La rédaction d’Heretik Magazine continue sur sa lancée avec cette deuxième journée du Hellfest : pas de règles bien précises à suivre, la rédaction s’est simplement laissée porter et a couvert les prestations des groupes qu’elle affectionne le plus, la gourde d’eau toujours à portée de main. Il faut dire qu’il fait toujours extrêmement chaud et que la fatigue commence sérieusement à se faire ressentir (et, pourtant, nous ne sommes qu’au deuxième jour de notre périple). 

Par Axl Meu

Crédit photos : Moris DC


Karras lance les hostilités de cette deuxième journée sous la Altar. Fruit de la réunion entre Yann Heurtaux (Mass Hysteria), Etienne Sarthou (ex-AqME) et Diego Janson, la formation n’a pas eu de mal à se détacher du style pour lesquels ses membres sont connus et a réussi à séduire un nouveau public ici amateur de musique lourde et galvanisante. La formule ici est simple, mais le show particulièrement bien rodé : ça marche. Même si le concert de Karras est excellent, nous nous en détachons pour saluer de loin Point Mort qui vient tout juste de sortir son premier opus : Pointless… Alors sur la fin de son concert, la formation qui se situe entre fragilité, émotion et puissance nous donne une idée globale de ce qu’il en a été ! À revoir à Lille très prochainement !

Nous assistons de loin au concert d’Artús qui prend le temps de revenir sur le devant de la scène pour présenter son répertoire Folk sous la Temple, nous nous ressourçons le temps de quelques minutes, puis nous réalisons qu’il est déjà temps pour une dose de Sludge Rock / Rock psychédélique avec Duel. Découverte en 2019 au Rock In Bourlon, la formation – qui était d’ailleurs de passage à la Brat Cave quelques jours avant le Hellfest – nous délivre ce qu’elle sait faire de mieux : un Rock gras bourré de feeling porté par des titres comme « Devil », « Children of the Fire » et « Fears of the Dead ». On a adoré !

De l’autre côté, les collègues du plat pays, Aktarum, se préparent à animer la Temple avec leur Folk Metal et nous donnent clairement un avant-goût de ce qui va se passer quelques heures plus tard sur la Mainstage 2 lors du concert d’Alestorm. Une belle performance pour les Wallons qui ont pu présenter Trollvengers à un public plus large que d’habitude !

Nous remplissons notre gourde et nous essayons de nous faire une place à l’ombre pour le concert des Dead Deasies sur la Mainstage 2. Malheureusement, ce n’est que quelques minutes avant la performance que nous comprenons que le concert tant attendu n’aura pas lieu : Glenn Hughes est souffrant et sa performance a été remplacée par un vulgaire cover-band de System Of A Down, censé pallier l’absence de System Of A Down et The Dead Deasies… On passe. 

Nous nous amusons quelques minutes devant le concert de Brutal Sphincter (encore des Belges !), puis laissons les Black Metalleux de Helheim défiler leur partition avec classe et assurance. Jamais redondants dans leur démarche, les Norvégiens, qui mêlent habilement culture viking et Black Metal, ont fait mouche, et il nous tarde clairement de les revoir dans de meilleures conditions (car il fait extrêmement chaud). 

Le Thrash Metal manquant encore à l’appel ce jour, nous nous ruons sous la Altar pour assister à la première performance de Xentrix au Hellfest. Le cas de Xentrix est assez intéressant, puisque, après une première partie de carrière effectuée à la fin des années 80 et dans les années 90, la formation britannique connaît depuis peu un renouveau depuis l’intégration du jeune Jay Walsh (chant / guitare) en 2017, consolidé depuis la sortie de Bury the Pain chez Listenable Records en 2019. Attendue, la prestation – qui mêle vieux (« For Whose Advantage ? », « Questions »…) et nouveaux titres (« Bury The Pain », « The Red Mist Descends ») – fait de bonne impression, malgré un faux-départ, et invite les jeunes fans de Thrash à découvrir un groupe qui s’est beaucoup inspiré de Metallica durant sa jeunesse ! 

Nous observons de loin le concert d’Einherjer sous la Temple puis faisons dans la facilité en assistant au concert de Loudblast. Maître en ces lieux, le combo lillois ne rencontre aucune difficulté à remplir la tente (à l’inverse de Xentrix il y a encore une heure) et présente devant une foule acquise à sa cause un set varié mettant à l’honneur classiques (« Cross The Threshold », « Subject To Spirit ») et petits nouveaux (« The Promethean Fire », « Todestrieb »). C’est classe, carré et marqué du sceau de la perfection. Voilà une formation française qui devrait songer à s’imposer plus régulièrement à l’étranger dorénavant !

Après la claque assénée par Loudblast, nous retournons du côté de la Norvège avec Kampfar déjà bien habitué du festival qui offre une performance classe, mais classique ! Côté surprise, c’est Exciter qui s’y colle sous la Altar. Au Hellfest, la formation de Speed / Metal canadienne, extrêmement rare sur notre sol (sa dernière performance française, c’était au Fall Of Summer en 2016, mine de rien), ne soulève peut-être pas les foules, mais fait tout de même plaisir à voir : il faut dire que « Victims Of Sacrifice », « Violence & Force », « Long Live The Loud » et surtout « Heavy Metal Maniac » sont des classiques du genre, des vrais, et qu’ils sont toujours parfaitement exécutés par Dan Beehler à la batterie et au chant ! Un petit Motörhead (« Iron Fist ») et puis s’en va : c’était la classe ! 

Après ça, nous revenons à la Norvège (décidément !) avec Taake ! Nul besoin de présenter la formation connue pour son subtil mélange entre Black Metal et Rock’n’Roll, que nous avions vue à Denain dans le cadre du In Theatrum Denonium. Aujourd’hui, contrairement à la performance livrée en mars dernier, son leader, Hoest, est particulièrement sobre. Ça ne change pas grand-chose, la violence est toujours de mise, et ça « groove », surtout sur l’ultime « Myr ». De l’autre côté, on entame Flotsam & Jetsam en attendant que Megadeth se produise sur la Mainstage 1. Pas de grandes évolutions dans ce que les Américains proposent, si ce n’est que le constat reste le même : pourquoi cette formation ne rencontre-t-elle pas plus de succès ? Rigueur et professionnalisme sont pourtant toujours de mise.  

C’est au tour de Megadeth de passer sous le crible de la rédaction. De retour après une période d’incertitude (Dave Mustaine se remet encore du cancer…), la formation de Heavy/Thrash se devait avant tout de faire oublier son dernier passage au Hellfest (un son pourri et d’autres galères avaient gangrené le gig). Et il semblerait que le mot a été passé au sein de l’équipe : Dave Mustaine est en forme et nous a concocté une setlist « best-of », parfait pour marquer le retour de James LoMenzo à la basse : « Hangar 18 », « The Threat Is Real », « Sweating Bullets », « A tout le monde », « Symphony Of Destruction », « Peace Sells » et « Holy Wars… The Punishment Due », introduit ironiquement par Dave Mustaine se moquant d’une question que lui a posée un journaliste. Bref, tout est en ordre : Kiko Loureiro est irréprochable sur le plan technique et Dave Mustaine, bien que montrant de temps en temps des faiblesses au chant, se veut particulièrement rassurant. Le concert est excellent, même si on aurait bien voulu qu’il nous présente un nouveau morceau de son nouvel opus, The Sick, the Dying… and the Dead!

Pas le temps de nous remettre du concert de Megadeth que nous nous mêlons à la foule qui fonce vers la Altar pour assister au concert de Sepultura qui fait carton plein sous la tente ! Le show est déjà bien entamé quand nous arrivons, mais nous parvenons tout de même à assister à l’essentiel du concert : nouveaux titres et classiques s’entremêlent et le public répond favorablement aux avances de Derrick Green. Mais avouons-le, même si « Machine Messiah », « Kairos », « Agony of Defeat » sont d’excellents titres, vous avez vécu votre meilleure vie quand se sont enchaînés « Refuse/Resist », « Ratamahatta » et « Roots Bloody Roots ». Oui, il a fait très chaud sous la Altar pendant le concert de Sepultura

Après ça, nous faisons une pause, puis essayons tant bien que mal d’assister au concert de Ghost, ce fameux « special guest », qui est parvenu à boucher tous les accès menant aux scènes principales. Nous n’avons donc pas d’autres choix que de regarder le concert au loin sur un écran. Pas grave, il est identique à celui livré à Paris en avril dernier et met en avant le dernier méfait du groupe, Impera, ainsi que des classiques dans un ensemble grand-guignolesque. Au bout d’un quart d’heure, nous lâchons l’affaire et allons voir Agressor qui a remplacé au pied levé Sacred Reich. Si la Altar n’est pas remplie, cette nouvelle performance permet de prouver la bonne forme du combo de Thrash/Death qui puise inlassablement dans son vieux répertoire.

Enfin, curiosité oblige, nous nous dirigeons vers la Valley qui accueille ce soir Envy (que nous aurions dû voir avec Amenra à Lille dernièrement). Et quelle claque : les Japonais mêlent subtilement l’énergie du Rock et la douceur du Shoegaze dans un ensemble qui se veut particulièrement attractif et détonnant. Pour beaucoup, la prestation d’Envy a été la claque de la journée et en a poussé beaucoup à se plonger corps et âme dans sa discographie. Parfait pour terminer cette deuxième journée : la chaleur nous a mis K.O. et préférons remettre Airbourne et Vreid à un autre jour.

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Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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