Un premier concert sans masque… Quel bonheur ! Pour honorer cette date-clef, Céleste vient défendre son dernier opus Assassine(s), épaulé par les Anglais de Conjurer. La scène se joue dans le club du Grand Mix de Tourcoing un cadre intimiste des plus appréciables. Je vous conte cette soirée paradoxale où l’on se libère des masques, où l’on s’oppresse en musique… 

Par Thomas Deffrasnes 

Crédit photo : Axl Meu


La salle ne peine pas à se remplir ! À vrai dire, la date était attendue. Conjurer entre en scène, et rien ne laisse en rien deviner ce à quoi nous allons assister. Sobres et propres sur eux, les quatre figures s’élancent dans une course aux « blasts »,  dans une énergie redoutable ! Les gars ne paient pas de mine, et pourtant. La technique et la violence sont au rendez-vous et vite, un tourbillon de voix criées et « growlées » finissent par se côtoyer, donnant naissance à des harmonies peu communes, mais efficaces. Et du coffre, ils en ont, notamment le guitariste Dan Nightingale qui, lors d’un morceau plus tamisé, investit le front de scène pour chanter, sans micro certes, mais avec une présence incontestable. Les morceaux se succèdent, et le public moins averti approuve et acclame sa belle découverte. Il faut dire que l’intensité des morceaux résonne et ne peine pas à balancer les corps à telle point que la formation nous a donné envie d’en savoir plus à son sujet ! 

La barre est haute, et même si la réputation de Céleste est déjà faite, il va falloir doubler d’effort pour succéder à la claque de Conjurer.Le groupe entame son set dans une autre configuration que celle à laquelle ils nous ont habitués. La projection des corps de femmes sur une toile n’est pas sans rappeler les artworks du groupe. Cependant, la scène trop petite, ne laisse pas la place nécessaire pour comprendre l’objet de la vidéo projetée. Les ombres de musiciens se diluent elles aussi sur la toile…. Volonté artistique ou problème technique ? Pourtant, l’attaque est sévère, et la batterie oppressante ne manque pas de créer une amphore. Les riffs ne nous laissent que trop peu de place pour respirer…

Et ça tombe bien, parce que c’est ce que nous sommes venus chercher ! Cette même expérience Céleste qui nous plonge dans cet océan de brume rougeoyante qui écrase tout le monde sur son passage. Pourtant, malgré tout, même si l’intention est là, un manque de puissance se fait ressentir. Rappelons qu’ils succèdent à Conjurer ! Le son est plus aléatoire et nous empêche de lire la musique comme il se doit. Il faudra attendre le milieu du set pour entendre des riffs plus limpides. Johan assure le poste de chanteur avec une belle précision, et rend les titres chantants : « à la lueur d’une bougie… ». La prestation est correcte, mais en-deçà de ce qu’a proposé Conjurer en première partie de soirée.

La soirée avait donc commencé fort au Grand Mix… Mais malgré les efforts de Céleste, il a été difficile pour eux de faire aussi bonne impression que Conjurer. Ne blâmons tout de même pas cette belle performance qui nous a immergés dans ce sarcophage noir et rouge, avec un présence scénique notable. Il leur reste encore bien des dates pour affiner la prestation et rivaliser avec leurs collègues anglais !

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