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GOROD + ALLEGAEON + HALYSIS (The Black Lab - Wasquehal)

il y a 10 minutes
3 min de lecture

Gorod est devenu, en quelques années, l’un des fers de lance de la scène Metal française. Et la sortie de The Ember Gone, huitième offrande de la formation bordelaise, n’a fait que confirmer tout le bien que l’on pensait d’eux. Alors c’est avec un enthousiasme non mesuré que nous nous sommes rendus à The Black Lab le 15 septembre dernier, afin d’assister à une prestation pleine de force et d’envie de la part de Gorod, mais aussi des américains de Allegaeon et des finlandais de Halysis, pour une soirée techniquement raffinée.

Par Fred VDP / Photos : Moris DC

The Black Lab est loin d’être rempli ce soir mais parfois la qualité vaut mieux que la quantité. C’est donc avec une aisance relative que nous accueillons Halysis, jeune formation originaire de Lahti en Finlande, qui propose une musique qui mélange Death Mélodique et Metalcore. Auteur d’un EP sorti en mai dernier, Halysis va le jouer quasi intégralement, laissant de côté la partie la plus Death de sa courte discographie. Dommage car la prestation des finlandais s’essouffle rapidement et nous laisse quelque peu sur notre faim, malgré une belle énergie déployée de la part du quintette. Le set aura au moins permis de satisfaire les amateurs de Metalcore, style vers lequel semble avoir totalement dévié Halysis.


 

Initialement prévu en tête d’affiche, c’est finalement en deuxième position que Allegaeon jouera ce soir. Emmenée par l’intenable Ezra Haynes au chant, la formation américaine va retourner les locaux en bonne et due forme en proposant un set costaud et généreux. C’est d’ailleurs avec le bouillant “Threshold of Perception” que Allegaeon entame son show, histoire de bien remettre les choses dans leur contexte et de marquer les esprits avec l’un des meilleurs titres du groupe. Très rapidement, les prouesses techniques des guitaristes vont prendre le dessus, et les titres “Gray Matter Mechanics-Apassionata Ex Machinea”, “Stellar Tidal Disruption” et “Behold(God I Am)” nous laissent totalement sans voix tellement les séquences rythmiques s’enchainent à merveille et que la cohésion entre les musiciens se fait de manière fluide. Le public est renversé, c’est le moins que l’on puisse dire, et le groupe se plait à haranguer la foule sur de longs passages alternant blast et lignes plus mélodiques. Allegaeon achève son set sur “1.618” et “Proponent for Sentience III – The Extermination”, titre qui résume ô combien à merveille ce que la musique du groupe a fait sur nos corps ce soir : un régal dévastateur !

 


On l’a dit plus haut, The Ember Gone est sans doute l’un des meilleurs albums de l’année, et nous étions impatients d’entendre quelques-uns de ses titres joués en live du côté de Wasquehal. C’est pourtant avec “Bekhten’s Curse”, extrait de Aethra, que Julien, Mat, Nico, Benoit et Karol entament un set qui frôlera la perfection pendant plus d’une heure. Le son est lourd et juste, les musiciens sont visiblement heureux d’être de retour en France, et particulièrement dans les Hauts-de-France, après quelques dates semble-t-il chaotiques chez nos voisins d’Outre-Manche. La finesse d’écriture de Gorod prend une ampleur considérable sur “Signs”, premier titre du dernier opus qui dévoile une richesse harmonique difficile d’interprétation, mais qui passe vraiment bien sur scène. Julien ne se fait pas prier pour dialoguer avec un public acquis à la cause des bordelais, dont les récents incendies survenus dans leur région résonnent encore fortement dans les paroles de “Remains” et “Forgiveness”. Chaque musicien a l’occasion de s’exprimer sans jamais trop en faire, ce qui fût notamment le cas de Karol, dont le toucher rythmique frôle certains plans de jazz et donnent à son phrasé une couleur supplémentaire au jeu déstructuré de “The Orb” ou “Birds of Sulfur”. Après une heure de set, Gorod termine sur, comme aime à le rappeler Julien, “un vieux titre parce qu’on est vieux et que les vieux groupes font toujours ça” : “Disavow Your God”.

 


Une très belle soirée placée sous le signe du Death technique s’achève de cette manière : dans l’allégresse des applaudissements chaleureux et avec la sensation d’avoir assisté à de belles prouesses musicales.

 

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