LIVE-REPORT - Judas Priest + Nevermore (Le Zénith - Paris)
Une fois de plus, Judas Priest a fait trembler la capitale avec ses riffs qui définissent à eux seuls ce qu’est le heavy metal. Cet été, les Metal Gods se sont offert un périple français avec cinq dates à travers l’Hexagone, du Motocultor à Carhaix (16/08) à Strasbourg (12/09), Bordeaux (15/09), Lyon (19/09), avant de terminer leur road trip à Paris ce jeudi 17 septembre. Indémodables, irremplaçables, les Britanniques continuent à faire hurler le metal.
Par Lucie Allet / Photos : Axl Meu (photos prises au Motocultor et à Bruxelles)
Ce soir, on célèbre plus de 50 ans de carrière, de légende et de riffs qui ont marqué une génération. Ou peut-être finalement plusieurs, car Judas Priest sait rassembler un public intergénérationnel.
Pour accompagner cette nouvelle série de concerts, Nevermorese charge d’échauffer la salle avec son thrash metal mélodique et progressif, mené par le guitar hero Jeff Loomis. Riffs mécaniques, précision chirurgicale, pas une note à côté : Loomis déroule un jeu implacable. Mais ce soir, il n’est pas seul à faire parler sa guitare. À ses côtés, la jeune recrue Jack Cattoilui donne la réplique, multipliant les duels et venant parfaitement souligner son jeu. Derrière eux, Berzan Önen et sa voix polymorphe assurent avec brio les lignes de chant de son prédécesseur, Warrel Dane. Un premier acte nerveux et efficace qui nous met dans le bain avant l’arrivée des Metal Gods.
Alors que la salle peinait à se remplir, les premières notes de « War Pigs » retentissent. Comme attirés par cet hymne fédérateur, les derniers spectateurs rejoignent la foule et, en quelques instants, le Zénith semble plein à craquer. Les 4 000 voix s’élèvent à l’unisson, transformant l’attente en véritable messe. Le public est désormais fin prêt à célébrer.
Devant nous, un drapeau gigantesque surplombe la scène, couvert de clins d’œil à la discographie de Judas Priest et promettant un voyage dans le temps. Puis le premier riff éclate. Scott Travis martèle les premières mesures, et Rob Halfordlance le mythique « One life, I’m gonna live it up !» de « You’ve Got Another Thing Comin’ ». Les hostilités sont officiellement lancées.
Si l’on s’attendait à un public calme et contemplatif, c’était sans compter sur l’énergie des fidèles. Dès les premières notes, la foule s’embrase et se laisse emporter par un set explosif, de « Metal Gods » à « Turbo Lover », sans oublier « Breaking the Law » et « The Sentinel ». Les classiques des années 80 s’enchaînent avec toujours autant de puissance et prouvent que la foule est toujours sous le charme de ce British Heavy Metal.
Mais ce soir, on célèbre aussi les 50 ans de Sad Wings of Destiny, l’album qui, en 1976, a définitivement contribué à façonner le son du heavy metal. Pour l’occasion, Judas ressort « The Ripper », avec son histoire macabre et son riff entêtant, avant de s’offrir une parenthèse de huit minutes avec « Victim of Changes ». Un véritable point de bascule dans le concert, porté par le solo hypnotisant qui laisse Richie Faulkner déployer tout son talent. Un retour aux origines qui rappelle que, cinquante ans plus tard, ces morceaux n’ont rien perdu de leur grandeur.
Mais Judas ne mise pas uniquement sur la nostalgie et fait également rugir des titres comme « Panic Attack » ou « No Surrender », qui déclenchent un wall of death particulièrement énervé. Preuve que les compositions plus récentes trouvent elles aussi leur place au milieu des classiques.
Mais en un clin d’œil, le set s’envole. Les morceaux s’enchaînent à toute vitesse jusqu’à l’arrivée du très attendu « Painkiller », le remède à tous nos maux. Dès le premier coup de batterie, un circle pit se forme. Plus d’une heure après le début du concert, la foule est toujours en ébullition. Et si Rob Halford ne tient plus certaines notes comme à la grande époque, sa présence et son énergie restent intactes.

Mais l’heure du rappel a sonné. La trinité finale démarre avec « Electric Eye », accompagnée de la mythique croix priestienne illuminée en rouge au fond de la scène. Puis le boss de la soirée revient sur sa Harley pour « Hell Bent for Leather ». Du cuir, des clous, une cravache : le metal à son paroxysme. Une nouvelledémonstration de classe signée Rob Halford. Mais il est temps de clôturer la soirée avec « Living After Midnight », l’hymne qui rassemble une dernière fois les Parisiens. Des morceaux qui traversent les décennies sans perdre de leur puissance et continuent de vivre à travers les voix de ceux qui les reprennent.
Pour certains, un retour en adolescence. Pour d’autres, une première rencontre avec les pères fondateurs. Une chose est sûre : après plus de 50 ans d’histoire, Judas Priest continue de faire vivre son héritage avec un show solide, puissant et résolument heavy.



