes, personnes qui jouent d’un instrument de musique, personnes debout, guitare et intérieur

Place désormais au gros morceau de la soirée : Mass Hysteria. Référence incontestable du Metal moderne, la formation n’a pas eu de mal à convaincre sa propre armée à envahir les abords de la scène du théâtre. Il faut dire qu’en cette période de disette culturelle, un show de Mass Hysteria, ça ne se manque pas ! Plus qu’un concert conventionnel, Mouss et sa bande nous ont livré une performance alliant hommages et clins d’œil sur fond de musique puissante ! Naturellement, les hommages envers l’Homme à la veste rouge se sont multipliés (du genre « Alors, on n’attend pas Patrick ? » et en incrustant son nom dans les paroles), mais pas que. La formation en a également profité pour rendre hommage à tous ceux qui nous ont quittés dernièrement, comme Titou, bassiste historique du groupe, mais aussi Julien Dottel, bassiste de Bukowski.

Musicalement, l’ensemble est particulièrement dynamique et le concert ne souffre d’aucun temps mort. Les classiques (« Vae Soli », « Positif à Bloc », « Contraddiction », « Aimable à Souhait » au cours duquel Yann, Mouss et Fred accompagnent Raphaël à la percussion, « Plus que du Metal », et bien sûr « Furia »…) s’enchaînent et le public « redemande sa dose » à chaque fois que Mouss, toujours aussi sarcastique, prend la parole ! Bavard, le chanteur noue un lien fort avec le public et invite même deux fans de Patrick Roy (tous deux vêtus de rouge) à monter sur scène et à se faire slammer…  

Peut être une image de 2 personnes et personnes debout

Bref, les murs du théâtre municipal de Denain ont vibré le samedi 27 novembre dernier. La vie et l’héritage de Patrick Roy ont dignement été célébrés, et Mass Hysteria a pu repartir chez lui avec le sentiment du devoir accompli ! Bien joué ! 

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