En 2022, les fans de Venom peuvent s’estimer chanceux : nous avons droit à deux Venom pour le prix d’un. Celui représenté par Cronos, celui représenté par Mantas et Demolition Man. Aujourd’hui, c’est le deuxième, Venom Inc., qui nous intéresse. Ce dernier ayant sorti un nouveau disque, nous nous sommes empressés de contacter son frontman, Tony Dolan, AKA Demolition Man.

Propos de Tony Dolan (Demolition Man) (chant, basse) recueillis par Axl Meu


Avant de parler de votre nouvel album, j’aimerais revenir sur la prestation que vous avez livrée cet été dans le cadre du festival Alcatraz à Courtrai. Vous y avez joué l’album Black Metal dans son intégralité… C’était une requête spéciale du festival ? 

En fait, tout a commencé le jour où nous avons annoncé notre participation dans le cadre du Keep It True Rising dans lequel nous prévoyons de jouer un set spécial le dimanche 2 octobre prochain. Faut-il encore rappeler que Venom Inc. a fait ses premiers pas sur scène dans le cadre du festival Keep It True en 2015 ? À l’époque, nous y avions joué 25 morceaux du répertoire classique de Venom… C’est à ce moment-là que la machine s’est emballée.

Cette année, il se trouve que l’organisateur du Keep It True nous a proposé de donner un concert exclusif dans le cadre du 40ème anniversaire de l’album Black Metal. En premier lieu, nous avions prévu de jouer l’album en entier, mais ensuite, m’est venue l’idée de performer le set de l’album live Live at The Hammersmith Odeon. Ce que nous prévoyons de faire le dimanche 2 octobre prochain dans le cadre du Keep It True Rising !

Apprenant cela, Filip de l’Alcatraz me contacte et me fait part de son intérêt pour programmer Venom Inc. dans le cadre de l’Alcatraz Festival. Il voulait que l’on joue l’album Black Metal en entier pour son anniversaire. Pourquoi pas après tout ?! L’idée était de rendre hommage à la musique composée par Mantas à cette époque. Puis, même, l’idée de jouer des morceaux comme « Sacrifice » et « To Hell and Back » me rendait particulièrement enthousiaste je dois dire, ces derniers n’ayant jamais été joués en « live » par le passé.

En 2022, revoilà Venom Inc. avec son deuxième opus, There’s Only Black. Que dire à son sujet ? 

Je dirais qu’il est différent par rapport à Avé, même si on reconnaît bien le style de Venom Inc.. À l’époque, aucun des albums de Venom ne se ressemblait. Chacun avait sa particularité et avait contribué au développement du groupe. À l’époque, on s’était servi d’Avé pour remercier nos fans. Nous n’étions pas censés sortir d’opus, mais vu l’enthousiasme des fans, nous avons décidé d’en faire un et de reprendre tous les gimmicks du Venom d’antan. 

Pour There’re Only Black, c’était différent. Après la sortie d’Avé, nous avons donné tellement de concerts… Abbadon n’est plus dans le groupe et Jeramie Kling « War Machine » l’a remplacé. Un peu avant la pandémie, je me suis fait opérer et j’avais prévu de rejoindre Jeff au Portugal pour travailler sur les nouveaux morceaux. Finalement, à cause de la pandémie, nous avons dû tout faire à distance, ce qui ne nous a pas empêché d’être productifs pour autant. Nous sommes ressortis des sessions d’écriture avec 24 morceaux ! Jeramie était chez lui aux États-Unis, donc nous les lui avons renvoyés et il a travaillé dessus depuis chez lui. L’idée était que l’ensemble soit le plus vivant possible ! 

Au départ, l’opus devait s’intituler « Nine », en référence aux neuf cercles de l’Enfer selon Dante dans la Divine Comédie, mais nous sommes revenus sur cette idée après que Jeff m’a fait écouter un dernier morceau. Il en avait même composé des paroles, faisant référence à l’attaque cardiaque dont il a été victime en 2018. Jeff m’a alors expliqué tout ce qu’il avait ressenti lors de son arrêt cardiaque : il était tout simplement plongé dans l’obscurité, d’où le titre « There’s Only Black ». Il essaie tant bien que mal de répondre au questionnement ultime de l’humanité : « Que se passe-t-il après la Mort ? ». Hélas, personne ne pourra revenir des morts pour nous l’expliquer. 

« Jeff m’a alors expliqué tout ce qu’il avait ressenti lors de son attaque cardiaque : il était tout simplement plongé dans l’obscurité, d’où le titre « There’s Only Black » »

Comment se porte Mantas désormais ? S’est-il totalement remis de son arrêt cardiaque ? 

Sur le plan physique, il est stable, ça va mieux. Son père a rencontré les mêmes problèmes de santé, malheureusement, il est décédé quand Jeff avait seize ans… Mais dans sa tête, c’est assez compliqué, ça le travaille encore. Il était littéralement mort avant que les secours n’interviennent. Difficile d’expliquer ce qui se passe en toi quand tu fais un malaise cardiaque. D’ailleurs, c’est pour cette raison que nous avons opté pour ce fameux trou noir en guise de pochette d’album. Que se passe-t-il après la Mort ? Nous ne savons pas. Nous plongeons dans l’inconnu et jamais, nous n’aurons la possibilité de revenir parmi les vivants pour expliquer ce que nous y avons vu.

Concernant la musique de There’s Only Black, il y a des parties qui sont bien plus « Thrash Metal » dans l’âme par rapport à Avé… Un commentaire à sujet ?

Ça fait du bien ! Quand j’écris, j’aime quand tout vient de manière spontanée. Mantas, oui, pense surtout aux harmonies, aux ambiances… Quand nous assemblons nos deux perceptions de la chose, ça marche vraiment bien ! Certes, notre musique est plus moderne, mais on y retrouve l’énergie de Venom dans notre musique : le côté « Thrash », parfois « Death » et « Black Metal »… Tout ça, ça a toujours été dans notre veine. Après, on ne pense pas beaucoup aux genres quand nous composons et préférons ne pas mettre notre musique dans des petites cases. Quand nous avons envoyé nos morceaux à Jeramie, je ne lui ai pas donné de consignes particulières : je lui ai simplement dit d’écouter et de jouer, sans trop se poser de questions. En général, il n’est pas bon de se poser trop de questions quand on joue de la musique. Il faut simplement se laisser porter par la musique que l’on joue et faire en sorte qu’elle vienne du plus profond de nous-mêmes ! 

Tout à l’heure, tu faisais allusion à la pochette de l’album. Au fait, vous avez changé de logo ? Pourquoi ? 

En fait, non, nous n’avons pas changé. En fait, quand tu consultes le livret de l’opus, tu retrouves notre logo traditionnel. Mais pour la pochette, quand nous avons changé le nom de l’album pour « There’s Only Black », notre logo ne se fondait pas très bien dans le reste. Pour m’inspirer, je me suis rendu au Cimetière de Highgate situé au nord de Londres, et j’y ai trouvé cette police d’écriture sur une des pierres tombales. Elle m’a tout de suite interpelé ! 

L’année dernière, vous avez enfin réédité les trois albums de Venom sur lesquels tu joues : Prime Evil, Temples of Ice et The Waste Lands. Et vous en avez même fait un coffret : The Demolition Years ! Un commentaire à ce sujet ? 

Ouais. Enfin ! J’ai attendu pas moins de vingt années avant de récupérer les droits de ces opus. C’était assez compliqué, car Cronos, le chanteur de Venom, ne voulait pas rééditer ces albums. Je me suis battu pour qu’ils le soient.

L’année dernière, BMG m’a contacté et m’a finalement autorisé à rééditer ces albums en K7, CD et vinyles, sous forme de coffret pour commencer, puis séparément. Aujourd’hui, les fans peuvent se les procurer sur le site de Rockmark. Tous ont été remasterisés et agrémentés d’un livret !


Venom Inc., c’est : 

Demolition Man : Basse, chant 

Mantas : Guitare 

War Machine : Batterie 

Discographie : 

Avé (2017)

There’s Only Black (2022)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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