Ce n’est pas un scoop. Pour profiter de trois jours de festival comme il se doit, il faut savoir se reposer et souffler un peu… mais par moments, c’est plus fort que soi. Le fameux traquenard, vous le connaissez ? Et pourtant, à côté, il nous a fallu tenir le coup, reprendre du poil de la bête – et vite – car la programmation du samedi frôle le sans-faute : niveau Thrash Metal et Black Metal, les amateurs de musique extrême ont été servis. Cyclone, Heathen, Exhorder, Vio-Lence, Death Angel, Exodus, Testament, Watain, Uada, Behemoth, Harakiri For The Sky… Bref, un programme chargé qui nous a un peu fait perdre la tête.

Par Axl Meu / Crédit photo : Moris DC


On commence notre journée – la tête dans le pâté – avec Vended. Notre curiosité nous a poussé à aller voir ce que les fils de Corey Taylor et de Shawn Crahan avaient dans le ventre. Eh bien, devinez quoi. Ils évoluent dans un style quasi-similaire à celui proposé par leurs pères. Après, on ne va pas leur en vouloir, les chats ne font pas des chiens ! Après une pause « fricadelle » (on est en Belgique, non mais !), on retrouve Cyclone pour notre premier concert Thrash de la journée. Peut-être moins connue en France, la formation – reformée en 2019 – est un des pionniers en matière de Thrash Metal, du moins, ici en Belgique. Et comme l’année dernière, elle n’a pas entaché sa réputation. En ce début d’après-midi, Guido Gevels (chant) et son équipe piochent principalement dans ses deux seuls albums : Brutal Destruction (1986) et Inferior to None (1990) et prêche finalement des convaincus. Les morceaux n’ont pas pris une ride et font un tabac ! Notre sensibilité « Black Metal » nous mène sous la Helldorado pour aller à la rencontre d’UADA. Déjà bien implantée dans le paysage des musiques sombres, la formation se produit sous une chaleur accablante, ce qui ne nous permet pas de saisir l’intensité de son propos… Peut-être aurait-il fallu que les Américains se produisent un peu plus tard ? 

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Après cette mini-déception, nous attendons Heathen de pied-ferme. Problème, lorsque nous arrivons sous la Swamp : nous ne voyons ni le backdrop du groupe, ni son matériel censé être prêt. Plus tard, nous apprenons que le concert a été déplacé (le groupe a rencontré des problèmes sur la route) et que les Américains se produiront en même temps que Behemoth. Nous profitons donc de ce temps mort pour flâner avant de retrouver Harakiri For The Sky. Disons-le clairement, le look des Autrichiens nous fait clairement penser à celui d’UADA. C’est la mode des groupes « capuches » en gros ! Musicalement, Harakiri For The Sky se démarque par une approche un peu plus ésotérique de sa musique, ce qu’elle a réussi à retranscrire à merveille sur scène. Comme UADA, il fait terriblement chaud sous la tente (on étouffe), mais le public ne boude pas son plaisir.

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On retourne du côté de la Swamp pour le concert d’Exhorder qui nous a livré une performance classique, mais efficace. Mais on ne le cache pas. Nous attendions surtout la performance d’Evil Invaders qui nous est tout dernièrement revenu avec un nouvel opus, Shattering Reflection. Sous un soleil de plomb, les habitués de l’Alcatraz ont – une nouvelle fois – fait fort bonne impression avec leur Speed Metal. Après, leur show – scindé en deux parties distinctes – est toujours aussi bourré d’énergie ! Le constat est donc toujours le même. En Belgique, tout sourit à Evil Invaders, mais qu’en est-il de la France ? On les attend ici !

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Nous pensions esquiver EyeHateGod pour souffler un peu (nous avons vu le groupe se produire dernièrement au Rock In Bourlon), mais, après un petit passage aux sanitaires, nous nous rendons compte que les concerts de EyeHateGod et Vio-Lence ont été intervertis (sans que personne n’ait été mis au courant). Tant pis pour la pause, Vio-Lence n’attend pas ! Finalement, un peu comme en 2019, les Américains (qui se produisent sans Phil Demmel, parti en tournée avec Lamb Of God) mettent principalement en avant le classique Eternal Nightmare (1993), mais n’oublient pas d’interpréter un morceau un morceau de leur EP, Let The World Burn (qui sera passé assez inaperçu pour finir). La tente, au vu des circonstances, n’était pas pleine, mais à nous de constater que Vio-Lence fait toujours la leçon ! 

Après, nous prenons une petite dose de Death/Black Metal du côté de l’Helldorado avec Necrophobic. La formation ne rencontre pas trop de mal à convaincre les convaincus, mais de notre côté, ça coince un peu. Certes, les morceaux passent bien sur album, mais l’ensemble reste assez kitsch et manque de rigueur sur scène. Le son n’est pas vraiment très bon depuis notre spot… Et il aurait fallu bien plus d’un clin d’œil à Ozzy Osbourne pour nous convaincre. Après une petite pause, les affaires reprennent avec Der Weg Einer Freiheit : l’homologue allemand de Regarde Les Hommes Tomber. La formation fait sensation en ce moment, et ce succès est tout à fait justifié. Sur scène, la précision est de mise, ce qui lui permet de défendre comme il se doit ses idées, notamment celles mises en exergue sur Noktvrn, son dernier opus en date. La démarche est ici moderne (le set alterne entre chant crié et clair) et – par conséquent – rompt avec les clichés du Black Metal traditionnel. Autant dire que nous avons hâte de la revoir à The Black Lab à Lille le 28 septembre prochain dans le cadre de la prochaine édition du Tyrant Reloading

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De l’autre côté, Death Angel se prépare du côté de la Swamp. Toujours mené par Mark Osegueda, le petit frère de Testament compte bien faire oublier les deux dernières années en réunissant ses fans autour d’une seule et même cause : la musique ! Enfin, notre musique, celle empreinte de violence et bourré d’énergie… Et dans ce domaine, Death Angel s’y connaît. Sans discontinuer, la formation enchaîne classiques (« Mistress Of Pain », « Voracious Souls »…) et morceaux tirés de son répertoire moderne « The Dream Calls for Blood », « Humanicide »…). Bref, encore un concert qui passe à vitesse grand V et dire que d’autres légendes du Thrash se préparent en backstage…

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Après cette séquence « Thrash », place à la sieste du côté du Katatonia qui mêle comme toujours sensibilités Post-Punk, Cold Wave, Gothic et Black Metal dans un ensemble atmosphérique mettant en avant des morceaux de City Burials (2020) et son gros classique The Great Cold Distance. Reposant et immersif ! Un an après la sortie du superbe Torn Arteries, il était temps pour Carcass de présenter ses nouveaux morceaux sur scène et de les mêler à son répertoire « classique », plus mélodique, impliquant donc des morceaux de Heartwork ! En bref, ce soir, Carcass ne présente peut-être pas la facette la plus violente de son répertoire (on est quand même très loin de la période « Grind » du coup, même si on a quand même droit à « Uncarnated Solvent Abuse »), mais fait tout de même très bonne impression.

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On reprend une autre dose de Thrash, cette fois-ci sur la scène principale avec Testament qui, hélas, ne jouit pas du meilleur son qui soit. Heureusement que, du côté de la setlist, les Américains – qui ont récemment accueilli à nouveau Dave Lombardo – font une véritable sans faute. Entre nouveaux morceaux (« The Pale King », « Night of the Witch ») et surtout gros classiques (« Alone In The Dark », « Over The Wall », « Into The Pit », « Practice What You Preach »), il était facile de s’y retrouver. La classe ! 

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D’une légende du Thrash Metal à une autre, il n’y a qu’une seule scène. Nous quittons Testament un peu avant la fin afin de nous coller aux barrières sous la Swamp pour Exodus. Exodus qui a fait appel à Brandon Ellis (Guitare, The Black Dahlia Murder) le temps d’une tournée, histoire que Lee Altus règle quelques problèmes outre-atlantique. Exodus fait toujours le taff, enchaîne les classiques (la claque ce fameux « Blacklist »…) et présente même quelques nouveaux morceaux (« Prescribing Horror », « the Beating Will Continue (Until Morale Improves) », « The Year of Death and Dying »). Ça roule ! Après, en ce qui nous concerne, nous sommes littéralement restés bouche-bée face à la performance livrée par Brandon Ellis qui a su s’approprier le set du groupe « illico-presto ». 

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Enfin, pour finir cette derrière grosse journée, un nouveau dilemme s’offre à nous. Watain ou Behemoth ? Comme beaucoup, nous coupons la poire en deux et attaquons d’emblée avec Watain. Erik Danielsson (chant) joue littéralement avec le feu, lance une torche dans le public comme pour annoncer le lancement des hostilités. Dans ce décor digne des plus beaux rituels, les Suédois font la promotion de leur nouvel opus The Agony & Ecstasy of Watain qu’ils inscrivent dans un ensemble rigoureusement exécuté. Curieux, nous rejoignons Behemoth – en fin de set – qui achève littéralement les festivaliers avec un show tout feu tout flamme pensé par un Nergal qui ne comprend toujours pas pourquoi il a été programmé en même temps que Watain. La loi des festivals est dure, c’est vrai, mais c’est la loi. 

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A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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