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GOROD

Partis d’un Tech Death brutal il y a plus de 20 ans, Gorod a évolué vers un Death Prog à la pointe de la modernité, que The Ember Gone, huitième album qui parait ce 28 août, reflète à merveille. Nous avons rencontré Nico, l’un des deux guitaristes du groupe, pour évoquer le nouvel opus et le contexte climatique particulier dans lequel il sort (les membres du groupe et leurs familles ayant été fortement impactés par les incendies survenus en Gironde cet été). 

Par Fred VDP

Comment expliques-tu l’évolution de plus en plus Prog chez Gorod ? 

J’ai intégré Gorod à 16 ans et, déjà à l’époque, il y avait du Tech Death assez groovy dans leur musique. Puis, au fur et à mesure, le groupe a évolué vers un style plus Prog. On n'a pas été forcé et ça n’est pas un effet marketing, c’est assez naturel. Il y a une nette évolution avec plusieurs horizons musicaux, qui existaient déjà sur les albums précédents, mais cette fois on a poussé davantage le travail vers le haut.

 

Quel est le schéma artistique de cet album ?

Depuis le début c'est Matt qui compose, qui a les idées et qui nous envoie les maquettes. Pour cet album il ne voulait pas trop se répéter, tout en gardant ses gimmicks. Il a écouté beaucoup de musique du monde, notamment de la musique africaine. Puis il y a l'idée de casser les codes, en mettant un peu moins de blast et en ralentissant les tempi. Karol (batterie) a également suivi ce schéma. Il s'est donné du mal pour trouver des patterns qu'il ne joue pas d’habitude. Matt a aussi travaillé sur l’évolution de son chant : il y a du chant clair, du chant parlé, du growl. Mais je pense que n'importe quel fan de la première heure retrouvera quand même la touche Gorod.

 

La thématique de la chaleur et du feu résonne tristement avec l'actualité. D'où vient cette idée et comment les textes ont-ils été écrits ?

 Tout est parti des incendies qui se sont produits aux Etats-Unis il y a quelques années, ainsi que dans les Landes en 1982. Tout comme dans notre région cet été, de gros incendies ont ravagé pas mal d'hectares. Sauf que cette année c'est pire, et nous ne savions pas encore qu’un drame d’une telle ampleur allait nous toucher d’aussi près. Sans tomber dans l'écologie punitive et moralisatrice, l'impact que l'homme a eu sur la nature, notamment les incendies, nous a inspiré. On a fait des photos pour l'album à la Dune du Pilat où tu vois des milliards de troncs d'arbres noircis à perte de vue. C'est déprimant.


"Le 15 septembre, après quelques concerts en Angleterre, on aura besoin de vous pour nous réchauffer. Parce qu’en Angleterre, c'est toujours un peu compliqué, les conditions sont particulières, ils ont des attentes spécifiques plus grandes que chez nous. Donc Lille, après Londres, c'est parfait, ce sera un plaisir d’y jouer et de vous rencontrer !"


Certains titres de The Ember God, je pense à « Crimson » et « Regret », ont un côté jazz fusion, proche de ce que font Pat Metheny, Jean-Marie Ecay ou Sixun dans les années 80. En lien avec ces influences, comment travaillez-vous vos échanges et vos dialogues musicaux ?

J'ai toujours kiffé ces inspirations Jazz Fusion chez Gorod. Matt est très fan de Chick Corea. Dans le dernier morceau de Perfect Absolution, c'est un thème de Chick Corea. On aime un peu tout niveau guitare. Je suis fan de Guthrie Govan, Pat Metheny et Larry Carlton, des guitaristes de Jazz. Mais je le suis surtout de  Matt, il est très fort, c’est énervant (rires). Il n’y a évidemment aucune concurrence entre nous, il n'y a pas de magie opérée, il n'y a pas d'éthique, c'est assez fluide. Parfois j’entends un solo à tel endroit, alors j’ai la liberté de m’exprimer à ma guise. Pareil pour Matt. Parfois en soirée ou après les concerts, il y a de nouvelles idées qui surgissent. On parle plus souvent de musique comme ça, après les concerts. C'est ce qui fait l'essence d'un groupe finalement. Et moins tu te prends la tête, plus ça fonctionne. Concernant « Regret », Matt voulait casser les codes. On ne peut pas faire tout le temps la même chose. Le blast et les trucs qui vont vite, on sait le faire. Alors, inclure des passages plus Folk sur certains titres nous met aussi un peu en danger, mais on aime ça.


Est-ce que tu considères Gorod comme un groupe de virtuoses ? 

Ça dépend à quelle heure (rires). Non, parce que ce serait déjà ultra prétentieux de le dire. Et puis on essaie de jouer notre musique du mieux possible. On est conscient qu'il faut un certain niveau technique, mais on ne se prend pas la tête. On ne se prend pas au sérieux. C’est vrai qu’il y a aussi certains titres plus difficiles à jouer en live parce que la version studio est complexe. En studio, on joue une partie, elle se boucle pendant qu'on en rejoue une autre. Il y a pas mal de titres où il y a beaucoup de pistes de guitare afin d’obtenir l'effet voulu. C'est une question qu'on se pose : qu'est-ce qu'on va jouer comme morceau d'album, qu'est-ce qui est faisable pour que l’on ne se sente pas trop à poil sur scène et qu'on ne soit pas ridicule ?

 

Vous avez entamé une nouvelle tournée qui passera par The Black Lab le 15 septembre. A quoi devons-nous nous attendre ?

Le problème est lié à ta question précédente car les morceaux de The Ember Gone sont plus longs, et il faut les adapter à la setlist. Il faut que l'on détermine encore le nombre de morceaux et faire des choix. Je suis sûr qu'on va rejouer un titre comme « Disavow Your God », parce que le public l’attend. Mais on doit pouvoir aussi faire la synthèse entre les vieux titres et les nouveaux.  Le 15 septembre, après quelques concerts en Angleterre, on aura besoin de vous pour nous réchauffer. Parce qu’en Angleterre, c'est toujours un peu compliqué, les conditions sont particulières, ils ont des attentes spécifiques plus grandes que chez nous. Donc Lille, après Londres, c'est parfait, ce sera un plaisir d’y jouer et de vous rencontrer !

GOROD

ORIGINE : Bordeaux

LINE-UP : Julien Deyres (chant), Mathieu Pascal (guitare), Nicolas Alberny (guitare), Benoît Claus (basse), Karol Diers (batterie)



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