Depuis 2010, le festival Rockelingen séduit les amateurs de Rock et de Metal par son atmosphère différente des autres festivals. Les organisateurs ont gardé un côté rural et familial avec une ambiance chaleureuse qui fait chaud au cœur. Pour cette nouvelle édition, toujours organisée sur deux jours, une belle affiche a été mise en place. Heretik Magazine est au rendez-vous pour une journée du 30 Juillet qui s’annonce brûlante. Le cadre du festival est sympathique avec plein de verdure avec cette idée d’être chez des amis.

Par Franck Lasselle / Crédit photos : Moris DC


Tout démarre en début d’après midi avec Defossilized. La formation évolue dans un bon vieux gros Death Metal et affiche jusque dans ses tenues de scène un amour pour la préhistoire et les dinosaures. Porté par un son puissant et clair, le groupe va réveiller un public un peu timide dans les premiers rangs. Avec un style qui renvoie au Death des origines (on pense autant à Death qu’à Bolt Thrower), le groupe n’a pas fait dans la dentelle. Entre un growl des ténèbres caverneux et des riffs gras et bien lourds il a balancé des titres qui ont fait mal aux gencives. Cette belle prestation a bien lancé la journée.

Avec Mordkaul, le festival accueille une formation belge qui fait parler d’elle. Sorti en 2021, Dress Code : Blood a fait son effet avec un Death mélodique dans la lignée de At The Gates. Porté par le growl puissant de Tommy Goffin il va proposer une prestation d’une belle intensité. Le groupe sait se faire puissant avec une batterie en avant mais aussi mélodique avec des riffs et soli dans l’esprit du genre, proche du son du In Flames des débuts. Porté par un refrain bien amené, « The Widow Black » aura fait un bel effet avec une bonne force de frappe et un côté accrocheur savoureux. On notera une reprise du classique de Death, « Lack Of Comprehension », parfaitement effectuée qui aura fait son effet. Mordkaul confirme un talent certain et tout laisse à penser qu’il fera rapidement parler de lui à grande échelle.

Formé au début des années 2010 à Anvers, Bear est un quatuor qui œuvre dans un hardcore inspiré du son des années 90. En bonne bête de scène le groupe a déjà mit le feu partout, notamment au Graspop Metal Meeting ou au Roadburn Festival. La prestation donnée ne va pas contredire sa réputation. Tout de blanc vêtus et portés par un Maarten charismatique allant chercher le public au plus prêt il va proposer un show énergique et puissant. L’alternance entre un son calme et sombre et des passages violents et torturés est parfaite et démonte le cerveau de tout le monde. Son mix de Hardcore avec un côté Punk déglingué est savoureux et loin de tout modèle commercial calibré pas loin de l’esprit de Dead Cross. Avec un tel concert, Bear a fait forte impression. Il a montré une rage énorme pour ce qui restera comme un grand moment de la journée.

Avec Hippotraktor, nous retrouvons une formation originaire de Malines qui a fait parler d’elle avec la sortie de Meridian fin 2021. Entre Post Metal et Metal progressif le groupe, dans lequel on retrouve Stefan De Graef de Psychonaut, a séduit par sa capacité à mixer les styles pour un résultat ébouriffant. Le concert va confirmer cela avec éclat. Le groupe va entraîner le public dans un véritable tourbillon émotionnel. La voix de Stefan oscille entre côté pur et puissance brute. À ses côtés, ses acolytes tissent un univers prenant digne de leurs grands frères de The Ocean. On retrouve la force mélancolique du Post Rock mixée à une technique hors pair qui donne le tournis. Mais au-delà de la technique ce sont bien les mélodies sombres et profondes qui auront fait leur effet. Avec un concert à la fois sensible et puissant le groupe a confirmé qu’il était un espoir du genre, son parcours sera à suivre de prêt.

Cela fait vingt ans que The Monolith Deathcult bouscule son monde avec un Death Metal hors normes. Les Néerlandais ont su s’imposer comme une valeur sûre en bousculant les codes du genre en gardant une férocité impressionnante. Le concert va confirmer cela avec force et ne pas faire semblant de faire mal. En mixant un Death tonitruant à des éléments industriels bien barges, le groupe assomme son monde. Il faut certes rentrer dans cet univers où la mélodie accrocheuse n’est pas de mise mais le jeu en vaut la chandelle. On retrouve dans la formation la sauvagerie maîtrisée d’un Anaal Nathrakh avec ce côté industriel qui scotche au mur. Avec une telle prestation le groupe confirme une classe énorme pour un Metal difficilement classable mais terriblement attirant.

Après ce tourbillon le festival accueille la sensation du moment, Cobra The Impaler. En quelques concerts, notamment au Headbanger’s Balls Fest de 2021, la formation belge s’est fait un nom à grande échelle. La sortie récente de Colossal Gods a confirmé la tendance. Avec son métal ultra puissant teinté de progressif elle s’est rangée dans les pas de Mastodon avec efficacité. La foule est présente pour se prendre une bonne décharge sonore. Avec des passages hypnotiques aériens, des moments plus Heavy qui collent au siège et un chant habité qui oscille entre puissance et mélodie le groupe fait un carton. Sa capacité à tabasser son auditoire sans perdre son côté aérien est bluffante. Avec un concert intense et planant nos amis Belges ont confirmé qu’ils avaient tout en main pour devenir le gros truc des prochaines années.

La journée a été chargée, mais elle n’est pas finie, il reste un dernier gros morceau pour l’achever. Formé en 2021, Coffin Feeder est une super formation belge qui réunit la crème d’une scène extrême vivace. On y retrouve Jan Hallaert de Leng Tch’e, Jeroen Camerlynck et Bart Govers de Fleddy Melculy ainsi que Sven De Caluwé d’Aborted. Cette petite bande propose un Death teinté de Grind et de Hardcore et a sorti un « Stereo Homicide » en guise d’apéritif d’une rare intensité. Ce terme est le plus approprié pour résumer ce qui va se passer sur scène. Le groupe va mettre le feu à un public en folie qui se remue férocement et qui transforme l’avant scène en pit où tenir debout relève de l’exploit. La méchanceté dégagée est jouissive, au micro Sven éructe dans un pure ton Grind et à ses côtés ses collègues tissent un son semblant droit sorti des abysses. Un brûlot comme « Severed Survival » aura été un des moments forts de ce concert avec un parfait mixe entre Grindcore et Hardcore. Coffin Feeder a bouclé la journée en beauté. Il a tabassé son monde avec férocité et on ne peut que souhaiter que ce projet continue sa route pour fracasser encore plus de crânes.

Ceci achève une journée parfaite, le Rockelingen n’est pas le festival le plus à la mode, mais il a un côté sincère et authentique qui fait la différence. On lui souhaite de continuer sa route encore longtemps. On remerciera enfin chaleureusement les organisateurs pour leur sympathique accueil.

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Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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