HRTKro – Sur les platines de la rédaction #40

Régulièrement, la rédaction d’Heretik Magazine vous donne rendez-vous sur ses platines et passe en revue ses dernières écoutes ! Plus connu, moins connu, plus vieux, moins vieux, une chose est sûre, tout le monde y passera ! 

Par la rédaction


BEYOND THE STYX 

SENTENCE 

Hardcore

WTF Records

Si la scène Hardcore est régulièrement associée à New York, la France n’a pas à rougir face à la concurrence américaine ! Nous aussi avons nos groupes à nous ! La preuve avec Beyond The Styx, dernièrement auteur de son troisième opus, Sentence. Et puisqu’il n’est pas question de changer une formule qui gagne, les Tourangeaux – qui ont connu quelques changements de line-up ces dernières années – ont tenu à écrire un opus puissant, répondant aux sacrosaintes règles du genre : c’est du Hardcore classique qui te décolle la mâchoire en mode « illico-presto » (l’opus dure à peine 30 minutes !) Et pourtant, malgré sa brièveté, il nous a été possible d’y répéter quelques bons morceaux de bravoure (comme « Cyclops » qui voit Vincent de The Butcher’s Rodeo pousser la gueulante !). Bref, autant vous dire que la rédaction a hâte de les retrouver à La Brat Cave (Lille) le 14 mai prochain ! Avis aux amateurs !

 Axl Meu

CROWBAR 

ZERO AND BELOW 

Sludge Metal

MNRK Heavy

Avec trente ans de carrière et onze albums au compteur, un premier constat s’impose, Crowbar impose le respect de part cette longévité et des skeuds pour la plupart de haute volée. Avec abnégation et foi, le combo continue dans le qualitatif car avec les onze titres de Zero and Below, c’est tout l’univers de Crowbar qui vous explose en pleine figure. « Chemical Godz », le premier single, avait déjà titillé nos esgourdes en attente depuis de long mois de cette nouvelle sortie. L’album est massif, « rappeux » et son atmosphère glauque nous entoure dès les premiers instants. La bande de Kirk Windstein, dont la voix passée au papier de verre fait encore mouche, s’époumone et mène la danse tambour battant. La lourdeur de chaque titre est magnifiée par le travail de Duane Simoneaux qui s’évertue à mettre en avant l’efficacité des titres et l’évidence des riffs. Si vous avez des yeux de Chimène pour Old Fellow Rest et la discographie du combo situé entre 90/2000 alors ce Zero and Below est plus que fait pour vous, il vous est indispensable.

Fred

LUNAR TOMBFIELD

THE ETERNAL HARVEST

Black Metal

Les Acteurs de l’Ombre Productions

The Eternal Harvest marque le point de départ de la discographie de Lunar Tombfield. Signé chez Les Acteurs de l’Ombre Productions, M. et Äzh tous deux membres du groupe de Death Metal Defenestration changent complètement de registre ! Les deux multi-instrumentistes nous dévoilent ici un Black Metal atmosphérique contemplatif, presque onirique. Même avec des chansons d’environ 12 minutes, le temps passe vite. Les musiciens savent jongler entre passages plus rapides et plus lents. Cela révèle une parfaite harmonie et un équilibre constant entre chaque chanson. Si l’album semble nous porter vers les cieux, il y réside toutefois une descente aux enfers. La chute de l’humanité, l’éternel recommencement des erreurs passées. Ces thèmes ne sont pas sans rappeler La Divine Comédie et la pochette de l’album, peinte par Denis Forka intitulée « Purgatory, Canto 32 », nous le rappelle aussi. L’album est un voyage, un opus à écouter d’une traite, un périple dans le néant.

Alan Dujardin

SUBTERRANEAN MASQUERADE

MOUNTAIN FEVER

Prog Metal

Sensory Records

Parler du groupe israélien Subterranean Masquerade nécessiterait plusieurs tomes dans la mesure où avoir près d’un quart de siècle donne de quoi bouffer. Enfin, presque. Quatre albums seulement avec ce ”Mountain Fever” qui débarque avec son artwork bigarré, affichant clairement ce côté psychédélique qui sied à la musique prog poussée à son extrême. Ici encore, c’est un voyage dans le Prog’ virtuose et les ambiances qui vont dans tous les sens. Ambiances orientales, petites ballades romantiques, rock plus agressif et Metal aux tendances presque Heavy, tout ce méli-mélo peut décontenancer, déstabiliser, désarçonner même mais il faut reconnaître la maîtrise que ce soit musical dans une créativité tapant quasi dans l’avant-garde comme dans le niveau vocal de Vidi Dolev qui assure seul tous les registres sans présenter de défaillances. Un album pour initié certes mais un bon album que ce ”Mountain Fever”.

Cédric Cambien

SYLVAINE

NOVA 

Blackgaze 

Season Of Mist 

Nova signe le retour et une forme de mue (de renaissance !) pour Sylvaine et sa créatrice Kathrine Shepard. Multi instrumentiste de grands talents, la Dame nous embarque dès « Nova », le morceau d’ouverture, dans une dimension sonore où les émotions envahissent l’espace. C’est une succession de mélodies éthérées, d’atmosphères gorgées de Dream Pop, de Black Atmo’ ou de Shoegaze inventif qui émane des sept titres de l’album. Kathrine Shepard nous livre des compositions tout en pudeur et d’une sincérité qui impose l’admiration. Avec sensibilité et force, chaque titre se fixe à votre âme comme autant d’invitations à un voyage introspectif et mystique. Nova explore tout ce que la musicienne à de sensibilité et de rage, en témoigne l’alternance de cette voix aux frontières de l’Heavenly Voice et de ce Scream Black furieux et habité. Nova est un pur joyau de poésie Rock. Sylvaine signe une œuvre délicate, authentique qui renvoie chacun à sa propre fragilité, à ses souffrances intimes. Nova est un acte de résilience d’une artiste qui pose courageusement son art en étendard de sa propre mélancolie et la sublime au travers de sa musique.

Fred

HRTKro – Sur les platines de la rédaction #39

Régulièrement, la rédaction d’Heretik Magazine vous donne rendez-vous sur ses platines et passe en revue ses dernières écoutes ! Plus connu, moins connu, plus vieux, moins vieux, une chose est sûre, tout le monde y passera ! 

Par la rédaction


DAGOBA

BY NIGHT

Metal Moderne 

Napalm Records

Même si, personnellement, By Night ne détrônera pas mon album préféré (What Hell Is About… et sa claque monumentale il y a plus de quinze ans resteront toujours chers à mon cœur), ne boudons pas notre plaisir face à cette nouvelle sortie des Marseillais. Reprenant les éléments récurrents des dernières sorties (notamment Black Nova), By Night va toutefois plus loin, en particulier avec le rôle de premier plan donné aux synthés et aux ambiances. L’univers du disque loue la nuit, alors (et logiquement) ce disque passe, dans ses décibels, des spotlights aux ruelles plus sombres. By Night est un album efficace, qui s’écoute facilement et qui jouit d’une production relativement imposante. Pour le léger bémol, on regrettera peut-être que la totalité du disque ne reste pas en tête une fois l’écoute terminée. Même si By Night a évidemment des titres forts et des hymnes (spécialement les singles “The Hunt” et “The Last Crossing”), Dagoba a pu parfois nous habituer à plus entêtants, sur Face The Colossus ou Post Mortem Nihil Est par exemple. Mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : By Night est un bon album qui montre qu’après plus de vingt ans de carrière, Dagoba cherche toujours à se renouveler. C’est d’ailleurs relativement facilement que By Night s’affirme comme une des sorties majeures du moment, que ce soit pour la scène française ou internationale.

Romain Richez

HANGMAN’S CHAIR 

A LONER

Doom 

Nuclear Blast

Hangman’s Chair ou le récit du groupe français qui monte, qui monte. Quatre ans après un magistral « Banlieue Triste » qui avait nourri une certaine hype autour du groupe, revoilà les Franciliens fraîchement signés chez le mastodonte Nuclear Blast avec un nouvel opus, « A Loner » qui ne va surtout pas ralentir la fulgurante ascension du combo emmené Cédric Toufouti et sa voix qui se magnifie album après album.  Toujours dans cette veine entre le rock, le metal atmosphérique et le doom, il n’est pas rare de voir son esprit sombrer à l’écoute des longues mélodies mais d’y trouver étrangement un sentiment aérien, salvateur au détour d’un titre comme « Storm Resounds » ou « Loner ». Beau, aérien, sombre, mélancolique : des années que Hangman’s Chair à ce genre de qualificatifs autour de leurs sorties. Ceci étant, chaque album va plus loin tout en gardant cette ligne conductrice qui fait de ce groupe un joyau rare. 

Cédric Cambien

OTARGOS

FLESHBORER DESTROYER 

Black Death 

Xenokorp

Doté d’une production en mode « mur du son », Fleshborer Destroyer, s’affirme comme la carte de visite incontournable de nos amis d’Otargos. Las des clichés du genre, d’album en album, le groupe s’est émancipé des thèmes récurrents du Black et avec Fleshborer Destroyer le combo enfonce le clou. Direct, violent, brutal et varié Fleshborer Destroyer assène trente-cinq minutes de Black Death rugueux, sombre et engagé. La rage qui émane des compositions confère au titre une frénésie quasi impitoyable. Conçu pour tout détruire, Fleshborer Destroyer annihile intégralement toute velléité de sortir du maelstrom dans lequel il nous plonge. Organiques et sensoriels, l’album est à prendre comme un tout, conceptualisé de façon à nous agripper dès l’intro sans jamais relâcher la pression mise sur nos sens. On reste sonnés par une telle débauche d’énergie et cette succession de skuds sonores. Fleshborer Destroyer s’appréhende comme une suite à Xeno Kao (2015), avec un soupçon de violence et de vitesse en plus. Le Black Death d’Otargos prend définitivement corps au travers de cet album. Les atmosphères sont bien là et le travail fait sur le son avec le Vamacara Studio fait mouche. Fleshborer Destroyer est la pièce musicale qu’Otargos peut être fier d’avoir engendrer. Un album dark, brillant et intelligent, qui assure définitivement au quatuor une place de choix dans le panthéon du genre, dans et hors de nos frontières .

Fred

PENSÉES NOCTURNES

DOUCE FANGE

Baroque Black Metal 

Les Acteurs De L’Ombre Productions

Pensées Nocturnes a toujours été ce genre de groupe qui gave ses compositions de toutes les influences possibles et imaginables telle une oie se fait défoncer le gosier avant Noël. Le processus peut sembler dégueulasse mais peut donner – en tout cas à ceux qui aiment ça – un met dont se repaissent même les plus fins de nos gourmets. C’est le cas ici avec « Douce Fange ». D’emblée on sait qu’on va plonger dans la Franchouille profonde avec ce que Pensées Nocturnes a toujours proposé : une explosion des genres, une tambouille qui peut se montrer infâme et indigeste mais se montre au final parfaitement au point, chaque ingrédient étant sous-pesé avec minutie. Que ce soit les influences (musette, black metal, jazz…), les instruments (accordéons, orgue, cuivres en pagaille) et les différents registres de voix de Léon Harcore, tout n’est qu’équilibre dangereux mais totalement maitrisé. Et même Maïté et Poelvoorde font dans le guest !

Cédric Cambien

VOIVOD

SYNCHRO ANARCHY 

Thrash Experimental 

Century Media

Voivod nous avait laissés avec The wake en 2018, un album d’une grande qualité ! Le combo revient avec Synchro Anarchy, LP à la hauteur de ce que l’on est en droit d’attendre des Québécois. Synchro Anarchy est sacrément trippant, d’une force créatrice jamais pris en défaut et surtout, Voivod conjugue peut-être sur ce skeud tout ce qui a fait la renommée et le charisme de son art. Le triumvirat Nothingface /Angel Rat /The Outers Limits avait en son temps défini une orientation artistique plus rock et mélodique. On retrouve cet aspect sur Synchro Anarchy, avec des refrains encore et toujours accrocheurs mais on note un évident retour aux ambiances anxiogènes teintées de futurisme malsain. Le riffing tortueux de titres comme « Planet Eaters » ou « Sleeves Off », nous renvoie à l’urgence « punk » et l’intensité rythmique des premiers albums. Synchro Anarchy permet à Voivod de rebondir sur son propre univers et de refondre sa musique. Le quatuor en redéfinit les contours et s’offre un autre souffle fait de fraicheur et de spontanéité. Les galères d’antan sont loin derrière, c’est un Voivod définitivement retrouvé qui s’affiche ici, livrant un album technique, racé, intelligent et qui les place encore un peu plus sur la voie de l’intemporalité.

Fred

HRTKro – Sur les platines de la rédaction #38

Régulièrement, la rédaction d’Heretik Magazine vous donne rendez-vous sur ses platines et passe en revue ses dernières écoutes ! Plus connu, moins connu, plus vieux, moins vieux, une chose est sûre, tout le monde y passera ! 

Par la rédaction


CORPUS DIAVOLIS

APOCATASTASE

Black Metal

Les Acteurs de L’Ombre Productions

Allumez les bougies et faites brûler votre encens : Corpus Diavolis nous est revenu avec la suite spirituelle d’Atra LumenApocatastase. Son avant dernier opus marquait déjà un tournant plus lourd et ritualistique pour le groupe, Apocatastase ne fait que confirmer cette volonté de créer un Black Metal cérémonial mêlant dévotion et luciférisme. Dans la lignée d’un Nightbringer tant pour la voix que la férocité des riffs et des trémolos suraigus, l’album nous transporte dans les méandres de l’Enfer. Dans un torrent de louanges démoniaque, la voix de Satan s’incarne à travers Daemonicreator et ses chants clairs (parfois assurés par Haine d’Antilife) installe cette atmosphère cléricale et religieuse. Rampant des abysses, Apocatastase nous fait passer du côté de la main gauche dans un Black Metal à la fois incandescent et Doom créant une œuvre grandiose. 

Alan Dujardin

DER WEG EINER FREIHEIT 

NOKTVURN

Post Black Metal

Season Of Mist

Dans son dégradé de violet, la musique oxymorique de Der Weg Einer Freiheit fait sens. Car c’est « Finisterre II », l’aube de l’album avec ses doux arpèges et ses mouvements de violons qui rayonnent. Mais ne vous méprenez pas ! Par-delà les apparences, « Monument » prend le temps d’ériger ses colonnes mélancoliques et menaçantes. Le ton est donné ! La prononciation juste de la basse ponce les guitares rugueuses, dont le son froid des trémolos nous donne à découvrir un Black Metal séraphique. « Immortal » accroît l’envergure stylistique de Noktvrn en le ponctuant de Pop. La construction réfléchie de l’album nous mènera jusqu’à « Haven ». Un titre solaire et éthéré qui côtoie les cieux, et qui conclut Noktvrn, dans un crépuscule d’émotions. Der Weg Einer Freiheit signe avec audace une pièce captivante. S’autoriser à surprendre dans un style si codifié est un risque. Les Allemands prennent celui-ci, Noktvrn relève le défi haut la main. 

Thomas Deffrasnes

SWALLOW THE SUN 

MOONFLOWERS

Doom Metal

Century Media 

Dernière grosse sortie de l’année 2021, Moonflowers a vite su trouver une place de choix sur notre étagère. Il faut dire que Juha Raivio (principal compositeur du groupe) a toujours su nous emporter dans son tourbillon mélancolique, et ce dernier méfait ne fait exception à la règle. Naturellement, Moonflowers suit le sentier ouvert par son prédécesseur, When a Shadow Is Forced Into Light. Régulièrement épaulé par des sections orchestrales (et ça commence par « Bloom In Misery »), l’ensemble alterne entre passages à fleur de peau (sensation qui trouve son apogée sur le superbe « All Hallows’ Grieve », sans doute grâce à l’apport de Cammie Gilbert) et autres plus rudes (« Keep Your Heart Safe from Me ») pour plus de contrastes. Alors que retenir de cet opus ? Toujours époustouflant dans ses arrangements, Swallow The Sun nous fait part de son état par le biais d’une fausse douceur. Elle n’est qu’un prétexte pour développer un sentiment de malaise et de compassion chez l’auditeur. 

Axl Meu

VOIDHRA

SORROW GUIDES US ALL

Black Metal

Crawling Chaos

La scène Black Metal underground est assaillie depuis plusieurs années par de nombreux groupes. Difficile alors de trouver la perle rare, et même simplement une sortie qui ne ressemble pas aux autres. Toutefois, il nous arrive parfois de trouver l’album qui nous correspond. Sorrow Guides Us All n’est que le début de l’ascension de Voidhra. Ici, un seul maître à bord sous le nom de Chris Horseblood. Mélomane confirmé, il propose une cohérence entre les morceaux créant un album mélodique et langoureux nous rappelant les plus grandes heures de la scène Black/Death mélodique scandinave (on pensera à Dissection). L’album, d’à peine quarante minutes, nous plonge dans un univers gothique avec en premier lieu sa cover, représentant un sinistre château surplombé d’une gigantesque lune s’accordant à merveille avec les compositions du groupe. Ces dernières, à la fois longues et répétitives, permettent de bien cerner le moindre détail et de prendre plaisir à se laisser balader dans cette morne cavale. Accessible même aux non-initiés du genre, Sorrow Guides Us All est le sublime enchevêtrement d’un Black Metal « seconde vague » saupoudré de modernité. Autant dire que nous avons grande hâte de les voir sur nos terres !

Alan Dujardin

WIEGEDOOD

THERE’S ALWAYS BLOOD AT THE END OF THE ROAD

Black Metal

Century Media

There’s Always Blood at the End of the Road; c’est le portrait au vitriol du dernier Wiegedood. Car si la route se termine dans le sang, elle commence pourtant bien dans un macabre étouffement. C’est un album face auquel on ne peut rester de marbre : à la fois dérangeant et douloureux, il fait office de virage pour les Belges de la Chruch Of Ra.  Une approche nouvelle de leur art, qui n’est pas sans rappeler la schizophrénie de Médico Peste. Dans un son froid et toujours plus incisif, des riffs déséquilibrés nous amènent dans les crevasses les plus viscérales de notre âme. La structure est souvent la même ; une phrase musicale évolue par agrégats d’éléments tantôt musicaux, tantôt vocaux. Avec notamment du chant Tibétain sur « Now Will Always Be ». « Wade », sera notre unique moment de répit dans ce tumulte. Car rappelons-le ; Wiegedood est le terme hollandais qui désigne la mort subite du nourrisson. Le travail d’orfèvre mené sur les compositions fait de cet album le plus abouti et le plus étoffé du groupe.  

Thomas Deffrasnes

HRTKro – Sur les platines de la rédaction #37

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Par la rédaction


AORLHAC

PIERRES BRULÉES

Black Metal

Les Acteurs de l’Ombre Productions

Nous y sommes. Après la fin de la trilogie des Vents, il y a quatre ans, Aorlhac revient avec son nouveau mastodonte nommé Pierres Brûlées. Mieux que quiconque, le groupe nous transporte au cœur des paysages du Cantal comme on ne les avait jamais vus. Riche d’une production qui sert à merveille le propos de l’album, Pierres Brûlées promet aussi de belles surprises pour le live. Aorlhac parvient à se réinventer tout en gardant les éléments qui font son charme : des riffs épiques, un chant viscéral et une mélancolie qui a toujours été inhérente au groupe, plus prononcé sur cet opus notamment avec « Nos hameaux désespérés » et « Nos âmes aux mornes idées ». Deux titres intéressants, car prenant le contre-pied d’un album qui se veut brûlant et incisif. Déjà confirmés avec La Cité des Vents, les Auvergnats enfoncent le clou avec Pierre Brûlées toujours aussi inspiré par leur région ! Je te salue, âpre Cité du Vent !

Alan Dujardin

ABORTED

Maniacult

Death/Grind

Century Media

Le Terrorvision d’Aborted (2018) avait ouvert une brèche dans le style du groupe. Ce dernier amenant dans le sillage de son Brutal Death-Grind des variations atmosphériques que Maniacult, leur nouvel opus, perpétue avec force et conviction. « Verderf », l’introduction tout en lourdeur donne le ton. Avec « Maniacult » et « Impetus Odi » la sanction tombe. Aborted a décidé de placer la barre très haut, le carnage est annoncé. Les climats oppressants, violents et radicaux font honneur à la réputation du combo. « A Vulgare Guadmire » synthétise sûrement la quintessence et le concept de l’album, égrenant autant la vibe « Old-School » d’Aborted que sa représentation plus contemporaine avec le gros travail fournit afin optimiser les contrastes d’énergies et de climats. Avec un son massif et ultra précis, la production est un régal. Par Olofsson avec une illustration alléchante séduit l’œil, le climat Lovecraftien qui en découle colle parfaitement aux émois musicaux distillés par les dix titres de Maniacult (on pense au Re-Animator mis en image par Stuart Gordon). Aborted s’étoffe et nous revient avec un album qui ne souffre d’aucune faiblesse. Le quatuor en a sous le coude et sa flamme Death/Grind/Black brûle, intacte, aux fonds de ses entrailles. On prend le tout et on en redemande !

Fred

CRADLE OF FILTH

EXISTENCE IS FUTILE

Black Gothique

Nuclear Blast

D’un concept basé sur l’existentialisme et la nature intrinsèque de l’humain est né Existence is Futile, le dernier Cradle of Filth en date. La force Gothique des atmosphères et le goût pour les habillages symphoniques transpirent l’album, dépassant les intentions du légendaire Dusk…and Her Embrace, le tonitruant Godspeed On The Devil’s Thunder ou même l’excellent Cruelty and the Beast dans la maîtrise de cet univers Black aux multiples facettes.  Cryptoriana – The Seductiveness Of Decay… augurait déjà du très bon quant aux capacités créatrices d’un line-up stabilisé et enthousiaste, mais ici avec Existence is Futile un seul mot revient, Chef-d’œuvre. Génial, audacieux, charismatique, varié, Existence Is Futile s’appuie sur un flot d’émotions permanente, alimentant avec brio et minutie cette épopée horrifique. Les guitares s’embrasent sur chaque titre et touche l’âme de plein fouet, la rythmique pose en permanence un climat entre obscurité et lumière. Les claviers, les chœurs d’Anabelle Iratni en réponse aux différentes approches vocales de Dani Filth mettent en exergue la force évocatrice et mélodique de l’album. Et comme si l’ambiance globale de l’album n’était pas assez marquée, la voix glaçante de Doug Bradley (Pinhead-Hellraiser) perpétue l’effroi dans « Suffer Our Dominion » et le titre bonus « Sisters of The Mist ». Le Black symphonique de Cradle Of Filth trouve ici son apogée. L’album est tout bonnement la pièce maitresse de la discographie du groupe.

Fred

DESTINITY

IN CONTINUUM

Death Metal Mélodique

Crimson Productions

La scène Metal est pleine de surprises et de rebondissements. Pourtant adopté par les fans de No Return, Mick Caesare a pris tout le monde de court en annonçant le retour de Destinity dans un premier temps, puis son départ de No Return après sept années de bons et loyaux services. Désormais, il lui fallait un album pour conforter le retour de Destinity. Voilà In Continuum, un opus de Death Metal chiadé regorgeant de morceaux qui prennent aux tripes (on pensera d’abord à « Reject The Deceit »). Bien sûr, le style oblige, on n’est jamais très loin du meilleur de Dark Tranquillity et d’Insomnium… Mais pas question de singer qui que ce soit : In Continuum souligne les aptitudes d’une troupe – aucunement remaniée – qui a su évoluer et nous proposer un contenu mature à l’image de ce qu’elle a toujours été : professionnelle. Bref, il ne fait aucun doute que l’album fera l’unanimité, si ce n’est pas déjà le cas.

Axl Meu

EXISTANCE

WOLF ATTACK

Heavy Metal

Blood Blast Records

Existance fait partie des formations que l’on a vu évoluer au fil des années, aussi bien sur scène que sur album. Un seul mot d’ordre chez eux : « Heavy Metal first ! », leur vraie passion, quoi ! Et ça se sent à l’écoute de cette nouvelle galette (particulièrement attendue, Wolf Attack est leur premier opus en cinq ans !) : elle dresse le portrait d’une formation en voie de professionnalisation qui a mis les moyens pour faire le plus bel effet sur ses fans. Et ça commence déjà par cette superbe pochette signée par Mario Lopez et ça continue avec ces morceaux taillés pour les stades (« Rock’n’Roll », « You Gotta Rock It ») qui, jamais, ne trahissent ni les origines du style (Judas Priest n’est jamais très loin), ni celles du groupe. Encore une preuve à ça ? La superbe reprise de H-Bomb (« Gwendoline ») et la ballade « Tears Of Fire », écrite en hommage à Didier Izard, le père de Julian, chanteur/guitariste du groupe. Un bel hommage pour un superbe album de Heavy Metal « revival ».

Axl Meu

HRTKro – Sur les platines de la rédaction #36

Régulièrement, la rédaction d’Heretik Magazine vous donne rendez-vous sur ses platines et passe en revue ses dernières écoutes ! Plus connu, moins connu, plus vieux, moins vieux, une chose est sûre, tout le monde y passera ! 

Par la rédaction


ALIEN WEAPONRY 

TANGAROA

Groove Metal

Napalm Records

Peu de formations peuvent se targuer d’enchaîner les tournées mondiales au bout de deux albums. Et pourtant, Alien Weaponry est l’une d’elles. Repérée sur les routes d’Europe en 2018 (aux MetalDays pour ce qui nous concerne), la jeune formation de Groove Metal Neo-Zélandaise aura su marquer les esprits grâce à cette identité tribale et sa culture maorie qu’elle est fière de revendiquer. Tangaroa, référence directe à la divinité des mers maorie, plonge l’auditeur dans un ensemble « groovy » à souhait et mature qui se place entre énergie et émotivité. D’ailleurs, il suffit juste de poser une oreille attentive sur les bombes sonores de « Ahi Kā » et « Hatupatu » et les très personnels « Unforgiving » et « Dad » pour se rendre compte que les jeunes Neo-Zélandais ont pris du galon ces dernières années… Tangaroa est une belle réussite. Maintenant, il reste à voir si ce fameux succès s’inscrira dans la durée. On croise les doigts, même si pour le moment, ça semble plutôt bien parti !

Axl Meu

ARAN ANGMAR

BLACK COSMIC ELEMENTS

Black Metal 

Indépendant

Aran Angmar émerge du néant en furie avec son premier album Black Cosmic Elements. L’opus de 7 titres enchaîne blast-beat, passages acoustiques, ligne de guitares épiques et tout cela en seulement trente minutes. Pourtant, il n’en faut pas plus, on ne se lasse jamais des titres, et c’est avec plaisir que l’on se les réécoute. Lord Abagor (DunkelNacht, Saille), Michiel Van Der Plicht (Pestilence, Carach Angren) et Maahes nous offrent un Black Metal teinté d’un chant Death Metal, qui ne fera qu’évoluer tout au long de l’album. Comme si l’imposant démon de la cover, réalisé par Nestor Avalos (Rotting Christ, Blut aus Nord…), gagnait en puissance au fil des chansons. La guitare acoustique, efficace, redonne une note d’espoir dans la noirceur. Le seigneur des Nazgûl frappe fort pour son premier méfait.

Alan Dujardin

CARCASS 

TORN ARTERIES 

Death / Grind 

Nuclear Blast 

Depuis Heartwork (1993), Carcass s’emploie à développer son style, son jeu et sans les renier, s’émancipe de ses racines Grind. Ce nouvel album, Torn Arteries, perpétue la mutation. Carcass s’amuse des styles et innove encore, tout en cohérence, force et fluidité. Le titre « Devil Rides Out » séduit, « In God We Trust », « Dance of Ixtab » et « Kelly’s Meat Emporium » fédèrent par leur « groove » accrocheur. L’album dans son intégralité fourmille de riffs et d’idées de qualité, de rupture de rythme et de mélodies racées dans un univers allant du Death et Heavy. Carcass considère chaque album comme une pièce unique loin des « redites » confortables, continuant dans ses choix et ce son qui le caractérise si bien, plus clair mais sans rien perdre de sa puissance. Les options de production et l’approche globale du très appréciable EP Despicable (2020) se confirment. Débarrassé de toute forme de linéarité pataude et d’un quelconque carcan stylistique, Carcass propose avec Torn Arteries un album charismatique, enthousiasmant qui se révèle être un must à chaque écoute. Clair, net et précis ce nouvel album s’impose par la force intrinsèque de ses titres.

Fred

DEAFHEAVEN 

INFINITE GRANITE

Shoegaze 

Sargent House 

Même après avoir renversé les habitudes du Black Metal, Deafheaven continue de nous surprendre. Black Brick pouvait nous orienter sur une direction plus orientée Black / Death Metal. Que nenni, amateurs de Shoegaze vous êtes les bienvenus : laissez-vous porter par le chant clair de George Clarke. Infinite Granite sens bon l’été, et aurait dû vous accompagner sur les routes des vacances, mais à la place il ferra sortir à la nostalgie des mois passés. Néanmoins les Américains restent déroutants, car bien éloigné de ce pourquoi on les connaît. Bien plus ambiant, aérien, pur et calme, il se démarque. On y revient avec plaisir, le beau temps se fait sentir, et les solos de guitare sont toujours aussi efficaces. On ne peut pas s’empêcher de penser au riffing, dont on a l’habitude et aux cris déchirants. Mais en attendant, on applaudit fort les risques pris artistiquement, car c’est aussi ça Deafheaven.

Matthis Van der Meulen

THE NIGHT FLIGHT ORCHESTRA

AEROMANTIC II 

Rock

Nuclear Blast

The Night Flight Orchestra avait, hélas, comme beaucoup, fait paraître son dernier album quelques semaines avant la pandémie. Pas de bol ! Et pourtant, il en faut pour décourager Björn « Speed » Strid et David Andersson, tous deux membres de Soilwork, qui semblent bien attachés à ce projet. Après Aeromantic, l’équipage nous revient donc avec Aeromantic II qui, naturellement, s’inscrit dans la continuité de son ainé. Dans cet ensemble « AOR » très Pop, il n’est question que de « groove » et de charisme sur fond de romantisme « cheesy ». Parfait pour s’envoyer en l’air ! Il faut dire que les morceaux sont particulièrement accrocheurs (les rythmiques, mais surtout les refrains) et qu’ils ont été tous écrits à la manière d’un hit que l’on surprend d’écouter en boucle en cachette, surtout « I Will Try », le très dansant « You Belong To The Night » et « Change » que l’on vous propose de découvrir ci-dessous. Une véritable bouffée d’oxygène ! 

Axl Meu

HRTKro – Sur les platines de la rédaction #35

Régulièrement, la rédaction d’Heretik Magazine vous donne rendez-vous sur ses platines et passe en revue ses dernières écoutes ! Plus connu, moins connu, plus vieux, moins vieux, une chose est sûre, tout le monde y passera ! 

Par la rédaction


AMENRA

DE DOORN 

Post Black Metal / Doom

Relapse Records

Amenra sort de sa traditionnelle nomination des Mass, pour nous proposer De Doorn, qui même dès sa pochette nous sort des habitudes que nous aurions pu prendre avec le groupe. Cela nous prépare à quelques libertés que le groupe pourra prendre tout le long de l’album, notamment avec des pistes parfois bien plus ambiantes, sans chant. Ou même la participation d’un autre chant qui est celui de Caro Tanghe (chanteuse d’Oathbreaker entre autres). Si sa massivité est remarquable, De Doorn est moins simple d’accès que le reste de la discographie. Pour preuve l’étrange découpage des morceaux, qui est presque à prendre comme un album d’Hypno5e tant il peut nous amener tout et son contraire en 10 minutes. Il est toutefois possible qu’il révèle tout son potentiel en live, comme cela arrive souvent avec les Belges. À parcourir d’une traite comme un conte macabre, mystérieux et pesant. Avec son dictionnaire franco-flamand.

Matthis Van Der Meulen 

FRACTAL UNIVERSE 

THE IMPASSABLE UNIVERSE 

Prog / Technical Death Metal

Metal Blade Records

Un troisième opus pour Fractal Universe, et une nouvelle étape de franchie pour ces techniciens de la musique ! Voici The Impassable Universe que l’on pourrait décrire comme un opus philosophique (il aborde le rapport complexe qui existe entre l’Homme et la Mort), mais surtout subtil dans sa complexité ! Toujours à mi-chemin entre Obscura, Opeth et Rivers Of Nihil (à cause de son « saxo », notamment sur « Black Sails of Melancholia »), Fractal Universe a, le temps de 10 morceaux originaux, joué sur la nuance en alternant passages au chant clair / growl, parties de batterie agressives (« Autopoiesis »…), puis jazzy… Bref, en plaçant une nouvelle fois la nuance au centre de son propos, les Lorrains ont tout simplement prouvé qu’ils ne souhaitaient pas faire « dans la technique juste pour faire dans la technique », mais tout simplement faire passer un somptueux message à base de philosophie existentielle. On a adoré ! 

Axl Meu    

HELLOWEEN 

HELLOWEEN

Power Metal 

Nuclear Blast

Fini les conflits d’ego, l’époque de la réunification entamée avec la tournée Pumpkins United s’enracine pour un nouvel album intitulé Helloween. Un Line-up dantesque pour un nouveau départ ? Espérons-le, en tout cas, c’est un coup de maître que le combo allemand nous envoie dans les oreilles. Prenez le meilleur de Walls Of Jericho, des Keeper of The Seven Keys Pt. 1 et 2, agrémentez le tout de belles références, instrumentales et vocales, aux aînés (Judas Priest, Iron Maiden, Accept…) et vous avez dans les mains un album qui tournera en boucle. Cet album est une tuerie ! Un maelström créatif qui replace Helloween sur la plus haute marche des combo Power Metal. Les titres ne connaissent aucun temps mort, le trio de guitariste rivalise d’adresse, d’inventivité et de fougue. Le trio de chanteurs (Andi Deris, Michael Kiske, Kai Hansen…) trouve parfaitement sa place, chacun amenant son grain et permettant au combo de donner un relief indécent et jouissif à ses compos. Le single « Skyfall » avait annoncé la couleur et cet Helloween va en laisser plus d’un sur le carreau, le sourire aux lèvres et la nuque douloureuse.

Fred

OVERDRIVERS

ROCK OUT ! (EP) 

Hard Rock

ROAR! Rock Of Angels Records

C’est principalement pour faire patienter leurs fans que les furieux d’Overdrivers ont fait paraître leur nouvel EP, Rock Out!. Néanmoins, pas question pour les nordistes de leur servir un produit tiède. Au contraire. Toujours dans l’optique de proposer des produits aboutis (il n’y a qu’à consulter les derniers clips qu’ils ont réalisés pour le constater), ils ont, cette fois-ci, fait appel au généreux Fred Duquesne (Mass Hysteria) qui s’est affairé à donner plus de relief aux trois nouvelles compositions du groupe (« You Cheated on Me », « Factory », « Foverer Young ») toujours imprégnées de cette « vibe » australienne qu’on lui connait. Bref, Overdrivers, même pendant cette période incertaine, a trouvé un beau moyen de sortir la tête de l’eau. Et tout cela s’est fait en musique, bien évidemment. Hâte de les retrouver sur scène et de festoyer ! Peut-être en août prochain ? En septembre prochain ? Seul l’avenir nous le dira ! 

Axl Meu

PARADISE LOST

AT THE MILL

Gothic Metal

Nuclear Blast

Paradise Lost reprendra la route avec Moonspell en 2022, mais d’ici là, les fans du groupe pourront se préparer à cette tournée avec un nouveau live des gars d’Halifax. Live At the Mill est la captation audio et vidéo assurée par Paradise Lost dans une usine désaffectée pendant le live-stream du 5 novembre 2020. En seize titres, le combo anglais revisite sa discographie avec des titres emblématiques et quelques titres de leur excellent dernier album en date, Obsidian, une première pour l’album sorti en mai 2020 et privé de promo ! On notera « Gothic », « Darker Thoughts », « Beneath Broken Earth » et « As I Die » dans la liste des grandes réussites de ce live. Aux manettes de ce « skeud » on retrouve Ash Pears, réalisateur des clips de Medusa et d’Obsidian… Le mix est confié à Les Smithet le mastering Jaime Gomez Allerano (Moonspell, Sólstafir) autant dire que le quintette s’est bien entouré. At The Mill respire l’authenticité avec certes des petits instants de flottement, mais l’émotion et la force du combo en live n’est jamais pris en défaut. À savourer sans limite !

Fred

HRTKro – Sur les platines de la rédaction #34

Régulièrement, la rédaction d’Heretik Magazine vous donne rendez-vous sur ses platines et passe en revue ses dernières écoutes ! Plus connu, moins connu, plus vieux, moins vieux, une chose est sûre, tout le monde y passera ! 

Par la rédaction


BORGNE 

TEMPS MORTS

Black Indus’

Les Acteurs de l’Ombre Productions

Nouvelle cuvée pour la formation suisse Borgne. C’est Temps Morts, un opus qui renouvelle une fois les intentions macabres de Bornyhake, auteur de cet ensemble de mélodies oppressantes, toujours à mi-chemin entre le Metal Industriel et le Black Metal expérimental. Ce qui en fait une œuvre assez complexe à appréhender aux premiers abords, surtout que la bête est généreuse (une heure et quart d’atmosphères étouffantes). Et pourtant, Temps Morts saura se faire apprécier, tout simplement car il est rythmé par de gros moments (à l’instar de « L’Écho De Mon Mal », hymne au désespoir et « Where The Crown Is Hidden », hymne post-apocalyptique) et qu’il est extrêmement bien produit, un atout majeur qui nous permet de comprendre finalement ce qui se joue sur l’album : les programmes ne font pas de l’ombre aux autres instruments. Bref, Borgne, pour son dixième album, ne déçoit pas. L’immersion est juste totale.

Axl Meu

GO AHEAD AND DIE 

GO AHEAD AND DIE 

Groove / Thrash / Death 

Nuclear Blast 

Que font un père et son fils lorsqu’ils trouvent le temps long ? Ils font tout simplement de la musique. Enfin, c’est le cas pour la famille Cavalera (une famille pas comme les autres, assurément !). Monté en plein confinement par Max Cavalera et son fils, Igor « Amadeus » Cavalera, puis rejoint par Zach Coleman à la batterie, Go Ahead And Die, c’est tout simplement la promesse de se faire tarder la g***** en mode « Cavalera’s Style ». Du moins, c’est le cas avec ce tout premier album paru tout dernièrement. En qualité de fans de Discharge et de Celtic Frost, la formation n’a pas eu peur de reprendre les gimmicks des groupes qu’ils adorent et d’en faire un bon gros mélange (ça ressent surtout sur « Isolated Desolated » qui sonne comme en l’an 1987 !). Et ça fait du bien, surtout que la production, reste très honnête, dans un esprit « old-school » (il faut dire que le mixage a été réalisé par Arthur Rizk) ! Une belle petite claque pour bien commencer la saison estivale ! Et de une ! 

Axl Meu

NÉFASTES

SCUMANITY

Black Metal

Source Atone Records

Lorsque deux ex-membres originels de Benighted (Liem N’Guyen et Olivier Gabriel) décident de retrouver leur ami Julien Truchan, ile ne peuvent s’empêcher de créer ensemble. S’est donc dessiné très rapidement Néfastes, combo de Black Metal radical et malsain. Sans temps mort, Scumanity annihile toute démarche hésitante. L’album « bastonne » d’emblée et sur la durée, les climats oppressants, militants et radicaux se fédèrent sur des titres comme « Progéniture Décadente » ou « Make Apocalypse Great Again ». Une aversion constante pour le genre humain coule des textes, c’est violent, rapide et pourtant extrêmement détaillé dans le son, un plus certain pour un impact total. L’intensité d’un Marduk n’est d’ailleurs pas très loin et les racines du Black sont honorées tout au long des huit titres. Source Atone Records ne s’y est pas trompé en signant rapidement le groupe, conscient du potentiel du skeud. Scumanity, telle une attaque au napalm ne laisse rien derrière lui si ce n’est ce constat probant d’une société en perdition. Néfastes 1 – Humanité 0 !

Fred

SETH

LA MORSURE DU CHRIST

Black Metal 

Season Of Mist

Dans le brasier de Notre Dame de Paris dansent les gargouilles. Seth joue cet hymne incandescent, écho au tournant de notre époque : où l’esprit toujours plus rationnel s’émancipe des croyances. La Morsure du Christ se présente comme la suite logique des Blessures de l’Âme. À travers ses textes, Saint-Vincent rend hommage à la langue de Baudelaire, mais aussi au poète lui-même. « Les Litanies De Satan » ne sont pas une inspiration nouvelle dans le Black Metal. En revanche, les auditeurs attentifs sauront que « Les Océans Du Vide » tirent leur essence d' »Obsession ». La musique épique de Seth, propulsée par les claviers de Pierre le Pape, nous emmène au plus près de la couronne d’épines, mais aussi dans les années 90. Et bien que la production soit ici de très bonne facture, l’approche et le propos nous rappelle cette époque, vécue pour certains et fantasmée pour d’autres, où le Black Metal noircissait les charpentes d’églises, et les esprits. 

Thomas Deffrasnes 

THE VINTAGE CARAVAN

MONUMENTS

Hard Rock 

Napalm Records

Le trio islandais est de retour pour un cinquième album, qui vient apporter un vent de fraîcheur à une musique aux sonorités pourtant bien rétros. The Vintage Caravan nous transporte sur des chemins bordés de notes 70’s, mais vallonnés de couleurs musicales innovantes. Ce bariolage séduit, tant par ses influences « old school » (Led Zeppelin, Jimi Hendrix), que par ses rythmes psychédéliques qui n’invitent qu’à groover. Monuments a su éviter le carcan de l’imitation pour au contraire proposer une réelle patte artistique prête à renouveler le genre. L’entrain caractérise ce patchwork de morceaux dansants et techniques, mais le groupe propose également une ballade (« This One’s for you ») ainsi qu’une sublime conclusion aérienne à l’album (« Clarity »). Monuments est un concentré de bonne humeur à ne pas louper.

Laurine Beuret

HRTKro – Sur les platines de la rédaction #33

Chaque semaine, la rédaction d’Heretik Magazine vous donne rendez-vous sur ses platines et passe en revue ses dernières écoutes ! Plus connu, moins connu, plus vieux, moins vieux, une chose est sûre, tout le monde y passera ! 

Par la rédaction


BAEST 

NECRO SAPIENS

Century Media  

Death Metal 

Comment ne pas être bluffé par les progrès accomplis par des Danois de Baest, déjà de retour avec un troisième album en… trois ans ?! Une productivité qui semblerait porter ses fruits ! En effet, aujourd’hui, Baest et son Death Metal rampant commencent tout doucement, mais sûrement, à s’installer dans les mémoires collectives des fans, et c’est mérité. En effet, ce troisième opus – plus tourné vers la Science-Fiction – combine tout ce qui se fait de mieux en matière de Death Metal avec un gros riffing bien visqueux, un groove et un chant « à la Morbid Angel », des explosions ici et là, des tempos riches, des ambiances apocalyptiques et dystopiques et une production soignée (à la fois old-school et moderne). Bref, Necro Sapiens ne changera sans doute la face du Death Metal, mais reste tout de même un album très efficace. Et c’est tout ce qui compte aujourd’hui ! 

Axl Meu

EVILE 

HELL UNLEASHED 

Napalm Records 

Thrash Metal 

C’est l’heure du gros parpaing dans la tronche ! Ce petit cadeau raffiné nous vient d’Angleterre, des gars d’Evile plus précisément. Vous voulez du Thrash pur jus, un soupçon de Death « made-in-Florida » et des effluves de Speed canadien ? Alors ce « skeud » est pour vous ! Aiguisé comme jamais, immortalisant le passage d’Ol Drake à la guitare ET au chant (remplaçant alors son frère), Hell Unleashed est une tornade auditive permanente de quarante minutes intenses et sans compromis. Finies les galères, Evile semble avoir enfin de quoi pérenniser sa musique avec un line-up remanié et des compositions plus sauvages les unes que les autres. Preuve avec l’appui avec ces uppercuts sonores que représentent « Hell Unleashed », « War of Attrition » ou le plus nuancé « Zombie Apocalypse » (reprise de Mortician). Bref ça riff à tout va avec un seul objectif : ne laisser aucun temps mort. Servi par une production de grande qualité, ce Hell Unleashed ne demande qu’une chose, pouvoir déverser sa grande qualité et sa hargne « on stage ».

Fred 

EVANESCENCE 

THE BITTER TRUTH 

Sony BMG Music Entertainment 

Metal Symphonique 

The Bitter Truth, la nouvelle sortie d’Evanescence déboule, marquant les 26 ans de carrière du groupe. Melting-pot de bon goût, The Bitter Truth est taillé pour la scène et avec « The Game is Over », « Broken Pieces Shine » on comprend vite que l’album sera un condensé de riffs tranchants, de refrains ultra-efficaces magnifiés par la voix unique d’Amy Lee, en perpétuel équilibre entre douceur mélancolique et rage contenue. La frontwoman fait évoluer ses lignes de chant dans un patchwork stylistique rafraichissant. L’album recèle quelques surprises, notamment les subtiles incartades dans l’univers Rock d’un Muse sur « Yeah Right » ou Electro avec « Feeding The Dark » ou le classieux « Wasted on You ». Un album efficace, subtilement nuancé dans le fond et la forme. The Bitter Truth s’émancipe tranquillement des codes établis sur les opus précédents. Indéniablement marqué par l’âme d’Amy Lee, The Bitter Truth est un retour aux affaires gagnants pour Evanescence.

Fred

GOJIRA 

FORTITUDE 

RoadRunner Records 

Metal 

Il est des albums qui génèrent l’emballement général avant même leur sortie dans les bacs : Fortitude est l’un d’eux. Mais quand il s’agit d’en parler avec franchise, c’est une autre histoire, surtout quand la formation en question n’a cessé de diviser depuis qu’elle s’est ouverte au monde. Alors que penser de la septième cuvée de Gojira, déjà encensée sur la toile à peine digérée ? Disons tout simplement que l’album suit la progression du groupe déjà entamée sur Magma, tant sur les choix de production que sur les thématiques abordées, à savoir l’écologie, sujet de prédilection du groupe depuis ses débuts. C’est dans cette optique que les Français installés aux États-Unis ont conçu Fortitude : un album de Rock « groovy » engagé, riche en couleurs locales tribales (« Amazonia », « The Chant »…), tout public (chant clair, chœurs, mid-tempo), bien plus mélodique qu’à l’accoutumée, qui saura pourtant trouver sa place dans le répertoire scénique du groupe. Aujourd’hui, même en pleine pandémie, Gojira a sorti un bon album qui saura éveiller les consciences et pérenniser son ascension. Et rien que pour ça, ils méritent nos hommages. 

Axl Meu

NATURE MORTE 

MESSE BASSE 

Source Atone Records 

Post-Black Metal 

Trois amis de longue date décident de jouer ensemble. Regarder furtivement par-dessus la banquette et observer par la lunette arrière la route défiler, le chemin parcouru. C’est ce que propose Nature Morte à travers son deuxième album, Messe Basse, ou comment jouer la carte de la nostalgie… Il est vrai que ce mélange de Black Metal et de Shoegaze évolutif nous amène à des états de conscience lointains. La frontière entre le rêve et le souvenir devient alors poreuse. L’artwork souligne cette idée : une empreinte de vie où trois générations se côtoient. Et tel un cliché à l’argentique, Messe Basse fige le temps. Durant presque cinquante minutes, la voix déchirée de Chris Richard nuance les guitares mélodiques et fougueuses. Nature Morte ne renouvelle pas le style, mais l’élargit et l’initie à de nouvelles perspectives. Messe Basse est réussi en tout point et fait la promesse d’une invitation au voyage vers le soi d’antan. 

Thomas

https://www.youtube.com/watch?v=EmsBC9pNDQU

HRTKro – Sur les Platines de la rédaction #32

Chaque semaine, la rédaction d’Heretik Magazine vous donne rendez-vous sur ses platines et passe en revue ses dernières écoutes ! Plus connu, moins connu, plus vieux, moins vieux, une chose est sûre, tout le monde y passera ! 

Par la rédaction


ACID MAMMOTH

CARAVAN

Doom / Sludge / Psych Metal

Heavy Psych Sounds

Acid Mammoth est une histoire de famille et de potes d’enfance biberonné aux Black Sabbath, Electric Wizard & co. La référence de ces illustres ainés plane autour du combo Grec et si vous aimez le Doom planant, charismatique et efficace alors cet album est pour vous. Le chant de Chris Babalis Jr. tient vraiment de celui d’Ozzy (en moins torturé…), mais ce dernier nous emmène aussi vers Thomas Jäger et l’univers massif de Monolord. L’ensemble de l’album n’est jamais bien loin du Doom originel, cependant, Acid Mammoth se sort de cette filiation avec une approche plus en détail des mélodies et une volonté d’éclairer ses compositions d’ambiances atmosphériques presque Space Rock quand arrive « Caravan ». L’album dépasse du coup le cadre strict du Doom des précédents opus. Caravan ravit nos esgourdes avides de pattern hypnotique et caverneux, de fuzz omniprésent et de trip lancinant. Caravan se doit de rencontrer le succès qu’il mérite !

Fred

BODOM AFTER MIDNIGHT 

PAINT THE SKY WITH BLOOD

Death Mélodique 

Napalm Records

Quinze minutes pour nous dire adieu. Il n’en fallait pas plus à Alexi Laiho. Le Finlandais démontre une dernière fois sa virtuosité. On retrouve dans cet EP tout ce qui faisait la force de Children Of Bodom; une musique violente, mais harmonisée par des mélodies accrocheuses et des soli emphatiques. Et bien que la formation soit aussi prometteuse qu’éphémère, Bodom After Midnight nous aura appris une chose : COBHC s’incarnait en la seule personne d’Alexi Laiho. Le cachet ne ment pas ! « Paint The Sky With Blood » démarre avec une approche surprenante, presque Black Metal. En effet, bien que l’album ait un parfum de Children Of Bodom, il ne donne pour autant pas le sentiment de « déjà-vu ». Cette frange Black Metal s’acquiesce aussi dans le dénouement de l’album avec une cover de « Where Dead Angels Lie », initialement signée par Dissection. La signature vocale du frontman retentira une dernière fois, comme un écho de nostalgie en nous. Comme sur les rivages du Lac de Bodom, Alexi Laiho aura tenu un soir de décembre la main de celle qu’il aura dépeinte toute sa vie.

Thomas Deffrasnes

BRUIT ≤

THE MACHINE IS BURNING AND NOW EVERYONE KNOWS IT COULD HAPPEN AGAIN

Post Rock / Musique Atmosphérique 

Elusive Sound / Medication Time Records

Quatre morceaux et beaucoup d’émotions : c’est ce qu’il nous faut retenir du premier album – au titre presque imprononçable pour les non-initiés – des alchimistes de Bruit ≤. Élaborées par un panel de musiciens (et compositeurs) aguerris, les quatre pistes instrumentales de The Machine Is Burning and Now Everyone Knows It Could Happen Again convient leurs auditeurs à un festin onirique où se côtoient tout un tas d’esthétiques : Doomgaze, Post-Rock, musique ambiante, électronique et classique pour un résultat hypnotisant, et surprenant. Il faut dire que l’ensemble, construit à la manière d’une bande originale de film, est particulièrement imprévisible (et progressif). Exemple parmi tant d’autres, les délicates sections de violoncelle de « Renaissance » qui se transforment rapidement en un mur de son dont l’efficacité n’est pas à prouver… Bref, un ensemble tout à fait remarquable. On a adoré. 

Axl Meu 

CANNIBAL CORPSE 

VIOLENCE UNIMAGINED

Death Metal

Metal Blade 

Cannibal Corpse, c’est un Death pur et brut, qui au fil de ses 33 années d’existence et de ses quinze albums a su se renouveler sans cesse, sans pour autant décevoir les fans de la première heure. Et ce nouveau bébé ne déroge pas à la règle. Violence Unimagined est, comme son nom l’indique, un condensé de violence. Pas d’intro torturée à la Butchered At Birth ou à la A Skeletal Domain. Ici, le groupe nous rentre dans le lard (sans mauvais jeu de mots) dès la première seconde avec l’impressionnant « Murderous Rampage ». L’album ne respire jamais. Alternant entre blast effrénés et morceaux plus groovy, on remarquera quand même l’arrivée de plus de parties plus mélodiques qu’à l’habituée. Sans doute dû à l’arrivée d’Erik Rutan (ex-Morbid Angel, Hate Eternal) à la guitare. Au final, comme seule déception, une pochette plutôt fade comparée aux chef d’œuvres auxquels le groupe nous avait habitués.  

Baldric Auvray

CREEPING FEAR

HATEGOD TRIUMPH

Death Metal

Dolorem Records

Creeping Fear est loin d’être la douceur ou la subtilité incarnée. À vrai dire, c’est d’ailleurs plutôt l’inverse : du Death Metal, brut de décoffrage, direct, sans détours et relativement gras. Mon tympan avait découvert Creeping Fear avec Onward To Apocalypse en 2017, autant dire que l’annonce de la sortie de ce nouvel et second album des Franciliens m’a fait le plus grand effet et que, inévitablement, j’en attendais beaucoup. Alors verdict post-écoute(s) ? “Boom”. Hategod Triumph reprend les éléments de son grand frère, à l’exception près qu’il les pousse à l’extrême. La chose blaste, brise des nuques et se veut certainement plus graisseuse qu’une briquette de saindoux. Cerise déposée sur la double-pédales : Hategod Triumph est plus sombre, plus féroce qu’Onward To Apocalypse. Le rendu en devient presque abyssal, et Creeping Fear n’a plus rien à envier à des formations telles que Carnation. En somme, c’est relativement sans mal qu’Hategod Triumph s’affirme comme l’un des gros pavés death de ce début d’année (notamment aux côtés du dernier Baest) ! 

Romain Richez

HRTKro – Sur les platines de la rédaction #31

Chaque semaine, la rédaction d’Heretik Magazine vous donne rendez-vous sur ses platines et passe en revue ses dernières écoutes ! Plus connu, moins connu, plus vieux, moins vieux, une chose est sûre, tout le monde y passera ! 

Par la rédaction


ARCHITECTS

FOR THOSE THAT WISH TO EXIST 

Metalcore 

Epitath Records

Le voile se lève sur un neuvième album attendu, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Architects n’a pas fini de nous surprendre. For Those That Wish To Exist interpelle de par sa richesse musicale, toutes ses fibres respirant des influences musicales diverses dont le groupe s’est profondément nourri. Les thématiques chères au groupe telles que l’écologie, le rapport à la vie et à la mort déjà présentes dans Holy Hell sont sublimées par des passages tantôt électroniques, tantôt orchestraux. Le virage est opéré tout en finesse, et s’il permet l’émergence d’une nouvelle identité du groupe, il ne renie en aucun cas ses racines, qui sont au contraire renforcées. Véritable claque auditive, For Those That Wish To Exist dépasse les codes établis du Metalcore et les réinvente avec brio. Les choix de feat. apportent un réel plus au tout (Winston McCall de Parkway Drive, Mike Kerr de Royal Blood, et Simon Neil de Biffy Clyro) dénotant encore une fois de la capacité de choix judicieux du groupe. L’album se termine en apothéose avec le sublime « Dying is Absolutely Safe », dont les mélodies poignantes ne suggèrent qu’à en redemander plus.

Laurine Beuret

BLÒР

SERPENT 

Doom 

Malpermesita Records

Formation montée de toutes pièces pour Anna et Ulrich Wegrich en 2018, Blóð n’a pas attendu la fin de la pandémie pour accoucher de Serpent, son deuxième opus. S’inscrivant dans la lignée de son prédécesseur, l’album est une invitation à l’introspection de ses géniteurs : son univers est profond, malsain, lourd, et surtout étouffant, particulièrement sur « Blood »… Et ce n’est pas les vocalises plaintives d’Anna qui nous feront mentir. Elle qui a délaissé la basse pour mieux se concentrer sur son chant est parvenue, une nouvelle fois, à faire mouche sur une musique « Doom » qui se veut particulièrement actuelle (y voyez ici une sorte de Wolvennest 2.0., bien que l’ensemble soit relativement plus agressif, instru’ et voix confondus) et riche. Y voyez ici quelques apports d’Indus’ ici et là, de Doom classique (bien sûr), et de Metal atmosphérique et psyché’… Bref, Serpent est un album qui fera sans doute mouche lors de vos prochaines soirées occultes et se doit d’être écouté comme il se doit si l’on veut y apprécier toute sa profondeur ! 

Axl Meu

FUATH 

II 

Black Metal Atmos’

Season Of Mist 

Un second chapitre qui nous évoque les beautés hivernales d’outre-Manche, et son mysticisme. Voilà ce que nous donne à découvrir Andy Marshall (Saor) avec le nouveau méfait de Fuath. Mais ne vous y trompez pas. Mais ne vous y trompez pas ! Derrière cette poésie romantique, réside une noirceur mystérieuse. Fuath, qui signifie « Haine » en gaélique, propose un Black Metal atmosphérique aux riffs accrocheurs et parfois dansant (« Essence »). La dualité entre les pistes à la fois aériennes et sombres confère le sentiment d’un brouillard glacial qui nous étreint durant 41 minutes. Et bien que vaporeux, ce deuxième tome se veut bien produit, ce qui pourrait malheureusement ôter un certain charme. Outre ce fait, l’album ne tombe pas dans les torts de la répétition grâce à la batterie déléguée à Carlos Vivas. La myriade de rythmiques relance toujours les pistes fleuves dans une énergie nouvelle. Andy Marshall démontre ici une vraie maîtrise de la musique et des code Black Metal atmosphérique, dont il signe sa musique d’un cachet tout à fait personnel. 

Thomas Deffrasnes 

NIGHTFALL

AT NIGHT WE PREY

Symphonic Death Metal

Season Of Mist

Outre toutes les saloperies que 2021 nous a déjà apportées, l’année post-2020 nous amène aussi son lot de réjouissances. La dernière en date ? Le retour de Nightfall ! Considéré comme l’un des grands de la trinité hellénique aux côtés de Rotting Christ et de SepticFlesh, Nightfall n’a jamais toutefois connu l’aura prêtée à ces deux pairs (et de façon assez curieuse d’ailleurs). Quoi qu’il en soit, huit ans après un Cassiopeia se reposant pas mal sur les bases de Astron Black and the Thirty Tyrants (2011), Efthimis Karadimas rameute sa troupe et nous propose At Night We Prey. Dix titres, quarante-six minutes et certainement l’un des albums les plus efficaces (voire accessibles) de Nightfall. Vite oublié les détours Doom voire “Electro” et Heavy de certains de ses prédécesseurs, At Night We Prey s’arme d’un death metal aux ambiances à la fois mystiques et gothiques. Il suffit de lancer le disque et de se laisser happer par le triptyque « She Loved the Twilight », « Killing Moon » et « Darkness Forever » pour comprendre là où Nightfall veut en venir : mettre les petits plats dans les grands pour livrer un album d’un très bon cru qui, bien plus que de simplement acter le retour du groupe, vient relancer la formation dans la course au trône grec. Alors qu’en conclure ? Que la nuit tombe et qu’il est grand temps de prier en récitant les psaumes de cet album. 

Romain Richez

MEMORIAM 

TO THE END 

Death Metal

Reaper Entertainment 

Le retour de Memoriam se fait dans la continuité de ses productions précédentes, à savoir un Death originel et radical. Cependant la mélancolie et le désenchantement des titres comme « As My Heart Grows Cold », « Each Step (One Closer To The Grave) » sont des odes aux productions de Paradise Lost ou My Dying Bride : une option qui donnera le ton à un album aux atmosphères pesantes. Les riffs font bloc, trouvant sans encombre une place dans ces ambiances sépulcrales. Memoriam, avec quelques accélérations de tempo – comme sur le très martial « Mass Psychosis » ou le très Slayerien « Onwards Into Battle » – étoffe son catalogue émotionnel, mais le postulat étouffant de l’album reste intact. Le chant de Karl Willets en perpétuelle recherche de rupture émotionnelle complète ce travail de sape donnant à To The End sa substance finale. La science musicale de Memoriam n’est plus à démontrer. Memoriam décline sa musique autour d’un Death au « groove » redoutable et s’ancre avec To The End dans un univers aride fait de désolation et de renoncement.

Fred

HRTKro – Sur les platines de la rédaction #30

Chaque semaine, la rédaction d’Heretik Magazine vous donne rendez-vous sur ses platines et passe en revue ses dernières écoutes ! Plus connu, moins connu, plus vieux, moins vieux, une chose est sûre, tout le monde y passera ! 

Par la rédaction


BREAKHEAD

ALLEGIANCE TO MATERIALITY

Thrash/ Deathcore

M & O Music

L’évolution du combo calaisien est palpable au premier coup d’oeil. Fini le logo aux traits droits, Breakhead, c’est aussi du Death, et il faut le montrer. Et autant le dire d’emblée. Allegiance To Materiality est radicalement différent par rapport à Neurasthenia (2017). Pour en attester, l’intro de « Downloading » qui nous plonge directement dans ce nouvel univers : la technologie est présente – omniprésente même – et elle ne nous veut pas que du bien. Les titres s’enchaînent sans repos, le riffing bien plus Deathcore – qui plaira à certains et qui en rebutera d’autres – est porté comme il faut par la voix de Loïc. Ce dont il nous faut souligner, Car, en moins de quatre ans, sa technique a évolué, et il le fait savoir ! On regrettera malgré tout le manque d’un ou deux morceaux forts, laissant l’album s’écouter sans pleinement nous surprendre.

Baldric Auvray

ENFORCED 

KILL GRID 

Crossover Thrash/Death

Century Media 

Récemment signé par Century Media, Enforced nous revient avec la promesse de fracturer encore plus de crânes qu’à l’accoutumée avec Kill Grid, son deuxième opus ! Il faut dire que les gars de Richmond ne sont pas du genre à enfiler des perles. Plus tournée vers de Death Metal qu’At The Walls, cette nouvelle fournée condense tout ce que l’on aime dans ce genre d’album : puissance, gros riffs, énergie « live » signée Arthur Rizk (Power Trip…) et une musique à mi-chemin entre Slayer, Power Trip et Benediction (« Malignance » et « Hemmorrhage » en sont deux exemples frappants). Bref, une musique bien corrosive qu’il nous tarde d’apprécier une scène, car c’est là-même que tout se joue, surtout quand on évolue dans ce style ! 

Axl Meu

EPICA 

OMEGA

Metal Symphonique

Nuclear Blast 

Epica a eu raison de délaisser la dimension fantaisiste de ses premiers albums et de se concentrer sur des thématiques plus philosophiques. Cela leur aura permis  de rafraîchir leur formule. Et bien que son artwork représente un labyrinthe, Omega reste très lisible et accessible. Les chœurs entêtants d’« Abyss Of Time » (et notamment ceux constitués d’enfants sur « The Skeleton Key) nous portent à travers des émotions cyclopéennes et intenses. Une formalité pour Epica qui reste tout de même dans sa zone de confort. Toujours est-il que les orchestrations (enregistrés par l’Orchestre philharmonique de Prague) dignes de musique de cinéma, et le mariage des voix de Mark Jansen et Simone Simons nous procurent le sentiment que l’album se déploie majestueusement tel un paon. À noter également une touche orientale avec « Seal Of Salomon » ou encore « Code Of Life » qui fera son plus bel effet. En bref, Omega est un album d’une qualité exemplaire qui saura contenter aussi bien les fans avertis que les novices. 

Thomas Deffrasnes

MOONSPELL 

HERMITAGE 

Gothic Metal

Napalm Records 

Moonspell est de retour avec Hermitage, son treizième album. Habitués à surprendre, les Portugais ne quittent guère ce chemin pour nous proposer un album où s’entrecroisent Metal Gothique, Rock Prog, Blues-Rock. Que dire de la production si ce n’est qu’elle est, à elle seule, un atout majeur de cet album ? Hermitage est marqué par la fraîcheur des années 70 sans sonner « passéiste ». Au contraire ! Quel formidable travail fourni par Jaime Gomez Arellano (Paradise Lost, Ghost…) qui a offert un équilibre de son parfait pour un album qui a su s’émanciper ! Moonspell décline avec Hermitage un concept audacieux où la mélodie, la finesse des arrangements renforcent chaque titre. Un incontournable dans la discographie des Portugais.

Fred

WOLVENNEST 

TEMPLE 

Doom / Psyche

Ván Records

Après Void, après Vortex (EP), Wolvennest revient sur le devant de l’autel avec un nouveau recueil de psaumes : c’est Temple. Toujours aussi énigmatiques et puissants dans leur approche, ces prédicateurs d’un nouveau genre ont signé là un album qui saura résister à l’épreuve du temps tant ses mélodies et ses ambiances engagent la meilleure immersion possible dans l’univers « occulte » de ses géniteurs. Il faut dire que chaque moment – engagé par les guitares écrasantes du brelan guitaristisque (Corvus Von Burtle, Michel Kirby, Marc « Mongolito » DeBacker), puis completé par ses claviers mystiques et le souffle abracadabrantesque de Shazzula Vultura – convie l’auditeur à un long voyage vers « l’inconnu » dès « Mantra » juqu’au final étouffant de « Souffle de Mort », un long voyage dont il nous faut prendre le temps pour apprécier ses moindres détails. À bon entendeur.

Axl Meu