En constante évolution, Membrane a toujours su nourrir ses compositions des découvertes et coups de cœur de ses protagonistes, tout ça sans perdre de vue son projet initial : celui de délivrer une musique étouffante, lourde, pleine de mélancolie. Cette année, la formation fait paraître son nouvel album, Beyond Your Beliefs, un opus précieux et intime que nous a présenté Nicolas Cagnoli, bassiste et chanteur du groupe.

Propos de Nicolas Cagnoli (basse, chant) recueillis par Axl Meu


Salut ! Le nouvel opus de Membrane, Beyond Your Beliefs, s’apprête à sortir. Je sais que le groupe existe depuis une vingtaine d’années… Quelques commentaires concernant son évolution ?

Membrane a été, comme tu dis, lancé dans les années 2000. Le style du groupe a sensiblement évolué… On est passé d’un Noise Rock assez énervé à quelque chose de plus lent, de plus lourd. Nous devons cette évolution aux différents changements de line-up que nous connaissons depuis les années 2000. Aujourd’hui, je me retrouve avec Max et Nico, et on arrive sur quelque chose de plus Noise, Post/Hardcore.

Vous aviez prévu de revenir à long terme à une formule à quatre. Malheureusement, cela n’a pas abouti…

Oui, en effet, quand nous avons commencé à envisager l’écriture du nouvel opus, en octobre 2019, nous étions encore trois dans le groupe. Mais nous nous sommes vite retrouvés limités. Nos idées étaient plus denses et les morceaux, plus longs que d’habitude, et s’inscrivaient plus dans une veine plus Post-Hardcore/Post-Metal. Il nous a donc fallu recruter un deuxième guitariste et Mathieu Roszak, connu pour son implication au sein du groupe Elevn, s’était montré particulièrement enthousiaste à l’idée de nous rejoindre. Il nous avait même envoyé des idées de guitare et nous lui avions même proposé de participer à l’enregistrement de l’opus. Ce qu’il a fait. Malheureusement, sa disparition nous a fait faire machine-arrière. Pour le moment, Membrane évolue à trois.

Est-ce que tu pourrais me présenter votre nouvel opus ? Beyond Your Beliefs comporte des morceaux forts, très Post-Metal, très Post-Metal, qui se rapprochent régulièrement de ce que propose Amenra… C’est aussi un opus qui transpire la névrose.

Burn Your Bridges était un peu plus rapide, plus violent, plus Hardcore. Et là, nous voulions un opus qui, tout en cassant une partie des codes déjà établis par le passé, s’inscrive dans une certaine continuité. Certaines parties de Beyond Your Beliefs sont plus lentes, plus lourdes et riches en textures. Ce nouvel opus témoigne également de nos influences du moment. Tu fais bien de mentionner Amenra. Je rajouterais Cult Of Luna, mais aussi Neurosis. En tout cas, notre volonté était de faire quelque chose qui s’étale plus sur le temps, développer certaines ambiances et, surtout, sortir de notre zone de confort. Si tu as écouté le morceau « Eyes Wide Open », tu auras remarqué qu’il n’a rien à voir avec ce que l’on fait d’habitude !

Comment abordez-vous les questions du chant et des paroles ? Les sujets sont relativement étouffants…

En fait, le chant vient après la musique. La phase de composition est quand même assez longue… Et une fois le morceau fini, Nico à la gratte, s’occupe du chant. Il y passe du temps, chez lui, à réécouter les morceaux et à trouver une scansion, à trouver une rythme et trouver des paroles. C’est lui qui s’occupe de ça intégralement. En ce qui concerne les paroles, ça parle de choses assez sombres qu’il a pu vivre, de ses problèmes de santé… C’est toujours une démarche assez personnelle pour finir !

« Nous voulions un opus qui, tout en cassant une partie des codes déjà établis par le passé, s’inscrive dans une certaine continuité « 

Qu’en est-il de la musique en elle-même ? Quelles sont vos sources d’inspiration ? Vous inspirez-vous d’une ambiance ?

Pour les riffs, il nous arrive de travailler à partir d’un riff qu’on a trouvé il y a très longtemps. Et à partir de ce même riff, on brode autour. Il se peut également que l’on change la signature rythmique. En tout cas, les 3/4 de l’opus ont été commencés ainsi. On prend des bribes de riffs différents, on les assemble, et ça donne quelque chose de nouveau.

Quid des invitées qui figurent sur l’opus ?

Ça fait quelques années qu’on aime cette idée de featuring. Ça nous force à voir notre musique différemment. Quand le chant et la musique sont composés, on voit tout aux guests et on leur laisse carte-blanche. Ici, pour ce nouvel opus, on a fait appel à Stephane Azam du groupe CROWN et à Marion Leclercq du groupe Mutterlein qui interviennent respectivement sur les morceaux « Lightning Skies » et « Heart ». On leur a donné le morceau et ils ont littéralement pu faire ce qu’ils voulaient. Mais pour Marion, on ne s’attendait pas à ce que le morceau deviennent aussi sombre ! Pareil pour Stéphane, il a vraiment apporté quelque chose de différent ! Travailler avec de tels musiciens peut créer de belles surprises !

Que devons-nous voir sur la pochette de l’album ?

Tout d’abord, il faut savoir qu’elle a été réalisée par McVtx, une amie à nous. On peut y voir ce que l’on veut. Ce n’est pas figuratif. C’est complètement abstrait. On peut y voir de la fumée… L’ensemble est très éthéré, très nébuleux… D’ailleurs, en concert, nous allons essayer de retranscrire cette atmosphère nébuleuse et de travailler sur de la vidéo !

Vous avez des concerts de prévus pour la suite ?

Oui ! Nous en avons quelques-unes. Nous nous produirons le 25 mars prochain à la Poudrière de Belfort, le 20 avril prochain au Conseil général à Tulle, le 21 avril au Sillon Lauzé à Marvejols, le 23 avril au Moloco d’Audincourt, le 27 mai à l’Echosystem de Scey sur Saone, le 28 mai au Brin de Zinc de Chambery, le 4 juin prochain au Petit Pain à Paris dans le cadre du festival « Post In Paris » et enfin le 28 juin à la Tannerie à Bourg-en-Bresse ! Avec la COVID-19, il y a eu pas mal de reports… Autant dire que nous comptons jouer un max’ pour rattraper le temps perdu.

Enfin, quelques mots sur votre collaboration avec Source Atone Records ?

Nous sommes très heureux d’avoir pu signer sur ce label. On leur avait envoyé un mail il y a quelques temps… On avait vu que Junon avait signé chez eux. Et pour tout te dire, on n’y croyait pas trop au départ. Notre nouvel opus était déjà fini, enregistré, mixé et masterisé… On leur a envoyé, et la réponse a été immédiate. Ils ont bien voulu de nous ! Désormais, on fait partie du même catalogue qu’Alta Rossa, des amis, qui vivent pas loin de chez nous. C’est cool, car on va pouvoir tourner ensemble !


Membrane, c’est :

Nicolas Frère : Guitare / Chant

Nicolas Cagnoni : Basse / Chant

Maxime Weingand : Batterie

Discographie :

Utility Of Useless Things (2004)

   A Story Of Blood And Violence (2007)

   Disaster (2010)

   Reflect Your Pain (2015)

   Burn Your Bridges (2019)

Beyond Your Beliefs (2022)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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