En plein apogée, c’est à Tourcoing au Grand Mix que la figure de proue du Post Black français nous donne rendez-vous le 11 décembre dernier. Regarde Les Hommes Tomber n’est plus le jeune groupe, qui en 2016 partageait déjà la scène avec The Lumberjack Feedback. Souvenez-vous, c’était aux 4Écluses de Dunkerque ! Mais après un album salué par le public international, il était temps pour les Nantais, coupés dans leur élan de venir tourmenter les Hommes du Nord de la France.

Par Thomas Deffrasnes

Crédit photos : Moris DC 


C’est The Lumberjack Feedback qui vient sonner le glas, mais surtout le début de cette soirée. Teintées de rouge et de vert bleuté – qui ne sont pas sans rappeler Mere Mortals – les deux grosses caisses scrutent le public. Car ce sont bien deux batteurs qui font la singularité du groupe ! Les musiciens investissent la scène dans un grondement, et les premières notes, écrasantes et telluriques sont assénées. Pas de chant ici, mais une rythmique lourde qui côtoie le Doom autant que le Sludge. Et c’est sans surprise que le public, déjà familier du quintet Lillois, se laisse emporter par ce torrent progressif qui en appelle au corps. L’énergie de la musique contamine la scène autant que la fosse. « Kill ! Kill ! Kill ! Die ! Die ! Die ! » s’emparent de la foule dans son tonnerre de tomes tandis que « Wind’s Last Blow » souffle ses rafales infernales. Dans une agréable coïncidence, ou un délicat souci de cohérence, c’est une ascension à laquelle nous prenons part. Des batteries aux contretemps millimétrés jusqu’au point culminant de « Kobe (The Doors of Spirit) ». Tel Icare, nous nous élevons pour mieux nous écraser ; The Lumberjack Feedback était une prestation de choix avant Regarde Les Hommes Tomber.

C’est alors que la scénographie éveille nos sens : bougies, encens et murmures de sons inquiétants initient le spectacle avant même l’entrée des artistes. Mais c’est lorsque que les premiers arpèges retentissent que « l’Ascension » s’amorce. Les membres de Regarde Les Hommes Tomber visages souillés de noirceur finissent par faire bouillir cette introduction, à l’issue fatale. Tel l’album, c’est le cri incandescent de T.C qui lance « A New Order ». La batterie aux blasts cassants ne transige pas, et les morceaux sont exigeants. En témoignent les accords alambiqués de J.J.S.… Avec « The Renegade Son » , « The Crowning » ou encore les arpèges célestes et infernaux de « Stellar Cross », le set évolue dans le sens de l’album et suit des mouvements aux énergies diverses. Nous restons captivés par ce sinistre spectacle. A.M. est sans doute le maillon qui lie le public et la scène. Ainsi, seul dans l’arc flamboyant des projecteurs, le guitariste fait retentir les premières notes de « The Incandescent March ». Un titre charnière qui joint les deux derniers opus du groupe. Mais c’est lorsque la batterie galope, le sabot battant la pavé fumant que le public ne se contient plus. La fosse insolente et transcendée est en effervescence. Et les nantais nous emmènent au « Au Bord Du Gouffre ». Le feu se propage, à Tourcoing, l’air devient souffre.

Un concert d’exception qui aura enfin permis au groupe de défendre son disque en Terres Du Nord. Au bord du gouffre où le Black Metal français fut symbole. Nous leur donnons dorénavant rendez-vous en mars prochain à Liévin dans le cadre du Liévin Metal Fest !  

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Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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