Une sortie dominicale placée sous le signe du Hellfest au Louvre-Lens, ça ne se refuse pas, surtout en cette soirée électorale anxiogène. Initialement prévue pour avril 2020 avec Benighted et Shaârghot, la tournée Warm-Up Hellfest a toutefois revu son affiche après la reprise des concerts plaçant alors toute l’attention sur Tagada Jones et Crisix (après le forfait de Get The Shot). Tous deux avaient comme but de réveiller les ardeurs des festivaliers du Hellfest.  

Par Axl Meu (texte) et Moris DC (photos)


Une des étapes de cette tournée « promo » se déroule donc donc dans ce lieu insolite qu’est le Louvre-Lens, à première vue pas vraiment taillé pour accueillir ce genre d’événement. Et pourtant, ça « matche ». Le 24 avril dernier, le musée s’est mis aux couleurs au Hellfest et voilà que les simples visiteurs se mettent à côtoyer de près les vestes à patchs au cours des diverses animations proposées par le musée et le festival comme le concours de « air-guitar ». C’est cocasse, mais amusant. Il faut l’avouer ! 

Mais l’essentiel se passe de l’autre côté du musée, dans la superbe salle de concert dont est doté le musée. Habillé à la mode du « Hellfest », la scène promet donc d’accueillir Crisix et Tagada Jones, à qui il a été accordé 45 minutes de jeu, dans de superbes conditions. On a hâte. 

Crisix lance donc les hostilités avec la promesse de réveiller les metalheads du dimanche avec son Thrash moderne, style une nouvelle fois mis à l’honneur dans son dernier opus, Full HD (qui, bien que déjà les bacs, sera le grand absent du stand merch’ du groupe. Dommage !). Forts d’une rigueur d’exécution et d’un côté « fun » à toute épreuve, les Catalans ne laissent transparaître aucune marque de fatigue (bien qu’ils enchaînent les tournées européennes en ce moment !). Bref, le public est ultra-réceptif et n’a pas de mal à rentrer dans l’univers du groupe : ça « mosh », ça thrash, ça tourne sur les désormais classiques : « Leech Breeder », World Needs Mosh » et surtout « Ultra Thrash » qui ne parviennent toutefois pas à détrôner les reprises « fun » de « Hit The Lights » / « Walk » / « Antisocial » (chanté en français, s’il vous plaît !). Bref, Crisix a fait fort bonne impression : l’opération com’ est menée à bien ! C’est une claque, une vraie ! 

Après une allocation assurée par Alex Rebecq (le numéro 2 du Hellfest), il est temps pour Tagada Jones de fouler la scène. Déjà engagé dans une tournée des Zénith avec Mass Hysteria, Ultra Vomit et No One Is Innocent (désormais remplacé par Sidilarsen), Niko Jones et sa bande, assoiffés de conquêtes, ont jugé bon d’assurer cette énième tournée hexagonale. Les fans sont fidèles au poste et le propos du groupe tient toujours la route. Niko embarque son public dans son univers bourré en revendications humanistes et révolutionnaires (bien qu’il ne s’étende pas sur la soirée électorale qui nous attend) avec « Je suis démocratie », « Elle ne voulait pas », « Le dernier baril », « Vendredi 13 » (en hommage à toutes les victimes des attentats) et « Mort aux Cons », son gros classique… Néanmoins, était-ce suffisant pour faire oublier la claque que nous a infligée les Catalans quelques quarts d’heure auparavant ? Non, pas vraiment. L’ensemble proposé par Tagada Jones est de qualité, certes, mais bien trop peu surprenant pour que l’on s’y retrouve pleinement. 

Malgré une soirée sans réels enjeux (le Hellfest est déjà complet et beaucoup savent déjà où ils seront à la mi-juin prochain), il semblerait toutefois que Crisix ait volé la vedette à Tagada Jones. Dernière preuve flagrante avec ce « flashmob » assuré à l’arrache par Crisix sur le nouveau titre « Macarena Thrash » en toute fin de soirée au cours duquel chacun a été convié ! 

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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