S’il y a bien un groupe qui fait valser le Rock et le Malin, c’est Midnight ! Après un Rebirth By Blasphemy paru pile-poil au mauvais moment (c’est-à-dire quelques semaines avant le début de la pandémie), Athenar, la voix cagoulée du groupe, revient sur le devant de la scène avec Let There Be Witchery (attendu ce vendredi via Metal Blade). L’occasion pour nous de revenir avec lui, deux ans après, sur sa vision de la musique et du monde. 

Propos d’Athenar (tous les instruments) recueillis par Thomas Deffrasnes 


Encore une fois, l’album vise juste ! Let There Be Witchery distille une musique Rock’n’Roll qui va énerver la fosse, la route des festivals, et nos soirées de débauche. 

C’est exactement ça ! C’est ce que j’aime lorsque j’écris de la musique : la destiner à un monde sans règle. Alors je suis aussi impatient que tout le monde puisse en profiter. Le temps est un concept humain, donc on s’en fiche de la date de sortie. Ce qui compte, c’est que la musique continue de faire vibrer les murs et les corps. 

Présente nous ce nouvel opus Let There Be Witchery.

Cet opus, au même titre que les autres, est une extension de qui je suis; une invitation dans mon monde chaotique. Je pense que la musique parle d’elle-même. Mais peut-être qu’on peut noter quelques nouveautés. Par exemple, « Let There Be Sodomy » possède des passages plus épiques. Certains mouvements se veulent un peu plus expérimentaux. Non pas qu’ils soient extravagants, mais j’ai voulu apporter de nouvelles touches, ici et là. 

Tu n’as pas eu de chance… Rebirth By Blasphemy était sorti au début de la pandémie. Impossible de présenter cet album au public.  L’imminente  tournée aura-t-elle vocation à défendre ces deux chapitres de Midnight ?

C’est l’idée ! Je veux faire une pierre deux coups pour que le public puisse aussi apprécier l’expérience live des titres de Rebirth By Blasphemy. Et le fait de faire cette tournée en « double-album », c’est de proposer une setlist unique. On a beaucoup de morceaux à caler pour une heure de show, qui font partie de ces deux opus. Alors ça laisse moins de place aux anciens titres. Je pense qu’une nouvelle formule comme celle-ci pourrait en ravir plus d’un, à commencer pour nous !

Tu dis souvent qu’écrire un album de Midnight c’est quelque chose de très spontanée. Mais, je pense qu’il y a quand même une ligne rouge dans ta démarche. 

Tu souhaites percer le secret de la magie noire de Midnight (rire)? En réalité, ça doit être comme une étincelle, et si je vois que les riffs s’enflamment, c’est-à-dire, qu’ils régissent en conséquences de cette première étincelle, alors je tiens un bon morceau, du moins je le pense.  Je procède comme ça : c’est comme allumer un grand feu ! 

Midnight

« Le Rock’n’Roll coule dans mes veines, il me fait vivre, et fait encore vivre plein de gens. Le Rock’n’Roll, c’est la rébellion en tout point.« 

Pour autant, n’est-ce pas dur de ne pas se répéter ? 

Chaque album possède sa teinte, son identité et son caractère. Mais là où je suis vigilant c’est au sujet des paroles. Je m’inspire des événements de ma vie personnelle, de ce que je vois, de ce qui me rend curieux. Et je me rends compte que le « mal », est toujours plus ou moins présent. Alors, c’est comme une poésie noire. Je traduis ces pensées avec ma touche « evil ». Si le mal est aussi présent, c’est sans doute car il est une condition nécessaire au bien. Pas de lumière sans obscurité, sans haine il n’y a pas d’amour, alors sans bien il n’y a pas de mal. Donc dans tout ce qui fait mon quotidien, je peux m’inspirer et le retranscrire sous forme de paroles.

Cette dualité est aussi présente sur tes artworks ! C’est toi qui les réalises ? 

Non, c’est William Lacey, un ami à moi qui dessine mes pochettes. Il fait toutes les pochettes depuis Satanic Royalty. Je déteste dire à un artiste quoi faire. Alors je lui donne l’idée générale de l’album et les paroles, puis il a carte blanche. Le résultat est souvent étonnant, et heureusement ! Son approche diffère de la coutume du métal ou du punk. Je déteste l’idée qu’un artwork puisse définir le genre de la musique. Alors, je suis très séduit par son travail.

On connaît tes chefs d’inspiration : Motörhead, Venom, Kiss,… Mais ce sont des vieux groupes. Mais y a-t-il des groupes plus de la nouvelle génération qui m’inspirent ? 

Musicalement ? Absolument pas. Mais je ne pense pas que ça soit une mauvaise chose. Je ne veux pas dire qu’il y a de mauvais groupes ! Parfois je me surprends à aimer des formations actuelles. Mais de là à dire que ça m’inspire, non.  Mais je suis vieux désormais (rires). C’est sans doute une question de génération.  Tu sais, j’ai quand j’ai sombré dans cette musique, j’ai cru qu’il n’y aurait jamais rien de mieux au monde. Et aujourd’hui, je le crois encore. Alors Venom et Bathory sont sans doute des hérésies pour les fans de la première heure des Beatles ou des Rolling Stones. Alors, parfois j’ai moi même mes réticences face à ce qui se fait actuellement dans la scène Metal. C’est sans doute du Rock’n’Roll ou du Heavy metal. Mais je n’aime pas trop ces groupes de « Neo ». Alors qu’aujourd’hui, Eternal Champion me met toujours la même claque qu’au début !

Penses-tu que le Rock’n’Roll est mort ? 

Non ! Je suis encore là à ce que je sache (rire). Trêve de plaisanterie. Le Rock’n’Roll coule dans mon sang, il me fait vivre, et fait encore vivre plein de gens. Le Rock’n’Roll, c’est la rébellion en tout point. Alors tant qu’il y en aura, le Rock’n’Roll vivra.


Midnight, c’est :

Athenar : tous les instruments

Discographie : 

Satanic Royalty (2011)

No Mercy For Mayhem (2014)

Sweet Death and Ecstasy (2017)  

Rebirth By Blasphemy (2020)

Let There Be Witchery (2022)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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