L’arrivée du huitième album de Dagoba, « By Night », est annoncée pour ce 18 février. Alors que le groupe n’a cessé pendant toute ces années de dévoiler diverses facettes, il nous surprend aujourd’hui avec une pochette 80’s en mode « cyber punk » et des synthétiseurs ! Plongeons dans cet univers hors du temps avec Shawter, le géniteur du projet himself !

Propos de Shawter (chant) recueillis par Alan Dujardin


Dagoba a pris un virage aux teintes électro habité par l’esprit « Cyber Punk ». Comment sont venus se greffer ces éléments ?

Rétrospectivement, les éléments Electro/Indus ont toujours fait partie de notre discographie. La musique, ici plus aérée, laisse plus de place aux éléments orchestraux pour se développer. On ressent notamment ce virage avec l’ « intro » et l’ « outro » qui sont intégralement dans cette ‘’vibe’’.

Est-ce que tu aurais pris ce risque d’apporter un tel changement plus tôt dans ta carrière ? Est-ce que tu avais déjà souhaité aller dans cette direction par le passé ?

Non, je ne réfléchis pas en termes de risques et je ne suis pas carriériste. J’écoute ce courant musical depuis une dizaine d’années avec assiduité. J’avais besoin de comprendre comment il fonctionnait dans ses détails. Quels synthétiseurs utiliser et comment les utiliser avec pertinence dans la musique de Dagoba… C’est pour ça que ce n’est pas arrivé hier mais que cela arrive aujourd’hui.

Comment se répartit le travail de composition au sein du groupe ? Est-ce que les autres membres ont leur mot à dire ?

Ça se déroule depuis toujours de la même manière. Je compose la musique et les paroles. Comme personne ne propose quelque chose, il faut bien que quelqu’un le fasse. (Rires) Néanmoins, chacun a son droit de veto, s’il y a la moindre note qui ne plaît pas, on efface et on recommence. C’est important pour nous quatre de jouer sur scène une musique qu’on aime à 100 %. Je ne rechigne jamais à la tâche.

Le line-up de Dagoba a dernièrement évolué. Comment procèdes-tu pour sélectionner tes musiciens ? As-tu des critères ?

Si je dois parler de critères évidemment le côté « technicien » est important, mais aussi une grande motivation est requise. Savoir vivre en société, mais loin des siens… Avec notre ancien batteur, on s’est quitté en très bons termes, il a eu un très heureux événement. De ce fait, il ne peut plus coupler longues tournées et vie de famille.

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« Rétrospectivement, les éléments Electro/Indus ont toujours fait partie de notre discographie. La musique, ici plus aérée, laisse plus de place aux éléments orchestraux pour se développer. »

Le groupe n’est plus basé à Marseille. As-tu été présent lors des enregistrements de la batterie, des guitares et de la basse ?

En fait j’ai tout joué sur cet album (Rires). Les mecs n’ont pas pu venir à cause de la pandémie même si Richard (De Mello, NDLR) est passé entre les gouttes pour faire ses parties de guitares. Sur tous les albums, on fait moitié moitié pour les guitares. Mise à part ça, tout ce que tu entends sur By Night a été composé et joué par mes soins. Ce n’était pas une volonté et cela a été une charge de travail conséquente, car même si j’ai assuré les prises de batterie, ce n’est pas un instrument que je pratique comme un vrai batteur.

Malgré les annulations de tournées et les restrictions sanitaires, prévoyez-vous une tournée ?

Nous avons annoncé une tournée (en compagnie d’Infected Rain, qui se déroulera du 16 février au 7 mai dans toute l’Europe, NDLR). On prépare ça, mais on est comme toi, on voit que tout est en train de fermer, mais on reste motivés. Si tous les concerts se voient annulés, ça sera la même galère pour tout le monde et on fera le dos rond. C’est une angoisse au quotidien. Il y a aussi une notion financière qui vient s’ajouter à cela. C’est une tournée qui est quasiment non-stop, imagine le nombre de t-shirts à imprimer. Que ferions-nous de ces t-shirts si la tournée venait à être annulée ? Il y aussi la location du tour-bus, les posters, les billets d’avion… Malgré cette pression, nous prenons le parti que tout va bien se passer et nous continuons de nous préparer pour vous offrir le meilleur de Dagoba.

Que peux-tu me dire sur ce changement de label ? Vous étiez auparavant chez Century Media / Sony.

On s’est orienté vers les gros labels Metal internationaux. Ils étaient tous enclins à nous signer et Napalm Records s’est montré très enthousiaste vis-à-vis de l’album. Leur équipe est rigoureuse et pointue, c’est ce qui m’a encourqgé à signer chez eux. Aujourd’hui, on arrive à s’exporter sur les marchés dit plus important en termes de Metal comme l’Amérique, le Japon et l’Allemagne… C’est ce que nous cherchions et cela est déjà en train d’arriver donc nous sommes très heureux de cette signature.

Aurais-tu des conseils à donner pour les jeunes groupes qui aimeraient atteindre des sommets comme Dagoba ?

Je leur dirais de croire en eux et aussi de ne jamais rechigner à la tâche. Je ne crois pas au talent, mais au travail. Si vous pouvez proposer quelque chose qu’on n’entend pas chez les autres, c’est le plus important. Soyez originaux. Il faut avoir sa petite originalité à soi. Ensuite, si votre but est de partir sur les routes comme pour Dagoba, faites du sport et buvez de l’eau toute l’année. Il y a une exigence à avoir pendant toute une tournée pour assurer chaque concert.


Dagoba, c’est :

Shawter : Chant/Machines

Richard De Mello : Guitare

Kawa : Basse

Theo : Batterie

Discographie :

Dagoba (2003)

What Hell Is About (2006)

Face the Colossus (2008)

Poseidon (2010)

Post Mortem Nihil Est (2013)

Tales of the Black Dawn (2015)

Black Nova (2017)

By Night (2022)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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