Premier opus pour Lunar Tombfields qui nous présente un album Black Metal atmosphérique, sombre et pesant ! Fruit du travail de M. (guitare, basse, chant) et d’Äzh (guitare, batterie), The Eternal Harvest paru dernièrement chez Les Acteurs de l’Ombre se veut tout à la fois contemplatif et énigmatique… Nous avons voulu en savoir plus !

Propos de M. (guitare, basse, chant) Äzh (guitare, batterie) recueillis par Alan Dujardin


Tout est allé très vite pour vous, de la phase de composition jusqu’à la sortie de l’album en passant par votre premier concert. Quel rôle a joué le contexte sanitaire dans tout ça ?

M. (guitare, basse, chant) : Nous avons tiré du positif dans le sens où les ambiances de notre album n’auraient pas été les mêmes en temps normal. Nous avions déjà notre plan. Une fois l’enregistrement terminé, on a démarche des labels, préparé des concerts, fait des résidences et ainsi de suite. D’ailleurs, actuellement, on bosse activement sur de nouveaux projets pour le groupe.

Lunar Tombfields a-t-il été pensé comme un « one man band » ?

M. : Lunar Tombfields n’a jamais été conçu pour être un one man band. J’ai composé dans mon coin et connaissant Äzh depuis longtemps je lui ai proposé de se joindre au groupe. D’ailleurs, nous jouons tous les deux dans Defenestration.

Äzh (guitare, batterie) : J’ai composé les parties de batterie et des arrangements de guitare. Au niveau composition, c’est 50/50. Néanmoins, tout ce qui est le concept, le visuel, c’est uniquement M. qui s’en est chargé.

J’ai remarqué M., via les réseaux sociaux, que tu étais un lecteur avide. La Divine Comédie n’aurait-elle pas été une source d’inspiration pour l’album ?

M. : C’est vrai que je l’ai lue il y a longtemps, mais ce n’était pas une inspiration en soit pour ce projet. Nous sommes tous les deux lecteurs et je trouve ça chouette d’exprimer la littérature en musique.

Äzh : Concernant la référence à La Divine Comédie, je n’avais pas pensé à cela. Mais maintenant que tu l’évoques, je pense que la dimension fataliste des thèmes abordés dans l’album y correspond parfaitement. Tu la ressens du début à la fin. C’est l’éternel recommencement.

Dans quel état d’esprit vous trouvez-vous quand vous avez commencé à composer ? 

M. : J’étais au fond du trou quand j’ai commencé à composer. Cet opus est directement lié à ma situation personnelle et au contexte pandémique. Néanmoins, il n’y a pas d’état d’esprit particulier. Je ne me mets pas dans le noir avec des bougies en jouant de la guitare pour me sentir inspiré. (Rires) Nous sommes déjà sur le nouvel album qui a déjà bien avancé. Le contexte est aujourd’hui différent. Il sera plus épique, dynamique et lumineux, comparé au premier qui est plus lourd.

« J’étais au fond du trou quand j’ai commencé à composer. Cet opus est directement lié à ma situation personnelle et au contexte pandémique »

Vous avez des métriques très changeantes, de nombreux riffs qui évoluent au fil des chansons. L’album reste néanmoins très accessible.

M. : Le but était de créer une atmosphère, car on pense que ce style est gratifié par le fait que les auditeurs rentrent facilement dans la musique.

Äzh : Il a eu beaucoup de travail pour épurer la batterie. Je voulais garder un truc simple, audible tout en restant inventif. Je me suis beaucoup inspiré du batteur de AHAB qui a un jeu très juste avec des « breaks » hyper épurés qui font toujours mouche.

M. : Les morceaux sont longs, donc si tu commences à en mettre partout, tu peux te perdre et perdre de la cohérence.

À l’écoute de l’album, on se sent prisonnier comme dans un cauchemar sans fin, comme abandonné des dieux…

M. : C’est marrant que tu me dises ça, car un de mes meilleurs amis et guitariste du groupe dont tu portes le t-shirt (Regarde les Hommes Tomber, NDLR) m’a dit après avoir écouté l’album qu’il se sentait oppressé comme dans un trou noir dont on ne peut sortir.

Vous avez déjà fait un concert pendant une soirée organisée par Les Acteurs de L’Ombre. Quelques mots sur cette soirée ?

M. : Il y avait pas mal de monde et nous avons eu de bons retours, ce qui nous a confortés dans l’idée que Lunar Tombfields était fait pour le live. Le groupe prend toute son ampleur en live. Certes, nous allons encore travailler notre son, les ambiances et la mise en scène.

Äzh : Quand on nous a proposé une date, nous avons tout de suite cherché un batteur pour compléter le line-up live. Nous avons fait des résidences pour que notre son soit le meilleur possible et pour réussir à retranscrire au maximum l’aspect contemplatif de l’album.

Pourquoi avoir cherché un batteur alors que tu as composé la batterie ?

Äzh : Ça fait quinze ans que j’assure des live en tant que batteur. Mais voir mes potes s’éclater à la guitare, ça m’a donné envie de prendre les devants.

Les photos de l’album et aussi celle prises pendant votre live sont signées Ingrid Thierry. Quel est son apport à l’iconographie du groupe et de l’album ?

M. : Ingrid est une amie qui a beaucoup de talent et qui voulait se lancer dans la photo de concert et promotionnelle. Elle est jeune mais, elle a déjà sa patte notamment pour la double exposition. 

Äzh : Son univers désaturé et très sobre, colle parfaitement à notre musique. C’était naturel comme collaboration.


Lunar Tombfields, c’est :

M. : guitare, basse, chant

Äzh : guitare, batterie

Discographie :

The Eternal Harvest (2022)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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