Souvent associée à Amenra, Wiegedood est une figure de proue de la scène Post-Black européenne. Forte d’une vision moderne du Black Metal, la formation belge a su dépoussiérer les gimmicks du genre en une trilogie, De doden hebben het goed. La trilogie désormais achevé, il était temps pour elle de se laisser porter par de nouvelles ambitions et d’amorcer un nouveau chapitre de sa carrière, et ça commence avec ce nouvel opus : There’s always Blood At The End of The Road, paru aujourd’hui même !

Propos de Levy Seynaeve (guitares, chant) recueillis par Axl Meu


Salut ! Wiegedood va enfin sortir son nouvel opus, There’s always Blood At The End of The Road ! Pourquoi avez-vous pris autant de temps pour le sortir ? 

(Il réfléchit) En fait, la COVID-19 a bouleversé notre emploi du temps… En fait, à la sortie du troisième volet de « De doden hebben het goed », nous avons pris le temps de le défendre, puis la pandémie est arrivée au moment-même où nous avions décidé de nous poser pour composer l’album. Confinés, nous avons donc pris plus de temps pour composer, et il s’avère que la situation était encore chaotique à la fin du processus de composition… Raison pour laquelle nous avons décidé de repousser la sortie de There’s always Blood At The End of The Road. Aujourd’hui encore, la situation semble être sous contrôle… On croise les doigts ! Peut-être que nous devrons encore attendre avant de le défendre sur scène… En tout cas, ça fait un an et demi que l’album est fini. Ça commence à faire long ! (Sourire) 

À la vue de la tracklist de l’album, je dois avouer avoir été surpris. D’habitude, vos albums consistent en quatre morceaux assez longs. Cette fois-ci, vous présentez neuf nouveaux morceaux au format plus « conventionnel ». Peut-on dire que ce nouvel opus annonce une nouvelle ère pour Wiegedood ? 

Oui, vraiment. Quand nous avons entamé la trilogie, nous avions en tête de proposer des albums de forme identique. Nous savions également que nous changerions de cap directement après la sortie des trois albums. Je dois dire que ça a été vraiment salvateur pour nous de laisser parler notre créativité sans avoir à nous conformer aux règles que nous nous étions imposées, d’expérimenter, tout simplement et ne pas nous répéter. 

Les morceaux sont plus courts, mais le style reste le même. Autant dire que vous n’avez perdu votre sens de l’agressivité, effet créé par le manque de basse. 

Il n’y a et n’y aura jamais de basse dans Wiegedood. Ce sera toujours nous trois. Quand un élément manque, il faut s’assurer de tout mettre en œuvre pour le remplacer et combler les éventuelles lacunes. Il faut trouver un certain équilibre… Je pense que le fait de ne pas avoir de bassiste nous pousse à expérimenter davantage. En quelque sorte, ça nous ouvre également des portes et, bien sûr, ça nous laisse plus d’espace pour nous exprimer. 

« Ça a été vraiment salvateur pour nous de laisser parler notre créativité sans avoir à nous conformer aux règles que nous nous étions imposées, d’expérimenter, tout simplement et ne pas nous répéter. »

Quel est le concept de There’s Always Blood At The End of The Road. Quels sont les principaux sujets abordés ? 

Contrairement à la trilogie « De doden hebben het goed » qui faisait référence à la Vie, There’s Always Blood At The End of The Road lui explique qu’il n’y a pas de dénouement heureux dans la vie. La vie se finit toujours avec une mort certaine et le deuil…

Pourquoi avoir opté pour l’anglais pour le titre de l’album ? 

Pour « De doden hebben het goed », seul le titre était en flamand en fait. Nous avons toujours chanté en anglais… C’est juste que nous avions trouvé que ça sonnait mieux en flamand, c’est tout. Ça nous faisait plus sens d’utiliser notre langue maternelle pour ces trois albums. La trilogie se devait de rendre hommage à l’un de nos amis décédés.. Disons que le Flamand nous avait permis de créer une certaine proximité…

Sur There’s Always Blood at The End of the Road. Deux morceaux sont en français. Il s’agit de « Nuages » et de « Noblesse Oblige Richesse Oblige » Est-ce que tu peux m’en dire plus ? 

« Nuages » est une référence directe à l’un des morceaux de Django Reinhardt. Il a aussi composé un morceau qui s’appelle « Nuages », dont nous nous sommes inspirés pour composer celui-ci. C’est l’une des raisons qui nous a poussés à le nommer ainsi ! Pour « Noblesse Oblige Richesse Oblige », c’est en référence à la famille Rothschild. L’idée était que leurs descendants se devaient de respecter leur rang social et respecter leurs devoirs. Bien sûr, je n’adhère pas à ces idées… En tout cas, j’ai trouvé ça intéressant d’utiliser le français car cela ajoute une certaine grandeur. Je pense que cette phrase aurait eu moins d’impact si elle était en anglais par exemple. 

Une certaine frustration se dégage de votre musique. « Nuages », par ses sonorités, peut également évoquer la paranoïa et le désordre mental. Surtout en deuxième partie ! 

Oui, en fait, le principal objectif que nous nous étions fixés était de mettre l’auditeur mal à l’aise. Tu sais, dans un album, tout ne se doit pas forcément d’être plaisant à 100%. Nous avons tout simplement voulu pousser nos fans dans leurs retranchements… C’est un peu comme si nous jouions avec eux pour finir ! 

Quelques mots sur la piste instrumentale qui la précède ? Elle est très dissonante…

Un peu comme la fin du morceau « Nuages », nous voulions mettre les fans mal à l’aise. Ici, par le biais de cet instrumental, nous rendons hommage à l’un de nos amis, le guitariste du groupe Iron Age, Wade Allison, décédé en septembre 2020… À sa mort, nous étions encore en train de travailler sur l’album. Nous avons tout simplement voulu honorer sa mémoire.  

Qu’en est-il de la prochaine tournée ? Wiegedood devrait se produire davantage en France ! 

Il me semble que nous ferons escale en France à six reprises dans le cadre de notre future tournée qui doit se dérouler entre avril et mai prochain… En tout cas, nous avons hâte de retrouver le public français ! 


Wiegedood, c’est :

Wim Sreppoc : Batterie

Gilles Demolder : Guitares

Levy Seynaeve : Guitares, chant

Discographie :

De doden hebben het goed (2015)

De doden hebben het goed II (2017)

De doden hebben het goed III (2018)

There’s Always Blood at the End of the Road (2022)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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