Il a fallu prendre son mal en patience pour enfin revoir Deep Purple fouler le plancher du Zénith de Lille. Initialement prévues pour le 22 octobre 2020, les retrouvailles entre la formation britannique et le public lillois ont finalement eu lieu le vendredi 28 octobre dernier. L’occasion pour le groupe de célébrer le Rock’n’Roll devant un parquet de fans acquis à sa cause depuis bien longtemps. Nous y étions. 

Par Axl Meu // Crédit photos : Moris DC


Les ont accompagnés pour cette date, les Jefferson Starship, formation de Rock Psychédélique qui, souvenez-vous, a été montée par des membres de Jefferson Airplane dans les années 70. Aujourd’hui, il ne reste peut-être plus que David Freiberg de la formation d’origine, mais elle compte tout de même honorer son histoire. Ce qu’elle a fait le temps des 45 minutes de jeu imparties. Malgré quelques petits couacs techniques (David Freiberg s’est retrouvé sans guitare quand il est monté sur scène), la prestation reste agréable : il faut dire que Cathy Richardson, en voix, sait captiver l’attention des fans en multipliant les accroches féministes (notamment sur « It’s About Time ») et les allusions au passé, notamment sur « Sara » et « We Built This City », deux morceaux de Starship, et « Somebody To Love » de The Great Society, lui-même repris par Jefferson Airplay. Grâce à Jefferson Starship, nous sommes désormais prêts à accueillir Deep Purple

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Deep Purple, c’est avant tout l’histoire du Rock, la vraie. Trois accords de guitare, une mélodie entrainante, des anecdotes par centaine, des hits. Aujourd’hui, presque tous ont dépassé la soixante-dizaine et on peut encore se demander ce qui motive les Britanniques à tirer sur la corde, surtout qu’ils nous ont déjà fait le coup du « c’est la dernière tournée, on arrête après » (souvenez-vous, c’était The Long Goodbye Tour qui s’était tenu de mai 2017 à décembre 2019) avant de revenir avec un nouvel opus, Whoosh!, et une nouvelle tournée. Après tout, pourquoi se priver ? Deep Purple – qui a dernièrement fait appel à Simon McBride pour remplacer Steve Morse (forfait pour des raisons familiales) – compte bien prouver à la face du monde qu’ils ne sont pas « rincés » comme on a pu le lire sur les réseaux sociaux quelques heures avant le coup d’envoi de leur concert.

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Le vendredi 28 octobre dernier, la rédaction d’Heretik Magazine s’est donc rencardée avec la passion. L’écran géant esquisse un Deep Purple façon « Mont Rushmore » (comme sur l’album In Rock, donc) Et ça commence avec « Highway Star » et ça a continué sur « Pictures of Home », lui-même extrait de l’album culte, Machine Head (représenté à hauteur de six morceaux ce soir !). Néanmoins, pas question de tirer sur la corde de la nostalgie toute la soirée. Les Britanniques défendent également leurs nouveaux morceaux en enchaînant « No Need To Shout » et « Nothing At All » de Whoosh! (2020), illico-presto. La performance se veut authentique : il est vrai que Ian Gillan peine à monter dans les aigus (d’ailleurs, c’est pour cette raison que « Child In Time » ne figure pas sur la setlist), mais l’émotion et la sincérité l’emportent sur les méfaits de l’âge, notamment lorsque le chanteur entame l’épique « Uncommon Man » qu’il dédie à la mémoire de l’incroyable Jon Lord, signant alors l’un des moments les plus forts du concert.

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Puis, il y a eu le « feeling », le « flow », le science du « jam »… Roger Glover (basse) et Ian Paice (batterie) sont vraiment en forme et Don Airey peut s’exprimer comme bon lui semble, c’est-à-dire, au clavier, ce qu’il fait à plusieurs reprises lors du concert (en « improvisant » des solos avant « Lazy », mais aussi avant « Perfect Strangers »). Comme en 2017, quand il ne fait pas dans le classique (c’est-à-dire, la Grande Musique. On a eu droit à un passage de la « Marche Turque » de Mozart), il n’hésite pas à faire un clin d’œil à la région des Hauts-de-France en y jouant quelques parties du « Ch’tiot Quinquin ». Et pour les accompagner, bien sûr, le public qui n’a pas hésité à donner de la voix quand ont retenti les accords de « Smoke On The Water », « Hush » (vous l’avez encore en tête) et « Black Night », tous les trois venus ponctuer cette grosse soirée. 

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Ce soir, Deep Purple nous a livré un concert mémorable : les classiques et l’expérience (malgré l’arrivée tardive de Simon McBride) ont tout simplement rassuré les fans qui espèrent revoir leurs idoles encore quelques fois. D’ici deux ans, même heure, même lieu, ça paraît jouable, non ?  `

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Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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