Le temps passe particulièrement vite à Clisson et nous sommes déjà arrivés à la troisième (et dernière) journée de notre périple au Hellfest. Jusqu’ ici écrasante, la chaleur laisse un peu de répit aux festivaliers qui peuvent profiter de cette journée dans de meilleures conditions. Parfait ! Car la programmation, particulièrement exigeante, fait honneur à la scène « Heavy Metal traditionnel » sur la Mainstage 2, en plein cagnard donc, et que nous ne nous sommes pas fait prier et avons assisté aux performances de Sortilège, Doro et Judas Priest… 

Par Axl Meu

Crédit photos : Moris DC


Avant ça, une jeune performance fait son entrée dans la cour des grands, c’est Stengah, une formation nordiste bien connue de la rédaction, désormais épaulée par Richard Gamba (ex-manager de Gojira). Dernièrement, ils ont fait paraître leur tout premier opus, SOMA SEMA, bien accueilli par la presse. Aujourd’hui, le combo investit une scène d’envergure et propose son Metal Progressif à un public de « lève-tôt » et ça marche. Malgré le tracas des premières fois, Stengah fait mouche : le public entre dans son univers philosophique et, malgré la complexité des parties jouées, s’anime. 

Sur la scène de l’Altar se produit ensuite Deliverance avec Etienne Sarthou à la guitare cette fois-ci (à noter qu’il s’agit de sa deuxième performance au Hellfest ce week-end !). Auteur d’un deuxième opus, Holocaust 26:1-46, paru en février 2020, la formation francilienne profite donc de ce moment pour présenter son répertoire torturé à un public large, et au vu de l’accueil réservé, il semblerait que beaucoup se retrouvent dans le Sludge / Doom / Post-Black Metal du combo. Le concert est de qualité ! 

Après une petite pause, nous retrouvons Pénitence Onirique sous la Temple. Reconnue pour son mélange de Black Metal et de musique Atmosphérique, la formation – signée chez Les Acteurs de l’Ombre Productions – parvient facilement à faire rentrer son public dans son univers sujet au songe aménagé par les guitares à la fois acérées et bourrées de reverb. C’était tout simplement planant. À quand la suite désormais ? Vestige remonte déjà à… 2019 ! 

Nous revêtons notre plus belle veste à patchs et filons du côté de la Mainstage 2 où se prépare Sortilège. Remise sur pied depuis quelques mois par « Zouille », seul rescapé du line-up original, la légende française a pu susciter la controverse du fait de la légitimité de la reprise du projet. Et pour faire taire les mauvaises langues, ce Sortilège 2.0. a misé sur la qualité et la sincérité : le show expédié rassure, tout simplement. Même si on est quand assez loin des années 80, Zouille parvient à emporter ses fans dans son univers et nous propose un beau best-of de la carrière du groupe : « Marchand d’hommes », « Délire d’un fou », « Chasse Le Dragon » et bien sûr « Sortilège » sur lequel beaucoup d’entre nous a adoré donner de la voix. Maintenant, il ne reste plus qu’à attendre attentivement la sortie du nouvel album en cours de gestation ! 

Pendant que nous nous entretenons avec James Kent, Regarde Les Hommes Tomber emporte son public dans son Post Black Metal. Désormais référence incontestable de la nouvelle vague du Black Metal français, RLHT peut désormais se targuer de continuer à remplir excessivement la Temple, comme elle l’avait déjà fait en 2017. Aujourd’hui, le nouvel opus, Ascension, est bien représenté et T.C. (chant), comme à son habitude, est totalement possédé par son art, et en beau maître de cérémonie qu’il fait, pose des mots sur cette violence qui l’accompagne sur scène. Vu et revu, le show livré par les Nantais reste tout simplement époustouflant !

Pas le temps de niaiser, après la séquence Black Metal, nous repassons de l’autre côté du festival, direction le concert de Doro. Vénérée en Allemagne, peut-être un peu moins en France, la chanteuse reste une référence et un modèle de régularité pour ceux qui la suivent depuis Warlock. Et cette nouvelle performance française est là pour le prouver : toujours en forme (certains diront qu’elle a la « Pesch »), la chanteuse axe principalement son concert sur le répertoire de Warlock avec des classiques comme « Burning The Witches », « Hellbound » et bien sûr « All We Are » (que l’on a adoré à reprendre de notre côté), et ne laisse que très peu de place à son répertoire solo avec « Raise Your Fist In The Air » (devenu « Lève Le Poing Vers le Ciel » pendant le refrain) et bien sûr, l’hymne « All For Metal ». Toujours en voix, Doro rassure toujours et continue de donner jour après jour ses lettres de noblesse à ce style précieux qu’est le Heavy Metal ! La classe ! 

Pendant le concert de Jinjer, devenu le porte-parole de l’Ukraine en ces temps troublés, nous nous éclipsons pour assister au concert de Gaahl. Pourtant dernièrement auteur d’un EP, The Humming Mountain, le chanteur préfère revenir sur le premier album qu’il a sorti sous le patronyme de Gaahls Wyrd et sur quelques titres de God Seed et Gorgoroth. Cependant, cela n’enlève rien à la qualité du show livré. Particulièrement rodé, ce concert est une véritable invitation au chamanisme : le Norvégien, toujours aussi charismatique, derrière ses airs de satanique, emporte son public dans un profond songe empreint d’occultisme et de mysticisme. 

Les allées et venues commencent à se ressembler. Après cette nouvelle séquence Black Metal, nous revenons aux fondamentaux, cette fois-ci, avec Michael Schenker, qui se produit aujourd’hui sous le blase de Michael Schenker Group (M.S.G. pour les intimes). Accompagné de Ronnie Romero au chant, le guitariste revient sur quelques hits phares de son répertoire et celui d’U.F.O., à commencer à par « Into The Arena » mais aussi « Doctor Doctor », « Lights Out » et « Armed and Ready », sans oublier « Rock Bottom » entrecoupé d’un long solo au cours duquel le guitar hero laisse échapper toute sa plus belle prose musicale. Dire que le concert a défilé à vitesse grand « V » est un doux euphémisme !

La performance de Borknagar étant loin de faire l’unanimité, nous rejoignons Down qui compte à nouveau Kirk Windstein (Crowbar) dans ses rangs. Aujourd’hui, le plaisir de retrouver les amateurs de Sludge est palpable : Phil Anselmo, arborant un superbe t-shirt Vol. 4 de Black Sabbath, est en voix, en pleine forme et consacre la majorité de son concert à Nola, l’album culte de la formation. Plus qu’un moment de partage (Phil passe son temps à interagir avec ses fans et leur demande même quel morceau ils veulent entendre), cette nouvelle formation rassure sur la forme des Américains : la situation était sous-contrôle et laisse présager du très bon pour l’avenir. Un nouvel album ? Si oui, quand ? 

Avant Judas Priest, le Hellfest a eu droit à Korn. Bien que relativement boudée par le public qui attend Rob Halford, la formation de Jonathan Davis a fait carton-plein de l’autre côté en assurant un concert « best-of » dans lequel se sont entremêlés gros classiques du genre : « Y’All Want a Single », « Break on a Leash », « A.D.I.D.A.S. » et bien sûr « Blind ». Le groupe est d’humeur communicative et n’hésite pas à fêter l’anniversaire de Brian « Head » Welch sur scène, ainsi que celui de Mario Duplantier (batterie/Gojira) qui attend son tour ! On attendait peut-être « The Metal God », mais il s’avère que, une fois encore, Korn nous a remis les idées en place ! 

Depuis que la rédaction a dévoré l’autobiographie de Rob Halford, elle a redécouvert le répertoire de Judas Priest, renforçant alors la passion sans faille qu’elle entretenait pour la formation. 50 ans après ses débuts, Judas Priest continue de porter haut et fort les couleurs de ce style de musique dont il a fait la renommée. Aujourd’hui, le décorum est superbe : Judas Priest nous live ce soir un set musicalement et visuellement irréprochable. Andy Sneap, après avoir été écarté du groupe quelques temps, est finalement dans la place et complète les parties de guitare de Richie Faulkner, et Rob Halford est particulièrement en voix (malgré ce que les mauvaises langues peuvent dire). La setlist, quant à elle, est efficace : difficile de faire dans l’originalité quand on n’a qu’une 1h15 de set à proposer : « Freewheel Burning », « Turbo Lover, « You’ve Got Another Thing Coming », « Diamond and Rust », «  Painkiller », « Electric Eye », « Breaking the Law », « Living After Midnight »… Petite déception néanmoins, l’absence de « Victims of Change » pourtant interprété la veille au Graspop Metal Meeting. Tant pis ! En tout cas, Rob Halford et sa bande, après une telle démonstration de force, peuvent repartir dans leurs loges – en Harley Davidson bien évidemment – avec le sentiment du devoir accompli avec le sentiment du devoir accompli ! 

C’est déjà la dernière ligne droite. Après le Heavy Metal de Judas Priest, nous passons au concert d’Alcest, déjà bien entamé. Nous en profitons tout de même de l’occasion pour nous laisser bercer par les psalmodies de Neige («  Écaille de lune – Part 2 », « Kodama » et « Délivrance ») avant la performance de Killing Joke, formation qui rencontre quelques soucis de son. Pas grave, cela ne gâche pas notre immersion dans son univers, à la fois si spécial et éclectique, mis en musique avec des titres comme « I Am the Virus », « Bloodsport », « The Death and Resurrection Show », « The Wait » et bien sûr « Love Like Blood ». Enfin, c’est à Watain de refermer cette nouvelle édition du Hellfest. Finalement, le feu d’artifice prévue la veille est tiré pendant le concert de la légende suédoise, ce qui est loin de déranger Erik Danielsson, pourtant en plein rituel mêlant nouveaux morceaux (extraits de The Agony & Ecstasy of Watain) et classiques au cours duquel le sang a coulé, et les torches brûlé. `

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