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SORCIERES

Le groupe lillois Sorcières vient de sortir son deuxième album, La Nuit des Temps, le 30 avril dernier, et ce pour la première fois sous un label, l’Ordalie Noire. Un magnifique album composé de dix morceaux de folk-black metal prenants et surprenants. L’avenir semble donc clément pour Sorcières. Heretik Magazine s’est entretenu avec Thibaut Marlard, guitariste et compositeur du groupe.

Par Flavien Minne

Est-ce que vous pouvez présenter le groupe et revenir sur votre parcours ?

On fait du black/folk metal depuis 2018 dans le Nord, et parfois un peu plus loin. On est parmi les seuls groupes actifs dans ce style en France et on a sorti notre premier album, Empoisonné, en 2021. Après avoir foulé pas mal de scènes et de festivals, on a enfin terminé notre deuxième opus, La Nuit des Temps, qui vient de sortir sur un nouveau label : L'Ordalie Noire.


Derrière la figure faussée de la sorcière (vieille, vile et vilaine), ne se cacherait-il pas autre chose ? Quel message faites-vous passer ?

Évidemment, il n’y a pas qu’un seul type de sorcière. Pour nous, c’est un personnage multiple et insaisissable qui révèle les contours sombres de nos sociétés patriarcales, capitalistes, technologiques et écocides. Entre la figure ancienne aux réels pouvoirs magiques et les femmes accusées à tort à la fin du Moyen Âge, il existe tout un monde d’interprétations psychologiques et sociales. On essaye d’évoquer cette dualité. Tous les morceaux ne sont pas forcément liés aux sorcières, mais restent dans une thématique qui s’en rapproche.


Parlons de La Nuit des Temps… Comment se construit un album comme celui-ci ? Qui compose et écrit ? Y a-t-il une trame dès le départ ou avancez-vous à l’instinct ?

On part des mélodies de violon et de guitare composées par Marie [Derancourt, violon] et moi, qui donnent le ton, puis on construit les morceaux à partir de là. Les paroles viennent dans un deuxième temps, sous la forme de poèmes en français inspirés de l’ambiance de chaque mélodie. Mais souvent, on ajoute encore des éléments par-dessus les textes, ça devient une sorte de peinture à plusieurs couches.


Il semble que les instruments traditionnels et les sonorités plus modernes entrent en opposition dans vos compositions. Est-ce naturel ou un effet recherché ?

Oui, depuis le début, on utilise de vrais instruments pour les parties folk, y compris sur scène. Les voir se combiner aux rythmiques metal et au son des guitares saturées crée une ambiance particulière dont on ne se lasse pas. On avait également de la flûte traversière sur le premier album, mais sur scène, c’est difficile d’avoir toujours tout le monde à proximité, sans compter que l’espace est parfois limité. L’instrument essentiel reste vraiment le violon dans Sorcières. On l’entend tout au long de l’album.


Justement, en parlant de la harpe et de la clarinette, comment se sont faites les rencontres avec Thara Rainaud, Nicolas Renard et Zigouille ?

Les collaborations se sont faites assez naturellement. Tous les trois sont des amis que l’on connaît depuis un moment et qui ont bien voulu se prêter au jeu. Ils sont venus quelques heures en studio et c’était bouclé. Ils ont été super efficaces et apportent vraiment un gros plus à ces titres. On aimerait bien les faire venir sur scène au moins une fois pour jouer ces morceaux tels qu’ils ont été enregistrés. Au passage, allez écouter leurs groupes respectifs : Nirnaeth, Aelad et No Sleep Till Dawn.



"Depuis le début, on utilise de vrais instruments pour les parties folk, y compris sur scène. Les voir se combiner aux rythmiques metal et au son des guitares saturées crée une ambiance particulière dont on ne se lasse pas !"


L’artwork est en parfaite adéquation avec ce que vous prônez. La pochette semble faire partie intégrante de l’album…

La cohérence avec l’artwork vient du fait que je réalise moi-même chaque visuel, en plus de composer les riffs de guitare. C’est un projet qui me sert de moyen d’expression total.


Quelles sont les influences de chacun d’entre vous ?

Nos influences vont d’Agalloch à Finntroll, en passant par beaucoup de classiques du metal comme Iron Maiden, Emperor ou Bathory. On écoute aussi énormément de groupes scandinaves comme Asmegin, Otyg ou Thyrfing, quelques groupes français comme Aes Dana et Darkenhold, mais également de la musique classique et traditionnelle.


Vous venez de signer chez L’Ordalie Noire. Qu’est-ce qui vous a séduits dans ce label ?

Ça n’a pas été évident car il n’existe pas vraiment de label folk metal en France. Mais chez L’Ordalie Noire, on a retrouvé plusieurs groupes qu’on apprécie et dont le style était assez proche du nôtre, ce qui nous a poussés à les contacter. Le nom du label lui-même possède un lien avec les sorcières ; on a d’ailleurs un morceau intitulé Ordalie sur le premier album. Ils nous ont expliqué leurs valeurs et leur fonctionnement, ce qui nous a immédiatement plu. De leur côté, notre album les intéressait aussi, donc la signature s’est faite assez rapidement et on en est très satisfaits.


On a vu Sorcières au Motocultor, au Cernunnos ou encore au Pagan Fest… Le live est-il le sang qui coule dans les veines du groupe ?

Les concerts, c’est le meilleur moment pour un groupe, même si paradoxalement c’est aussi le plus stressant, surtout sur des festivals. Ça permet de mettre la musique en scène, de voir le violon en action, de se maquiller aussi, ce qui permet à P-A [Pierre-Alain Devaux, chanteur] de se lâcher beaucoup plus que sur album. Et puis ça permet de rencontrer les gens après les concerts, de sympathiser avec les autres groupes… donc oui, c’est clairement le sang du groupe.


Comment s’annoncent les prochaines semaines pour Sorcières ? Un mot pour les lecteurs de Heretik Magazine ?

Là, on s’occupe surtout de la sortie de l’album : les envois de merch, la promo et la préparation des prochaines dates à l’automne. On a aussi pour projet d’enregistrer quelques morceaux acoustiques. Et pour les lecteurs de Heretik Magazine : on sera bientôt en concert à Lille, alors suivez-nous pour ne pas rater l’annonce !

SORCIÈRES

ORIGINES : Lille (59)

LINE-UP : Pierre-Alain Stigand (chant), Thibaut Marlard (guitare), Pierre (guitare), David Hubert (basse), Benoit Bourlet (batterie), Marie Derancourt (violon)



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