MOURIR - "Nous, le venin"
- Axl Meu
- il y a 15 heures
- 2 min de lecture
MOURIR
NOUS, LE VENIN
Black Metal
Pelagic Records
Avec ses lignes parallèles et sa police façon couronne d’épines, le logo est presque de l’hébreu pour le néophyte, mais la plupart d’entre nous reconnaîtront celui de Mourir. On doit la genèse de ce groupe toulousain à Olivier Lolmède, qui crée en 2016 un one-man band du nom de Vermines. Sa cassette cinq titres connaît un tel succès qu’il transforme rapidement son projet solo en quatuor.
Deux albums, un EP, puis une signature chez Pelagic Records, plus tard, Olivier, accompagné de ses disciples Théophile, Mahell et Alexandre, vient de terminer sa pérégrination sur les (s)cènes du Hellfest, du Resurrection Fest et de Rock in Bourlon (et, vu les conditions extrêmes cette année, on peut dire que ce fut, malgré tout, un véritable chemin de croix), avant de sortir ce quatrième opus, Nous, Le Venin.
L’Arbre de Jessé de Mourir trouve ses racines dans la tradition du Black Metal norvégien, tout en y greffant des ramifications de Doom et de bruitisme. Pour ce nouvel album, Mourir puise son inspiration dans la conscience de l’homme, la réflexion sur sa pâle existence et le rejet d’un modernisme destructeur. Le groupe nous rappelle que l’homme est né poussière et mourra poussière, ajoutant à ce texte biblique qu’entre la vie et la mort, son existence ne vaut guère mieux. Ainsi, à travers six titres parfois étirés, aux textes courts, sobres et pertinents, Movrir nous transporte dans des univers cauchemardesques (« Mon Rêve Animal »), d’isolement (« Je Est Absent »), tout en traitant également du caractère destructeur de l’homme (« Nous, Le Venin ») et de sa vie futile (« Aux Inutiles »). Chaque morceau, chaque portée est un voyage introspectif d’un réalisme frappant. Les textes sont sublimés par des partitions qui instaurent une ambiance déchirante, renforcée par un chant crié, criant de douleur, celui d’un Homme portant sa croix. Déployé en CD et en vinyle beige uniquement, l’objet, dès sa réception, fait preuve d’une véritable magnificence. Sa pochette, une huile sur toile du jeune prodige de la peinture contemporaine Thomas Dévuzac, illustre parfaitement la musique. Vous l’aurez compris : de toute sa puissance et de toute sa sobriété, Nous, Le Venin est un Graal que Mourir offre à toutes les metalthèques.
Flavien Minne



