Doit-on encore présenter Perturbator ? Référence incontournable de la scène Synthwave / Coldwave / Darksynth / Post-Punk, James Kent – musicien inspiré et inspirant – est parvenu à s’inscrire dans son époque en forgeant une musique dystopique forte en rebondissements. Le 6 octobre dernier – soit trois ans après son dernier passage à l’Aéronef de Lille -, le musicien est revenu « ambiancer » le public nordiste dans le cadre de sa tournée européenne « Excess Europe & UK Tour ». L’accompagnaient Scalping et Author & Punisher, et nous y étions. 

Par Axl Meu / Moris DC


Author & Punisher, c’est avant tout le projet d’un seul homme : Tristan Shone. Après avoir fait bonne impression à la sortie de Krüller, son nouvel opus paru dernièrement chez Relapse Records, l’Américain a pu poser ses valises (enfin, ses machines) chez nous histoire d’émerveiller les amateurs de bizarreries sonores et les fans de Nine Inch Nails. Il faut dire que Tristan – ce soir accompagné de Douglas Sabolick (le guitariste / chanteur d’Ecstatic Vision) – est fort d’un concept qui est lui propre. Il a conçu ses propres machines et, en plus, elles peuvent tuer les fascistes (c’est écrit dessus). Machines obligent, l’ensemble est particulièrement froid, mais reste agréable à voir : le multi-instrumentiste – qui ne fait qu’un avec sa machine (il faut le voir pour le croire) – maîtrise son sujet, même lorsqu’il reprend le classique de Portishead, « Glory Box ».

Peut être une image de 1 personne et intérieur
Peut être une image de 1 personne, position debout, jouer d’un instrument de musique et guitare

Il nous faut l’avouer : nous ne connaissions pas Scalping avant qu’il ne soit annoncé en remplacement de Heath (que nous aurions préféré voir, en toute honnêteté). Néanmoins, la formation britannique s’est particulièrement bien fondue dans l’affiche : l’ensemble – très électro dans la forme – est dynamique, aussi bien musicalement que visuellement parlant, bien qu’un peu lassant à la fin. Scalping a su mettre l’ambiance, et c’est tout ce qui compte. 

Peut être une image de 2 personnes, personnes debout, personnes qui jouent d’un instrument de musique et intérieur

Pertubator est en place. La scénographie est clairement « huge » et laisse présager de très belles animations visuelles sur scène (et, en effet, la structure évolue en fonction des intonations de la musique. Garde aux photosensibles, donc !). Naturellement, comme au Motocultor FestivalJames Kent lance les hostilités sur deux extraits de son dernier opus, Lustful Sacraments (« Excess » et « Lustful Sacraments »), deux morceaux – plus « ambient » dans la forme – qui voient le jeune musicien pousser les vocalises et claquer quelques accords de guitare derrière ses machines. Il n’en fallait pas plus pour réveiller l’Aéronef. Un pit se forme et secoue les simples touristes dans la joie et la bonne humeur sur « Future Club », « Diabolus Ex Machina », « Neo Tokyo » jusqu’aux détonations finales de « Perturbator’s Theme » et « The Cult of 2112 ». Il faut dire que, en 2022, Perturbator n’a jamais été aussi en phase avec son époque. Dystopique, frénétique et dynamique, sa musique continue ne cesse de faire de nouveaux adeptes jour après jour, et ce n’est pas pour rien si, aujourd’hui, on laisse James Kent se produire dans des salles comme l’Olympia. À bon entendeur. 

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