Vous le savez tout aussi bien que nous, l’Alcatraz Festival est un festival exigeant ! Trois jours, quatre scènes, des concerts de 10h à 2h du matin : de quoi rassasier n’importe quels fans de musiques extrêmes. D’ailleurs, il n’y avait pas que les musiques qui étaient extrêmes le week-end du 12 au 14 août dernier, les températures l’étaient tout autant. Rappelez-vous, nous sommes en pleine alerte canicule. Chacun cherche à une place à l’ombre devant la Prison Stage et sous les tentes, on dégouline clairement. Mais bon, nous étions prévenus. Alcatraz Festival, nous voilà pour la troisième et dernière journée de cette édition 2022 ! 

Par Axl Meu / Crédit photos : Moris DC


Une douche, puis un bain de bouche « express », nous voilà prêts à attaquer le premier concert de la journée : The Raven Age, le groupe du fils de Steve Harris, qui délivre un Metal Alternatif bien exécuté. Néanmoins, il nous en faut plus pour frissonner ! Peut-être étions-nous trop fatigués pour apprécier ce concert à sa juste valeur ? En tout cas, Thanatos – la légende du Death hollandais – était là pour nous remettre les idées en place. En pleine tournée d’adieu, les Hollandais ont défendu leur patrimoine de la plus belle des manières, en multipliant les classiques. De l’autre côté, sur la scène principale, Bloodywood se prépare. En gros, c’est du Metal hindou exécuté par des Indiens. On connaissait déjà le Metal maori proposé par Alien Weaponry… Désormais, c’est à Bloodywood de s’y coller et de présenter ses sonorités exotiques à lui. Et à nous d’avouer que – pour une première en Belgique – le groupe s’en sort plutôt bien et qu’il fait l’unanimité.

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Après ce show bien rodé, on passe du côté de la Swamp pour assister à la performance de 1914 que nous n’aurions manqué pour rien au monde (et notre intuition a été la bonne puisque le groupe – qui a obtenu une dérogation pour se produire – a dû annuler les dernières dates de sa tournée). 1914 en 2022, c’est avant tout cette formation de Black Metal ukrainienne qui se retrouve malgré elle à dénoncer les atrocités commises pendant la Première Guerre Mondiale… Le concert livré prend donc une dimension particulière vu le contexte actuel, surtout lorsque leur chanteur explique clairement qu’il ira « buter le dernier des envahisseurs russes s’il le faut ! ». Voilà qui fait froid dans le dos. 

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Praying Mantis a été contacté à la dernière minute pour prendre le créneau de 13h05 à 13h50 laissé vacant par Loudness. Bon, clairement, on ne va pas vous mentir, nous aurions préféré voir Loudness, mais comme dirait l’autre : « c’est mieux que rien ! », surtout que les Britanniques, dignes représentants de la NWOBHM, ont de quoi enthousiasmer vieilles vestes à patch. De notre côté, nous avons écouté le concert de loin en compagnie de nos amis de Rock Tribune (que nous remercions encore pour leur hospitalité). Panzerfaust enchaîne sous la Swamp, puis c’est au tour de Diamond Head de représenter la NWOBHM sur la Prison Stage. De notre côté, on étouffe – on crève de chaud -, mais bon, un « It’s Electric » et « Am I Evil ? », ça ne se refuse pas, même sous un soleil de plomb ! 

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La journée du dimanche est particulièrement riche en formations estampillées « Death Metal ». Après Thanatos, place à Misery Index qui met clairement la Swamp sens dessus dessous. Ça joue VRAIMENT fort – et, en enchaînant les morceaux tels que « Manufacturing Greed », « Rites of Cruelty » et « Traitors », la formation américaine a justifié son statut de porte-parole moderne de la scène Death Metal ! La classe !

Après le concert de Lacuna Coil (qui a permis à la troupe de Cristina Scabbia de défendre ses classiques et son dernier opus, Black Anima), c’est au tour de Benediction de retourner la Swamp. Plutôt détendu et d’une humeur joviale, Dave Ingram (éternel successeur de Barney Greenway ?) noue un lien assez fort avec son public et joue avec ses attentes (notamment à la fin, lorsqu’il s’autorise un morceau supplémentaire). Un concert de Death Metal d’une simplicité déconcertante, mais qui est allé à l’essentiel ! C’est ça qu’on veut !

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De l’autre côté, l’Helldorado se met aux couleurs du Thrash/Crossover/Hardcore avec la participation successive de D.R.I., Pro-Pain, Ignite, et Sick Of It All. De notre côté, nous nous réjouissons à l’idée d’assister au concert des Américains de D.R.I. en pleine tournée anniversaire (ça fait quand même 40 ans que le groupe existe, mine de rien !). Alors pour fêter ça comme il se doit, le groupe a enchainé (un peu à l’arrache, il faut l’avouer) les gros classiques qui ont marqué sa carrière comme « Beneath the Wheel », « Thrashard », mais aussi « I don’t Need Society » et « Who Am I ». Bref, tout n’était peut-être pas parfait (le set a été coupé par une longue pause…), mais l’essentiel était là : le « fun » et la « bonne humeur » !

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Le Death Metal n’a pas fini de faire résonner les abords de la Swamp. Après D.R.I., Suffocation explose littéralement nos tympans avec son Death Metal, épaulé par les hurlements frénétiques de Ricky Myers (chanteur du groupe depuis 2019). Inutile de vous dire que la setlist est soignée (elle met en avant des titres puissants tels que « Thrones Of Blood », « Pierced From Within » et « Infecting the Crypts ») et qu’une grosse partie du public est ressortie de la tente trempée jusqu’aux os après cette prestation ! 

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La fatigue nous gagne si bien que nous passons une partie du concert de la légende de la NWOBHM, Satan, allongés, en espérant retrouver un peu de force pour la dernière partie du festival. En tout cas, même si le public n’est clairement pas au rendez-vous pour accueillir les Britanniques, nous devons avouer que leur présence fait toujours son petit effet : c’est classique, mais d’une efficacité redoutable. Alors, à l’issue du concert, une question nous taraude : « Où le public est-il ? Il est parti remballer ses affaires de camping ? ». Non, il s’ambiance tout simplement sur Electric Callboy, sorte de « Fun » Pop / Nu / Metal. Autant dire que notre côté un peu « vieux jeu » n’y comprend rien. 

Après avoir assisté de loin aux performances d’Aborted et de Pro-Pain, nous attaquons l’un des derniers gros morceaux du week-end. Il s’appelle Abbath. Après la prestation de bonne facture livrée au Hellfest Open Air, nous voulions tout simplement réitérer l’expérience (après tout, normal, non ?). Et il s’avère que l’ex-Immortal a tenu ses promesses en livrant un concert mémorable suscitant alors l’unanimité de ses partisans, surtout quand sont joués les classiques d’Immortal (« In My Kingdom Cold », « Beyond The North Waves », « Withstand the Fall of Time »).  

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Pendant que Korpiklaani fait la promotion de ses alcools préférés dans un ensemble festif, nous en profitons pour effectuer nos derniers achats et nous placer convenablement pour le concert de Cannibal Corpse qui a provoqué plus d’une nuque lors de son concert (et ça vous surprend ?). Nous, non. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien s’il était écrit « Respect The Neck » sur le t-shirt de George Fisher. Avouez-le, vous ne faîtes pas le poids face à lui, surtout lorsqu’il gueule (littéralement) dans son micro les belles romances dont on se passerait bien (« Fucked With a Knife », « I Cum Blood »…). Bref, le vrai Death Metal, celui qui casse des c***, c’est celui de Cannibal Corpse.

Entre le Death Metal de Cannibal Corpse et celui d’Arch Enemy, il y a tout un monde… Aujourd’hui, les Suédois – venus défendre Deceivers – ont clairement montré les muscles et ont prouvé que leur show était digne des grandes salles. Effets pyrotechniques, refrains mielleux et de véritables « hits » et un set dénué de toute trace d’amateurisme, voilà ce que nous a proposé Arch Enemy. Un beau spectacle qui n’a vraiment plus rien à voir avec l’idée que l’on se fait du Death Metal chez Heretik Magazine. Mais après tout, est-ce si grave ? Non. 

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Le constat est donc sans appel. L’Alcatraz Festival est sans conteste LE festival de Metal européen qui mérite une attention toute particulière du fait de sa programmation qui ne cesse de s’étoffer et des multiplies services qui y sont proposés… Bref, il fait bon vivre à l’Alcatraz Festival, et autant dire que nous serons de retour en 2023 !

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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