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AEPHANEMER + SORCIÈRES + LES BÂTARDS DU ROI (The Black Lab - Wasquehal)

il y a 1 jour
4 min de lecture

Il y a des soirées qui peuvent paraître surprenantes en raison de la diversité des styles proposés. Imaginez voir, au cours d’une même soirée, du black metal mélodique, du black-folk et du death metal symphonique… C’est précisément ce qu’a vécu le public du Black Lab de Wasquehal le 26 septembre dernier.

Par Flavien Minne / Photos : Meli Vas

On commence avec les sociétaires du label Les Acteurs De L’Ombre, actuellement en pleine ascension : Les Bâtards Du Roi. Toujours sur leur petit nuage depuis leur passage au Hellfest, les désormais quatre musiciens continuent de tourner après la sortie de leur deuxième album, Les Chemins De L’Exil. Ils viennent également promouvoir Ici Meurt Ma Joie, un EP trois titres dont la sortie est prévue la semaine suivante, le 2 octobre.

Régicide, au centre, Aéni et Barron, le nouveau bassiste, tous deux postés au pied des vitraux installés côté cour et côté jardin, ainsi que Daemonicus, prêt à battre ses fûts, lancent le titre éponyme de l’EP après une introduction chevaleresque. Le nouveau morceau reçoit un accueil particulièrement chaleureux. Les trois guitaristes s’amusent à changer de place et à se livrer à de véritables battles de cordes en face-à-face. Barron adopte une attitude bien à lui, dansant tout en balançant ses jambes et en frottant frénétiquement ses cordes. Le deuxième album est largement représenté. Quelques accords annoncent « Le Chevalier Au Corbeau ». Entre deux strophes, le chanteur tire la langue en scrutant le public à travers les trous de sa cagoule de jute, tandis qu’Aéni vient l’épauler pendant le refrain épique. Le rythme s’accélère avec « L’Âme Sans Repos » et « Vers L’Étoile Solitaire ». Puis vient la demi-surprise de voir Diffamie, la sorcière des Houillères, monter sur scène pour « Et La Nuit S’Eternise ». Suivent « Les Bâtards Du Roi », seul représentant du premier album, puis « Sous La Couronne De L’Eternité », idéal pour conclure le set. Les quatre fils illégitimes se réunissent, s’agrippent et saluent avant une large distribution de sticks et de médiators à un public conquis et acquis.



Autre ambiance, mais tout aussi plaisante avec Sorcières. Le sextet lillois a sorti, le 30 avril dernier, un deuxième album, La Nuit Des Temps, sous l’égide de L’Ordalie Noire, et vient ce soir le mettre à l’épreuve devant un Black Lab plein à craquer. L’introduction à la guitare douce et au violon de Marie retentit avant cette cavalcade dans la forêt qu’est « La Croisée ». La puissance de la voix de Pierre-Alain fait vibrer les enceintes. Puis les guitares presque orientalisantes de Thibaut et Pierre prennent le relais, sous les ordres du tambour-major Benoît, pendant « Havrenoir », qui prend véritablement aux tripes. Si Aram Khatchatourian a créé « La Danse du Sabre », Sorcières lance ici la danse du violon avec « Hantée » et son rythme tsigane, idéal pour le live. Dans le public, tout le monde danse et saute. « Il fait chaud ici, ou c’est moi ? » lance P-A derrière son micro orné de bois de cerf. Oui, c’est vrai : la chaleur dans le pit devient presque suffocante. Puis vient « Cavalière des Ronces », première incursion dans le premier album, Empoisonné, paru en 2021. Le morceau se fait plus sombre, avec de bons gros riffs, mais se révèle surtout terriblement efficace. « Terre Maudite » remet un peu de lumière sur scène, même si la voix du chanteur s’enfonce encore un peu plus dans la lourdeur à chaque syllabe. « Ordalie », second titre du premier album présenté ce soir, commence par une avalanche de notes qui s’intensifie, emportant tout sur son passage. « La Nuit Des Temps » parachève ce concert de Sorcières, absolument génial. Le public répond présent en acclamant le groupe et en dévalisant son stand de merchandising.



Une petite pause s’impose avant qu’Aephanemer — contraction d’« éphémère » et de « fané » — ne monte sur scène sur l’introduction très classique de « Echos d’Un Monde Perdu ». Les Toulousains, fers de lance actuels du death metal symphonique et menés par Marion Bascoul, viennent défendre leur dernier album, Utopie, sorti il y a un an. Le groupe parcourt depuis les routes de France et d’Europe, passant notamment par Varsovie, Cologne, Londres, Cracovie, Manchester et Paris, avant de terminer ce périple ce soir à Wasquehal.

C’est tout naturellement avec « Le Cimetière Marin » que le combo entame sa setlist. Plus tard, « La Règle Du Jeu » et « Contrepoint » viennent représenter le dernier opus. Tous les albums sont finalement mis à l’honneur, avec notamment « Le Radeau de la Méduse » issu de A Dream Of Wilderness (2019), « The Sovereign » de Prokopton, ainsi que « The Call Of The Wild », tiré du tout premier Memento Mori, paru il y a déjà dix ans. La combinaison du growl de Marion avec les sonorités classiques, les longues parties instrumentales, l’élégance du groupe et de ses compositions, ainsi que cette dimension symphonique à la Therion des années 2000, qui apporte parfois un petit air désuet, font mouche.


Le public plébiscite Aephanemer, et à très juste titre. Entre l’énergie des Bâtards Du Roi, la poésie de Sorcières et les ritournelles électriques d’Aephanemer, tout le monde en aura eu pour son compte. L’éclectisme métallique a plus que bien fonctionné et, une fois encore, ce fut une très belle soirée passée au Black Lab.

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