LIVE-REPORT - Igorrr (Aéronef - Lille)
- Axl Meu
- 16 avr.
- 3 min de lecture
La soirée du 28 février était attendue de pied ferme : L’Aéronef affichait complet depuis des semaines pour le retour d’Igorrr dans les Hauts-de-France. Entre Thoughtcrimes et DVNE, l’affiche promettait une immersion dense entre chaos sonore et explorations musicales.
Par Alice Hornez / Photo : Meli Vas
Thoughtcrimes ouvre le bal alors que la salle se remplit encore. Formé autour de Billy Rymer (ex-The Dillinger Escape Plan), le groupe propose un Hardcore technique flirtant avec le Mathcore. Première péripétie : le micro de Rick Pepa lâche dès le premier titre, mais le problème est vite réglé et le groupe repart de plus belle. Les morceaux s’enchaînent avec une puissance écrasante, marquée par une reprise surprenante de « Wonderwall », parfaitement intégrée à l’énergie brute du set. Malgré les soucis techniques, la mission est remplie : le public est chaud.

Changement d’ambiance avec DVNE. Les Écossais plongent la salle dans leur univers Post-Metal teinté progressif. Les morceaux, denses et longs (souvent au-delà de cinq minutes), prennent le temps de se déployer et de révéler de nombreuses nuances. Tantôt nerveux, tantôt atmosphérique, l’ensemble joue sur les contrastes, alternant riffs massifs et passages plus introspectifs. Sur scène, la cohésion du groupe est évidente : chaque musicien trouve naturellement sa place et les morceaux évoluent avec une fluidité organique. Victor Vicart, Français d’origine et Écossais d’adoption, nous a d'ailleurs surpris en remerciant le public dans un français parfaitement maîtrisé, créant une connexion immédiate. C’est sur l’intense « Cobalt Sun Necropolis » que le set se clôt, sous une pluie d’applaudissements et une foule plus que séduite.

Le véritable choc survient enfin… ! La prestation d’Igorrr. Nouvelle tournée, nouvelle scénographie : au fond, des structures forment les initiales du groupe devant une toile noire sobre. L’essentiel va se jouer sur scène. À droite, Gautier Serre, cerveau du projet, s’installe derrière ses machines pour lancer l’introduction de « Daemoni ». Pendant 1h30, Igorrr embarque L’Aéronef dans un voyage imprévisible entre Breakcore, Metal extrême et musique baroque et bien d’autres expérimentations. Des titres comme « Blastbeat Falafel » ou « Downgrade Desert » nous transportent vers des paysages arides, tandis que l’enchaînement « Headbutt », « Infestis » et « Pure Disproportionate Black And White Nihilism » frappe avec une violence inouïe. La cohésion du groupe est impressionnante, chacun impose son talent. Marthe Alexandre nous éblouit avec sa voix lyrique et son jeu théâtral. Elle apporte une dimension lyrique bluffante, notamment sur « Silence », moment suspendu où elle nous laisse littéralement sans voix ! Tandis que le growl brutal de JB Le Bail crée un contraste saisissant, soutenu par la batterie martelée de Rémi Serafino et les guitares de Martyn Clément. Véritable chef d’orchestre dans ce chaos, Gautier Serre passe des machines aux percussions, puis à la guitare. La tension ne relâche jamais, portée par la violence de « Viande » ou le breakdown d’ « ADHD », ne laissant aucun répit, enfin presque… Alors que le groupe quitte la scène quelques instants sous une ovation, le rappel retentit et conclut la soirée en apothéose avec « Very Noise », « Camel Dancefloor » et l’incontournable « Opus Brain ». La fosse explose dans un ultime wall of death. Vers 23 h 20, les décibels retombent. Une chose est sûre : Igorrr reste un artiste unique, capable de transformer le chaos musical en une œuvre spectaculaire et totalement maîtrisée !




