MIASMES
Miasmes est un peu le poil à gratter dans le cou du Black Metal. Avec Violence, Blasphème et Pourriture, sorti chez Les Acteurs De L’Ombre le 18 septembre dernier, les Vierzonnais semblent enfoncer un peu plus les trois clous de la crucifixion. Entre Black Metal, Punk et Crust, le trio revendique une musique directe, brutale et sans fioritures. Heretik s’est entretenu avec G., chanteur et bassiste du groupe.
Propos recueillis par Flavien Minne
Miasmes existe depuis 2021. Comment est né le groupe ?
Miasmes est en effet né en 2021. Après avoir joué dans pas mal de formations dont je n’étais pas forcément à l’origine, j’ai eu envie de créer mon propre projet. J’ai commencé à composer quelques morceaux qui sonnaient plus Death que maintenant. Je les ai fait écouter à K., avec qui j’avais joué dans Como Muertos. Il a accroché, donc on a commencé à chercher un batteur. Après quelques mois d’essais avec un ami de K. à la batterie, avec qui ça ne le faisait pas totalement, on a trouvé C., qui correspondait parfaitement à ce qu’on voulait faire. On a enfin pu travailler plus sérieusement et développer le style actuel de Miasmes.
Vous venez de sortir votre troisième réalisation, Violence, Blasphème et Pourriture, après l’EP Vermines et un premier album, Répugnance, sorti il y a trois ans. Comment se construit un album de Miasmes ?
Dans la haine et la bière ! Plus sérieusement, K. et moi composons chacun de notre côté. Vu qu’on est assez éloignés les uns des autres et qu’on ne répète pas autant qu’on le voudrait, on s’envoie nos idées afin que chacun ait au moins les grandes lignes des morceaux avant de bosser tous ensemble en répétition. Après, il n’y a pas vraiment de ligne directrice. Ce qui était sûr pour cet album, c’est qu’on voulait quelque chose de plus direct et frontal que le précédent.
Votre Black Metal est teinté de Punk et de Crust. Quelles sont les références de chacun d’entre vous ?
On a tous une base Black Metal, plus ou moins old school ou underground. Moi, je suis un gros fan de Darkthrone, par exemple, et des vieux groupes de Black français. Côté Punk, ça va plutôt être une influence liée aux vieux groupes français que j’écoutais quand j’étais jeune. Je pense d’ailleurs que le chant en français vient de là. C., lui, est quand même bien axé « Metal extrême ». Il faut que ça blaste ! Et K., lui, écoute un peu de tous les styles. Bizarrement, je crois qu’aucun de nous n’écoute réellement de Crust. C’est juste le mélange de nos styles et notre son qui fait qu’on s’en approche.
Des titres courts, comme les noms de vos albums : on a l’impression que, chez Miasmes, le but est d’aller droit au but, aussi bien dans les textes que dans la composition. Le côté « cash » est-il indissociable de l’image du groupe ?
Oui, totalement. Pour ce qui est des textes, des titres, etc., c’est moi qui m’en occupe. Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas un grand bavard, donc quand j’ai quelque chose à dire, je le dis directement, sans fioritures. Je ne vais pas faire un monologue de dix minutes pour une question à laquelle on peut répondre par oui ou non… C’est d’ailleurs pour ça que je me fais vraiment violence pour étoffer un peu mes réponses à tes questions… sinon tu n’aurais pas beaucoup de matière !
Musicalement, oui, on est complètement dans le côté cash, direct dans ta gueule. On a d’ailleurs voulu accentuer cet aspect sur le nouvel album. Sur celui d’avant, on trouvait qu’il y avait un peu trop de longueurs, que ça traînait trop. On préfère un riff à trois notes qui tabasse plutôt qu’un truc ultra-chiadé techniquement, « original », mais qui n’a aucune dynamique ni brutalité. On veut juste casser des gueules ! Pareil pour la longueur des morceaux : on a opté pour des titres plus courts. Personnellement, quand je lance un morceau et que je vois qu’il fait six ou sept minutes, voire plus, je me dis : « Oh putain, ça va être long… »

"Musicalement, oui, on est complètement dans le côté cash, direct dans ta gueule. On a d’ailleurs voulu accentuer cet aspect sur le nouvel album."
En guise de titre bonus, vous reprenez « In The Name Of Tragedy » de Motörhead, paru sur l’album Inferno. Ce n’est pas le morceau le plus connu du groupe de Lemmy… Pourquoi ce choix ? Un coup de cœur pour la chanson ou êtes-vous également en adéquation avec ses paroles, qui traitent de désillusion sociétale et d’anticonformisme ?
C’est justement parce que ce n’est pas le plus connu qu’on a décidé de le reprendre ! Il aurait été dommage de reprendre un énième « Ace of Spades » ou « Orgasmatron ».
Mais surtout, on trouvait qu’il correspondait vraiment bien à Miasmes, autant musicalement, avec ses riffs et sa construction simple, que par rapport aux paroles. L’idée que les hommes justifient leurs actes destructeurs au nom de grandes causes se rapproche vraiment de l’esprit de Miasmes.
À la vue, ne serait-ce que des pochettes de Vermines et de ce dernier album, vous semblez foncièrement anticléricaux. Mais quels thèmes abordez-vous dans vos morceaux ?
Anticléricaux, on va dire « oui », mais sans que ce soit réellement notre thème principal. On est surtout pour l’anticonformisme. On n’est pas un groupe de Black Metal satanique, occulte, etc. On ne se définit d’ailleurs pas réellement comme un groupe de Black, de « True »… On aborde surtout la violence du monde dans lequel on vit, où la souffrance et la mort deviennent presque une fatalité, la connerie humaine, la révolte contre l’hypocrisie, etc.
Rien de très philosophique ni optimiste.
En parlant d’artwork, le noir et blanc semble être dans le cahier des charges. Comment s’est fait le choix du dessinateur et tatoueur suisse Nico Metalink ? Y a-t-il un rapport avec son one-man-band Totengräber ?
Oui, le noir et blanc représente bien ce qu’on veut faire transparaître : quelque chose de sombre, de froid. Rien de très original, tu me diras, pour ce style, mais bon… C’est aussi un clin d’œil aux vieilles pochettes de Black Metal des années 1990. Pour cette pochette, le choix du dessinateur était d’autant plus important qu’on est parti de zéro, contrairement à celle de notre premier album, qui était basée sur une photo. Ici, il y avait un vrai travail de composition visuelle à faire. Même si on avait une petite idée en tête de ce à quoi on voulait qu’elle ressemble, Nico a pu laisser libre cours à son imagination. Dès les premiers tests qu’il nous a envoyés, on a tout de suite aimé le côté bourrin, crade et provocateur de l’image. On a su que la pochette allait vraiment matcher avec la musique. Nico est un bon ami depuis plus de vingt ans. Quand il était près de Lyon, mes bras en portent encore les stigmates… En fait, on avait perdu un peu le contact depuis qu’il était parti en Suisse — moi et les réseaux sociaux… — et il m’a recontacté il y a quelques mois en me disant : « Tiens, je suis fan de Miasmes et je viens d’apprendre que c’était ton groupe. Mortel ! » Donc, étant fan de son travail, quoi de plus logique, quand on a commencé à réfléchir à l’artwork, que de lui demander s’il était partant ? Il a tout de suite accepté.
Quel est l’avenir proche de Miasmes ?
On espère de bons retours pour notre nouvel album, que ça nous ouvre des portes et nous apporte de bonnes dates. C’est quand même en live qu’on s’éclate le plus et que Miasmes prend toute sa dimension.
MIASMES
ORIGINE : Vierzon, Centre-Val de Loire
LINE-UP : C. (batterie), K. (guitares), G. (chant, basse)
FACEBOOK : https://www.facebook.com/miasmesofficial


