Il est souvent bon, voire nécessaire de rafraîchir notre oreille avec des approches musicales variées. Ne soyons pas hermétiques et laissons nous surprendre par ce que nos scènes sœurs ont à nous proposer. Ainsi, je vous emmène au Grand Mix de Tourcoing pour la date mystérieuse donnée par Kælan Mikla et Kanga le mercredi 20 avril dernier. Loin de notre zone de confort, nous vous racontons ce voyage entre Los Angeles Reykjavik – du chaud de Venice Beach, aux mélodies glaciales des fjords islandais.

Par Thomas Deffrasnes / Crédit photos : Moris DC


Une ombre investit la scène. Sur son pad et ses claviers, la musique émerge et s’épanouit lentement, menaçante. Les sons électros se déploient, et sous l’effet de la rythmique ronde et synthétique, les corps commencent à se mouvoir. L’ombre seule sur scène oscille telle une flamme se ravive dans la lumière psychédélique, tandis que dans la fosse, c’est une ambiance de boîte de nuit qui règne. Kanga, c’est cette Darkwave dansante, et même expérimentale. La voix pop de l’artiste est un phare dans la tempête électrique. Kanga présente « You And I Will Never Die », son dernier opus – et le public happé par ce qu’il voit mais aussi entend témoigne d’une évidente passion. L’artiste quitte la scène avec un remerciement en franglais et dans un tonnerre d’applaudissements mérité.

La température chute à présent, et la scène baigne dans un bleu glacial. Des notes mystérieuses accompagnent le trio qui s’approprie la scène : trois combinaisons noires, au visage marbré et aux larmes atrabilaires – voici le portrait de Kælan Mikla, de retour à Tourcoing. Le titre « Svört Augu », ouvre l’album comme il ouvre le concert. Les claviers aux sons tantôt électroniques, tantôt atmosphériques épousent une basse mélodique ainsi qu’une voix aussi éthérée que criée. Dans une toile noire qui habille la scène, des étoiles dansent et grâce à la musique, nous voyageons dans l’artwork nocturne de Undir Köldum Norðurljósum et ses aurores boréales. Kælan Mikla ponctue ses titres messages discrets, avant de remettre la foule en effervescence- car malgré le ton froid en apparence, les Islandaises font danser la foule jusqu’à l’émouvoir avec la morceau « Hvítir Sandar ». Une prestation que l’on est pas prêt d’oublier.

Kanga et Kælan Mikla ont étonné, provoqué et ému le Grand Mix de Tourcoing. Les groupes peuvent voir grand désormais, car leur musique parle à un grand nombre et la qualité de la prestation, à la fois rigoureuse et sincère, ne nous laisse présager que du succès. 

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