Barabbas a dernièrement signé son grand retour sur le devant de la scène Doom avec La mort appelle tous les vivants, son deuxième opus paru en décembre via le label Sleeping Church. Le disque ayant fait l’unanimité au sein de la rédaction d’Heretik Magazine (la chronique est à lire dans le nouveau # actuellement en circulation), nous nous sommes empressés de contacter Saint Rodolphe, le chanteur de la formation. Doom on !

Propos de Saint Rodolphe (chant) recueillis par Axl Meu


La mort appelle tous les vivants est votre premier album en huit ans. J’aimerais bien savoir pourquoi vous avez pris autant de temps à le sortir. Huit ans, ce n’est pas rien ! 

Bien sûr, pour commencer, il y a eu ces deux années de COVID qui ont compliqué les choses. Après, il y a tous les aléas de la vie. Moi, j’ai cinquante ans. On est trois dans le groupe à être dans ces âges-là. On est pratiquement tous parents. Il y a ceux qui partent, ceux qui viennent. Jay, notre premier bassiste, par exemple, a décidé de quitter le groupe. Au départ, on aurait dû enregistrer La mort appelle tous les vivants avec lui. Sa décision d’arrêter nous a pas mal bouleversés et nous a remis en question, jusqu’à l’arrivée d’Alexandre, le nouveau bassiste, qui, pour le coup, est plus jeune que nous. Tout s’est enchaîné. On a trouvé le studio, le Hybreed Studios… 

La mort appelle tous les vivants est donc votre deuxième opus. J’aimerais bien savoir comment vous avez fait pour le composer. Il me semble que c’est Stéphane qui s’occupe de la composition. 

C’est ça. En fait, il faut savoir que Barabbas est le projet de Stéphane. C’est lui qui nous a tous – plus ou moins – rassemblés pour monter le groupe. C’est lui le compositeur et c’est aussi lui qui, dans leur grand majorité, écrit les textes. C’est vraiment lui. Il amène les idées et puis, nous, on continue le canevas de ses idées tout en essayant de respecter ce qui nous est proposé. Après, ça devient un travail vraiment collégial. À la fin, ça donne le sens et ce que Barabbas est pour finir. C’est vraiment lui, le principal compositeur du groupe. 

Quelle a été le mot d’ordre pour cet album ? Quelles sont les thématiques abordées ? 

Alors, il n’y a pas vraiment eu de mot d’ordre pour cet album. En fait, Barabbas, ça reflète vraiment notre état d’esprit, comment on se sent. Que ce soit sur Messe pour un chien ou même sur La mort appelle tous les vivants, les thématiques sont axées sur les hommes qui prennent de l’âge, sur leur état physique et mental… Par exemple, il y a tous les accidents et tous les malheurs de la vie qui te cabossent jour après jour. Cela conduit à des questionnements sur le sens de la vie : ce que tu fais là, quel est ton rôle et ainsi de suite. C’est vraiment ça qui a été le fil de l’écriture et de l’idée de cet album. Si tu écoutes Messe pour un chien ou La mort appelle tous les vivants, on peut considérer ces albums comme des concept-albums, tous les morceaux s’imbriquent les uns avec les autres et peuvent raconter une histoire, mais ce n’est pas voulu. Quand tu lis les paroles, tu te rends compte qu’elles font état d’un homme qui n’est pas bien dans sa peau et qui se pose beaucoup questions. 

Peut être une image de 5 personnes et personnes debout

« Quand tu lis les paroles, tu te rends compte qu’elles font état d’un homme qui n’est pas bien dans sa peau et qui se pose beaucoup questions. »

Quand on écoute Barabbas, on pense beaucoup à Candlemass, à Electric Wizard et tous ces groupes qui ont forgé le style. On imagine que c’est clairement assumé ! 

Alors, pour le coup, nous, le groupe qui était référence au tout début et encore maintenant, le groupe dans lequel on se retrouve tous, c’est Cathedral. C’est vraiment notre groupe, la pierre angulaire du groupe. Après, bien sûr, il y a Saint Vitus et Black Sabbath. Après, Electric Wizard, on aime, mais ce n’est pas forcément quelque chose qui va ressortir. En tout cas, même si c’était le cas, ce n’était pas voulu. Après, on est hyper larges dans ce que l’on aime. On n’est pas à écouter du Doom à longueur de journée. 

Quant au style, je dirais que l’on fait du Barabbas. Les références ne sont pas calculées. Même dans la dernier album, il y a des côté Pop que j’entends et que je ressens à travers les mélodies et les refrains. On va faire en sorte qu’ils restent en tête. 

Tu n’écris pas les paroles, mais tu les incarnes. Comment travailles-tu sur les textes qui ont été composés par Stéphane ? 

À chaque fois que Stéphane écrit quelque chose, il tombe juste. Je ne sais pas si c’est à travers des discussions qu’on a pu avoir ensemble. Je ne sais pas s’il pense à moi quand il écrit les textes. Mais, en tout cas, il ne m’a jamais proposé quelque chose qui ne correspondait pas à mon état d’esprit. Ce n’est pas compliqué pour moi d’incarner ce qu’il écrit. En plus, c’est en français, ce qui facilite la compréhension. Les mots vibrent encore plus en moi. Pour le français, ce qui est bien, c’est que chacun des mots ont un poids, une signification particulier. Les textes, je me les approprie à mort. Après, ce n’est pas très compliqué pour moi. Tout de suite, ses textes résonnent en moi. Peut-être que je suis hyper sensible. Je ne peux pas te dire. Ce que je chante, je le vis. 

Tout à l’heure, tu m’expliquais que Cathedral était le groupe référence de Barabbas. Si je me souviens bien, vous aviez participé à l’album-hommage à Cathedral, Doom Or Be Doomed, paru chez Sleeping Church, votre label, en 2019. 

Oui ! Il y avait Conviction, Presumption… En fait, le « tribute » par d’une sorte de collectif, Father Merrin, Presumption… En fait, nous nous sommes rencontrés lors de concerts et, au fur et à mesure, il y avait vraiment des affinités qui se sont créées. Autour de ça, on avait quelqu’un qui a beaucoup contribué à la scène, je pense à Stéphane Le Saux, autrefois auteur sur le blog Temple Of Perdition. Donc voilà, aujourd’hui, ce sont des amis. L’idée est partie d’une conversation qu’on a eue ensemble. Mathieu, le bassiste et chanteur de Presumption et Aymerick, le chanteur de Father Merrin. La conversation a fait que tous se sont pris au jeu. Derrière, Mathieu et Aymerick ont fait que ça se fasse après avoir contacté les groupes qu’ils aimaient. Nous, on a été embarqués dans cette conversation, tout simplement parce que ce sont des potes ! 

Plusieurs dates arrivent, notamment une avec Conviction et Negative Concept le vendredi 24 mars prochain à Crosne. Est-ce que vous pensez revenir dans le nord ? 

On adorerait. On y a joué trois ou quatre fois. Et à chaque fois, c’était exceptionnel. C’est Max, Marie et Denis de Riffeater qui nous avaient fait jouer, notamment au Biplan (Lille) ! Je me souviens aussi d’une date qu’on avait donné à Lille, sur Wazemmes, en ouverture d’Apostle Of Solitude. C’était au El Diablo. Je pense que Denis va nous trouver quelque chose pour les semaines à venir ! 

Pour les dates, on joue à Rennes ce week-end. On se produira également le 4 février dans le cadre du festival « Ca va saigner du Clu » à Poitiers. Ensuite, au mois de mars, nous jouerons à Fismes.


Barabbas, c’est :

Saint Jean-Christophe : Batterie 

Saint Stéphane : Guitares 

Saint Rodolphe : Chant 

Saint Thomas : Guitares 

Saint Alexandre : Basse

Discographie :

Libérez Barabbas! (EP-2011)

Messe pour un chien (2014)  

La mort appelle tous les vivants (2022)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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