C’est avec un peu d’appréhension que nous nous rendons à The Black Lab le 21 avril dernier. Certes, nous apprécions le Jazz Metal d’Imperial Triumphant, la musique stellaire et lourde de Decline of the I et la musique distordue de Fange, mais les trois groupes, aussi excellents soient-ils, ont dû faire sans les Ukrainiens de White Ward, retenu au pays. La soirée – organisée par Cerbère Coryphée – est tout de même maintenue et a tout de même réussi à intéresser les fans et autres curieux, et la rédaction d’Heretik Magazine.

Par Axl Meu


Découvert en 2019 dans le cadre du Tyrant Fest, Decline of the I – le projet de AK (The Order of Appollyon, Merrimack…) -, lance les hostilités avec la volonté de plonger la salle dans un mal-être existentiel. Les morceaux interprétés – souvent tirés de Johannes – sont épaulés par un show visuel et accompagnés par des extraits de film en fond. Parfait pour engager le dépaysement des amateurs de musique sombre… Naturellement, le groupe déroule sa partition sans discontinuer, ce qui nous a permis d’être transporté par les lourdes mélodies insufflées par le combo. Une très belle entrée en matière. On continue avec Fange, habitué des Hauts-de-France, sa dernière performance nordiste remontant au 15 octobre 2021. La formule n’a pas changé depuis le dernier passage du groupe. Portée par une boite à rythme mécanique, la musique des Parisiens est vicieuse et engage la méditation cathartique des spectateurs, parfois médusés face à l’instabilité dont font preuve les protagonistes. C’est lourd, poisseux, et surtout imprévisible. Fange nous a régalés ce soir et a prouvé qu’il était une nouvelle figure sur qui compter dans les prochaines années !

On arrive donc à Imperial Triumphant qui – rappelons-le – a donné son tout premier concert français dans le cadre du Tyrant Fest en novembre 2019. Depuis, il y a eu la pandémie, certes, mais cela n’a pas empêché les Américains de s’installer durablement dans notre conscience musicale collective en sortant deux nouveaux albums, Alphaville (2020) et Spirit Of Ecstasy (2022). Aujourd’hui, les fans sont venus en nombre expérimenter le Jazz / Black Metal cinématique des Américains, fortement inspirés par le film Metropolis de Fritz Lang. Présentée comme une bande-originale, la musique des New Yorkais – à l’accoutrement mystique – est à la fois classe et mystérieuse, mais aussi instable (en apparence). Parfois, on pense à Deathspell Omega pour le côté « dissonant », parfois à Voivod (et d’ailleurs, les Américains n’ont jamais caché leur fascination pour le combo canadien)… En tout cas, on ne pourra pas reprocher à Imperial Triumphant d’avoir manqué d’élégance ce soir. Les voir sabrer le champagne en plein concert, c’est tout simplement la classe. Voir l’un de ses membres briser le quatrième mur pour aller à la rencontre du public, aussi. Bref, on n’y comprend pas grand chose, tout ce que l’on peut vous dire à l’heure actuelle, c’est qu’aux termes de cette nouvelle performance – archi-complète – marquée du sceau de l’agilité et de la noblesse d’esprit -, les trois jazzmen d’Imperial Triumphant ont confirmé leur statut de référence moderne de la scène Jazz-Black Metal. 

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Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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