Un autre groupe qui a fait parler de lui à la fin de l’année 2022 : Lokurah. La formation francilienne a dernièrement fait paraître son troisième opus, Distorted Truth, le premier en dix ans ! Curieux, nous avons voulu en savoir plus à son sujet et avons contacté le guitariste du groupe, Pierre-Jean Toty.

Propos de Pierre-Jean Toty (guitare, backing-vocals) recueillis par Axl Meu


Lokurah fête ses 20 ans en 2023. Vous avez fait paraître votre troisième opus, Distorted Truth, en novembre dernier. Avant de m’en parler, j’aimerais que tu me fasses une micro-historique du groupe. Quel est ton rôle ? Qui a formé le groupe ?

Moi, je suis arrivé dans le groupe quand il était en train de changer de nom. Le frère du batteur cherchait un nouveau guitariste à l’époque. Moi, je venais de rejoindre Paris et, finalement, ça l’a fait tout de suite ! Les influences au départ étaient plus tournées vers des groupes comme Machine Head, Slipknot… C’était bien car on était tombés d’accord sur pas mal de choses à l’époque. Le groupe s’appelait alors Near Death Experience (N.D.E.).

Les années ont passé, le style du groupe s’est affiné, et finalement, vous êtes de retour avec un nouvel opus, Distorted Truth. Pourquoi avez-vous pris dix ans avant de le sortir ?

Ça paraît énorme comme ça. Après, on n’a jamais splitté. En fait, nous avons changé de line-up. Nous avons eu une chanteuse pendant plusieurs mois. Et ça a pris du temps. Au final, je ne regrette rien, car ça nous a permis d’affiner pas mal de choses et d’intégrer des idées beaucoup plus modernes. Je pense que c’est un mal pour un bien en fin de compte. Ça fait partie de la vie d’un groupe. Après, tu ne peux pas sortir un album quand tu n’as pas un line-up un peu complet.

Quand est-ce que vous avez commencé à réfléchir à Distorted Truth ?

Avant même la sortie du deuxième album, on était dans une logique de composition. Par exemple, le titre « With the Eyes of Reality », je l’avais composé en 2011. Bien sûr, nous l’avons complété et adapté au style qu’on s’était fixé. Mais à l’époque, on était déjà dans cette idée-là. D’ailleurs, en 2013, on était déjà en contact avec le studio Fredman pour le mix et le mastering. Donc c’était déjà lancé, mais ça a été mis en suspens par les recherches de musiciens et changements de line-up.

Donc, oui, j’imagine qu’entre 2012 et 2022, les démos ont pris le temps d’évoluer. Tu as pris le temps de retravailler tous ces morceaux.

Pas mal de morceaux ont évolué, mais je voulais que ça reste spontané. Les premières idées étaient là. Après, oui, on a enlevé des choses et formaté d’autres… Deux ans avant la sortie de l’album, j’ai pris le temps de travailler sur le côté harmonique des choses, ce que nous n’avions jamais fait avant. Je pense d’ailleurs qu’on restera sur la même méthode pour le prochain album ou le prochain EP, car ça donne une cohérence harmonique au reste. Après, on reste tout de même très spontané sur les premières idées de riff et de chant.

Au niveau du style, on vous retrouve dans une musique technique, mais tout de même accessible. Comment définiriez-vous le style le Lokurah ?

On a simplifié en « Metal Moderne », car on considère qu’il y a vraiment des éléments modernes dans notre musique, sans faire dans le Djent ou ces styles là. D’après les retours que l’on a, il y a quand même une patte Hardcore qui reste. Peut-être que notre particularité réside dans le fait qu’on se focalise principalement sur les riffs. Pour moi, ça reste la base d’un morceau et du Heavy Metal. On peut construire des ambiances à partir de nappes, mais la base de cette musique, ça reste le riff. On a travaillé sur des refrains, en composant des riffs là-dessus. On est moderne, mais on reste tout de même bien ancrés dans certaines racines.

« Peut-être que notre particularité réside dans le fait qu’on se focalise principalement sur les riffs. Pour moi, ça reste la base d’un morceau et du Heavy Metal. »

Tu étais en quête d’un son de guitare particulier pour cet album ?

Moi, je travaille beaucoup avec le 5150, c’est mon ampli préféré. Je fais aussi des profils perso’ avec le Kemper, que je commercialise. C’est ce que je faisais principalement lorsque le groupe avait moins d’actualité. J’avais le temps de faire ça. Il y a une grosse partie des guitares qui a été réampée. C’est-à-dire qu’on prend le signal pur de la guitare et qu’on le repasse dans des amplis, dans des studios à l’autre bout du monde. Ça a été fait, en partie, par Fredrik Nordström du Studio Fredman. Et le hasard a fait qu’il était sur le même ampli que moi. Le son est beaucoup plus large et contient un grain super accrocheur que j’adore. Moi, je recherchais cette attaque là. Et le hasard a fait qu’on est tombés exactement sur ce que je voulais, sur ce que j’adorais.

Distorted Truth, ça parle de quoi globalement ?

Tous les titres sont indépendants les uns des autres. Disons que pour les textes, ça a été moitié/moitié entre Alexandre, notre chanteur arrivé en cours de route, et moi. Il y avait des paroles, déjà écrites avant qu’il n’arrive, qu’il s’est donc appropriées.

Je peux te parler des paroles que j’ai écrites, comme celle de « Broken Times » qui parle des enfants de parents séparés qui connaissent des situations compliquées. On essaie de se mettre à leur place et de voir ce qu’ils ressentent, quand il y a des liens familiaux qui sont compliqués. Dans un style plus léger, on y retrouve le morceau « Copyrighted 666 », sur lequel je me lâche un peu plus. Après, il y a un morceau anti-religion, « Faith Versus Reason » que j’ai co-écrit avec Alexandre. On y donne un avis un peu personnel sur la question. Dans la même veine, il y a le morceau « Intolerant » qui parle de ces gens cultivent une sorte de complicité avec les intégristes religieux, malgré les catastrophes.

Alexandre est donc au chant depuis 2018. Comment l’avez-vous rencontré ?

Par le biais d’une annonce via Zikinf. On s’est vu en répétition pour faire un test sur quelques morceaux, puis nous avons bossé ensemble. Voilà. Il habite la région parisienne pour l’instant. On a beaucoup bossé ensemble. Il y avait au départ pas mal de points à améliorer, mais il s’est toujours montré très volontaire. En fait, quand tu composes son niveau actuel avec celui qu’il avait avant, clairement, ça n’a plus rien à voir. Il a appris énormément de choses. Il a su mettre la barre beaucoup plus haut pour s’intégrer dans le groupe.

Quel est votre plan désormais pour défendre Distorted Truth ? Donner le plus de concerts possible j’imagine…

Bah écoute, c’est toujours en discussion. C’est toujours assez compliqué pour des groupes qui sont un peu entre deux comme nous qui ne jouent pas gratuitement. L’entre-deux est toujours un peu difficile. Pour nous, le live est notre priorité. On a vraiment envie de bouger pour ça. Après, de mon coté, je continue d’enregistrer des vidéos dans lesquelles je reproduis des plans de guitare. Je trouve ça intéressant de rentrer dans un morceau et de le détailler sur des partitions en vidéo.


Lokurah, c’est :

Florian Ménard : Basse

Alexandre Gelliot : Chant

Pierre-Jean Toty : Guitare, Backing-vocals

Aurélien Ouzoulias : Batterie

Discographie :

When the End Comes (2008)

The Time to Do Better (2012)

Distorted Truth (2022)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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