Après deux éditions annulées en 2020 et 2021, le Blast From The Past frappe fort pour son retour. Organisé tous les deux ans, le festival rattrape son retard avec deux éditions en 2022. La première a eu lieu en avril et a cartonné notamment grâce à Sortilège. La deuxième se déroule en ce 10 Décembre au Kubox de Kuurne, non loin de Courtrai en Belgique. En rapide introduction, nous tenons à saluer la qualité de la salle, parfaite à tous les niveaux, véritable écrin pour les groupes et le public.

Par Franck Lasselle / Crédit photo : Moris DC


Warhead est la première formation à fouler les planches. Originaire de Belgique, elle s’était fait un nom dans les années 80 avec un Speed Thrash typique de l’époque. Disparue en 1989, elle est de retour depuis 2021 avec un nouveau chanteur, Kevin Vangelooven. Devant un public de fans conquis, elle va proposer un show sympathique. On retrouve un speed à l’ancienne rythmé avec un côté Motörhead. Avec « Evil Night », « Therapy » ou « The End », elle rencontre un joli succès. Le côté plus bourrin proche de Testament ou Death Angel faisant aussi un bel effet porté par la voix éraillée de Kevin. L’énergie dégagée par Warhead s’est fait plaisir et a fait plaisir à ses fans et a lancé la journée idéalement.

Avec Tentation, petit détour vers la France. La formation occitane œuvre depuis 2012 dans un Heavy Metal à l’ancienne pas loin de Sortilège ou Blaspheme avec chant en français. Dans une belle ambiance, le groupe va faire un carton. Ses membres ont le feu et son archi motivés. Avec « Le Couvent » ou « L’Exode », ils lancent les hostilités à merveille. Le chant lyrique typique de Patrice fait effet de même que le côté Heavy Speed 80’s des riffs et soli. Patrice est super sympa et gagne le public facilement. Avec « La Chute des Titans », « Le Taureau D’Airain » ou « Illusion », le carton se confirme. Les soli « à la Maiden » sont superbes et le chant aigu fait effet sur des refrains bien troussés. C’est un « Heavy Metal » bien speed qui achève la performance. Tentation a fait le boulot avec efficacité et se place en digne héritier des grands anciens de la scène Heavy Metal française.

Originaire des Pays-Bas, Cobra Spell n’a pas encore sorti d’album mais est déjà connu. Totalement féminin la formation compte dans ses rangs Sonia Anubis qui s’est fait un nom dans Burning Witches. Œuvrant dans un hard teinté de glam, avec tenues 80’s de circonstance, le groupe va remuer la foule avec « Poison Bite ». La voix éraillée de Kris fait effet de même qu’un ton rapide et mélodique. « Addicted Night », « Midnight Hour » et « Shake Me » se font Glam pas loin de Mötley Crüe avec une touche de Sleaze et des refrains top. « Come On Tonight » évoque Doro tandis que le nouveau single, « Flaming Heart » se fait tube Heavy/Glam. La reprise du « Animal (Fuck Like A Beast) » de WASP aura fait un carton sur le final. Cobra Spell a donné un concert frais qui a ravi la foule. Les filles ont montré une forte sympathie et ont gagné de nombreux adeptes.

Avec Stallion, le festival vogue vers l’Allemagne avec une formation fondée en 2013 qui œuvre dans un Heavy Speed proche de Accept ou Enforcer. Le début avec « Waking The Demons » et « No Mercy » est speed à fond dans un ton Heavy germanique. La voix suraiguë de Paulie fait effet, les refrains sont accrocheurs et les soli ébouriffants. Tout cela est véloce et entraînant et fait un carton, Paulie sort le drapeau LGBT et montre le côté engagé du groupe. Derrière pas de répit, « From The Dead », « Kill Fascists » ou « Underground Society » cartonnent avec un côté Speed 80’s galopant sympathique. « Rise And Ride » et « Canadian Steele » achevant la prestation avec la même vélocité et un chant aigu efficace. Stallion a proposé une prestation énergique et intense et a montré qu’il avait les armes pour prendre la relève des anciens.

Avec Absolva, on retrouve une formation dont les membres jouent avec Blaze Bayley. Depuis 10 ans, les Anglais œuvrent dans un Heavy classique avec un dernier album, Fire In The Sky, qui les a vu progresser. Avec « Fire In The Sky », « Burn Inside », « Addiction » et « What Does God Know? », l’album est à la fête. On retrouve un ton Heavy et mélodique efficace porté par un Chris Appelton au ton puissant plein de classe. Les refrains sont excellents avec de bons chœurs, des riffs et soli efficaces dignes d’un Maiden et tout cela charme la salle. Dans le final les anciens titres, « Never A Good Day To Die », « Code Red » et « From Beyond To The Light » font un carton avec un aspect Heavy mélodique simple et direct. Chris a fait monter l’ambiance et a pas mal joué avec la foule. Absolva a été parfait et confirmé qu’il était un gros client en matière de Metal classique.

Pas le temps de se reposer pour les musiciens d’Absolva, ils sont de retour avec Blaze Bayley pour un concert basé sur la carrière du chanteur au sein d’Iron Maiden. Il est en forme, bavard et remue la foule dès l’entame sur « Lord Of The Flies ». Le titre, bien chanté et interprété, fait un carton avec un refrain fort. « Sign Of The Cross » est une tuerie. Le titre fait effet avec son côté lyrique et son démarrage intense et une partie instrumentale de haute volée. Blaze clame sa joie d’être passé dans Maiden et ravit les fans avec deux titres rares, « Judgement Of Heaven » et « Virus ». Heavy, épiques et portés par des mélodies splendides les titres sont énormes de force et portent des messages actuels. Le final va être tubesque avec « The Clansman », « Man On The Edge » et « Futureal ». Le côté épique et celtique de la première est fabuleux tandis que les deux autres restent des hits directs et rapides portés par des refrains splendides. Blaze Bayley a proposé un excellent concert et rappelé que sa période avec la Vierge De Fer était de grande qualité.

Avec Cloven Hoof, le festival accueille un ancien de la scène heavy britannique des années 80. Le groupe a eu un petit succès mais n’a jamais percé. De retour aux affaires, il demeure dans un certain anonymat avec à sa tête Lee Payne son bassiste historique. Avec un chanteur, Chris Dando, fraîchement arrivé, il va proposer un concert basé sur ses débuts. La foule n’est pas énorme, mais les absents ont tort de ne pas venir. « Gates Of Gehenna », « The Fugitive » et « Nova Battlestar » sont succulentes. Taillés dans un Heavy typique des années 80 et portés par la voix éraillée de Chris elle font effet avec de bons refrains et un côté véloce et speed. Lee Payne est mis à l’honneur par Chris et derrière « Cloven Hoof », chantée en partie par Lee, « Highlander » ou « Astral Rider » ravissent avec un côté old school et épique digne de Manilla Road. Le final avec « Reach For The Sky » est parfait avec un ton mélodique teinté Heavy 70’s. Cloven Hoof a joué la sécurité mais sa prestation était de qualité en forme de bon plongeon dans le passé du Heavy Metal.

Bonfire a annulé en dernière minute le festival a su le remplacer avantageusement avec Raven, pionnier de la NWOBHM scène avec à sa tête les frangins Gallagher. D’entrée le trio frappe fort, on retrouve avec « Take Control » un pur jus de Heavy Metal avec le chant aigu et des riffs mélodiques et rapides. Avec « Hell Patrol », la forme du trio se confirme. Tout cela est brillant avec un John souriant et au top vocalement. Avec « The Power » et « Top Of The Mountain » cette vitalité se confirme. Ces nouveautés sont portées par des refrains énormes et des soli brûlants. Après un « Rock Until You Drop » efficace qui met l’ambiance dans la salle Mark nous gratifie d’un soli de toute beauté. Avec « Faster Than The Speed Of Light », « All For One » et « Read All About It », le groupe propose des tueries speed dotées de riffs heavy intenses. John est bavard et se fait franchement sympa. « Mind Over Metal » et « Chain Saw » sont de parfaits jus de Heavy véloce qui rappellent l’excellence de la carrière du groupe. Amenée dans une ambiance bien chaude « Wiped Out » finit le concert en beauté avec un ton rentre dedans efficace. Raven a été énorme de classe, le trio a montré une belle et grande forme et montré qu’il faudrait compter avec lui longtemps encore.

Il reste un gros morceau pour finir la journée. Coroner est une légende en matière de Techno Thrash et sa présence peut surprendre dans un fest Heavy. De fait il y a moins de monde et en fin de prestation il régnera dans la salle un côté intimiste. Les fans vont en tout cas être gâtés, le trio va montrer que sa force reste intacte. La leçon démarre dans la fumée avec de la lumière bleue et une voix robotique SF. L’ambiance est instaurée et le voyage est lancé avec « Golden Cashmere Sleeper, Part 1 ». L’heure qui se déroule est magique et plonge dans la riche discographie du groupe, de Grin à Mental Vortex en passant par No More Color ou RIP. La technique est insolente de classe avec une intensité qui prend à la gorge. La voix glaciale robotique de Ron prend aux tripes. De titre en titre on ne peut qu’halluciner devant une telle démonstration de force dans des riffs et soli d’une incroyable complexité totalement passionnante. Entre « Serpent Moves », « Son Of Lilith » ou « Tunnel Of Pain », « Metamorphosis » et « Grin », les Suisses collent le public au mur avec une classe extraterrestre. Au milieu de la leçon une petite nouveauté, « Sacrificial Lamb », fait un effet bœuf avec un parfait mélange entre progressif et Thrash technique avec un côté aérien remarquable. Le solo de batterie fait effet et on sent une parfaite communion entre le groupe et les fidèles restés dans la salle. La pause avant le rappel permet de reprendre un peu pied. Mais avec « Reborn Through Hate » et « Die By My Hand », le groupe replonge les résistants dans les limbes avec une force martiale incroyable et ce côté robotique intense. Coroner n’est pas venu en terrain conquis et nombre de personnes se sont inclinés. Les amateurs ont en tout cas savouré une prestation magique de la part d’un maître du genre qui n’a rien perdu de sa classe ni de sa délectable folie.

Ceci achève une journée bien remplie. Le Blast From The Past a frappé un autre grand coup avec cette seconde édition de l’année. Il reste à remercier Mike et ses équipes pour leur accueil et leur travail remarquable et leur donner rendez-vous rapidement pour une autre édition que l’on espère aussi savoureuse.

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Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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