WACKEN OPEN AIR 2026 (Part. 2)
Après une journée de lancement réussie, le Wacken Open Air prend totalement son envol ce jeudi 30 juillet. La deuxième scène principale ouvre ses portes, le beau temps reste de mise et tout est en place pour une belle fête musicale.
Par Franck Lasselle / Photos : Moris DC
Sur la Louder, la nostalgie est de mise avec Alien Ant Farm, qui s’était fait un nom au début des années 2000. Dès l’entame sur « Courage », le groupe montre une belle forme. Entre rock et metal, le titre fait son effet. La suite avec « Wish », « Movies » ou « Sticks And Stones » est convaincante. L’énergie dégagée est plaisante, avec un bon côté rock alternatif. Le final est dédié à la reprise de « Smooth Criminal » de Michael Jackson, qui avait largement contribué au succès du groupe. La version survitaminée met le feu. Alien Ant Farm vit sur ses acquis mais garde une belle capacité à remuer le public.
Avec H-Blockx, la Louder reste en mode nostalgie. La formation allemande avait le vent en poupe dans les années 90. Elle garde de nombreux fans et, dès l’entame, le ton crossover metal teinté de rap fait effet. Un aspect groovy se dégage également, le chant éraillé fonctionne parfaitement et l’ensemble donne un son particulièrement remuant. La suite est nerveuse : le groupe sait sonner metal et mélanger puissance et accroche mélodique, avec un côté jump particulièrement efficace. Le côté 90’s est total avec ce chant voilé si typique. H-Blockx a proposé un chouette concert, en forme de parfaite fusion des genres.
Les scènes principales se lancent sur la Faster avec Skyline. L’entame avec trois morceaux du groupe est efficace, avec un ton heavy mélodique et une belle puissance vocale. « Last Resort », « Emptiness Machine » avec Jennifer de Beyond The Black ou « Separate Ways » sont de parfaites reprises. Dans la même idée, « Heroes », en duo avec Alissa White-Gluz et Thomas, le boss du festival, à la guitare, fait un carton. La dernière reprise, « In The End » de Linkin Park, est un énorme moment. Comme à son habitude, Skyline a ouvert les scènes principales avec talent.

Sur la Louder, Therapy? est attendu. Les Irlandais n’ont plus la même popularité qu’au début des années 90, mais ils restent une valeur sûre. Dès « Nausea », on apprécie un splendide cocktail musical. Andy est en grande forme avec un ton rock teinté de wave. Il brille sur la reprise de Joy Division, « Isolation », dont le côté froid est parfaitement conservé. « Turn », « Trigger Inside », « Woe », « Still Hurts » et, bien sûr, le classique « Nowhere » sont très plaisants à retrouver, avec une parfaite alchimie entre rock alternatif et metal. Therapy? a montré qu’il demeurait très actuel.

Sur la Harder, Uli Jon Roth fête l’anniversaire de Virgin Killer. À ses côtés, on note la présence de Fred Leclercq à la basse. L’entame sur « All Night Long » est parfaite. Cette merveille de hard rock est portée par un Uli en forme et par le ton chaleureux de Niklas. Six titres de Virgin Killer s’enchaînent. « Pictured Life », avec Mille de Kreator en invité, est une claque. Nathan James transcende « Catch Your Train » et « Virgin Killer ». « Hell-Cat », chantée par Uli, ainsi que « In Your Park » et « Polar Nights » sont également prenantes.

Uli Jon Roth brille sur « Sun In My Hand », parfait moment de hard rock aérien. Avec Roland Grapow et Nathan James, « We’ll Burn The Sky » colle le frisson avec son ton planant splendide. « In Trance » est un immense moment, avec une mélodie imparable et un refrain légendaire. « The Sails Of Charon », avec Johanna Sadonis, donne le même frisson. Puis « All Along The Watchtower », reprise de Bob Dylan à la sauce Jimi Hendrix, achève un concert splendide. Uli Jon Roth a proposé un retour vers le passé de grande classe, avec une humilité et une sympathie communicatives.

Ces qualités ne peuvent guère s’appliquer à Yngwie Malmsteen. Le concert démarre assez bien avec « Rising Force », bien joué et chanté, avec une démonstration technique totale. Mais derrière, le concert s’enlise. Malmsteen prend trop de place et les titres s’enchaînent sans passion, en mode pilote automatique. Seul le clavier parvient parfois à se faire une petite place, mais cela ne suffit pas à sauver un concert trop démonstratif. Les amateurs d’Yngwie Malmsteen auront sans doute adoré le déluge de notes. Les autres, en revanche, auront trouvé le temps bien long.


Après ce moment oubliable, Europe déboule sur la Harder. Dès « On Broken Wings », la formation suédoise met tout le monde d’accord. Le ton hard mélodique est splendide et, au chant, Joey Tempest brille de sa voix éraillée et puissante. Avec « Rock The Night », « Scream Of Anger » et « Sign Of The Times », le groupe balance du lourd. Les refrains sont énormes, tandis que clavier et guitare amènent ce son terriblement accrocheur. « Walk The Earth » montre la force du répertoire récent, porté par un refrain fabuleux, le clavier et le ton voilé et mélodique de Joey.

Europe présente également deux titres de son futur album. « One And One » et « The Cult Of Ignorance » font bonne impression, avec un superbe travail au clavier et à la guitare. « Carrie » fait chavirer la foule avec un refrain repris en chœur. Le final est top : « War Of Kings » et « Last Look At Eden » sont de parfaits moments de hard rock. Puis les tubes sont au rendez-vous. « Ready Or Not », « Superstitious » et « Cherokee » font chavirer la foule. Le légendaire « The Final Countdown » met le feu, porté par sa mélodie incroyable et son refrain fédérateur. Europe a signé l’une des meilleures prestations du festival.
Savatage est attendu après une longue absence. « Dead Winter Dead » est porté par la force vocale de Zak Stevens et un ton heavy assez sombre. « Jesus Saves » est un énorme moment, avec une grande force épique et un refrain énorme. « Lights Out », « Chance », « Miles Away », « Sirens » ou « Taunting Cobras » sont immenses. Caffrey et Pitrelli forment un binôme parfait aux guitares. On ne peut que s’incliner face à ces mélodies, à cette puissance heavy et à ces parties de chant accompagnées de chœurs qui donnent le frisson.

Pour introduire « Believe », Savatage propose une vidéo de Jon Oliva, grand absent de la tournée, en guise d’introduction, avec effet garanti. Le titre est fort en émotion, avec un refrain immense et un grand sens mélodique. Avec « Gutter Ballet », « Edge Of Thorns », « Power Of The Night » et « Hall Of The Mountain King », on savoure le meilleur de l’art du groupe, porté par un Zak remarquable au chant. Savatage a donné un concert en forme de tourbillon. Il confirme la pertinence de son retour et nous fait attendre la suite avec impatience.

Un moment de folie nous attend sur la Headbangers avec Anaal Nathrakh. Entre grindcore et black metal, les Anglais nous emmènent dans les profondeurs de la folie. Les titres sont des concentrés de pure violence, portés par un growl effrayant de méchanceté. Parfois, au milieu de l’enfer, le groupe aime proposer des passages plus aériens, comme si l’on pénétrait au cœur d’une tornade. La furie est maîtrisée par des musiciens qui se plaisent à tabasser leur auditoire. Anaal Nathrakh est comme une grenade dégoupillée qu’il ne faut surtout pas lâcher. Son concert a été un grand moment de délire psychiatrique.
C’est Def Leppard qui a l’honneur de conclure sur la Harder. Les Anglais balancent leur nouveau single, « Rejoice », qui fait son effet avec une mélodie remarquable. Avec « Animal » et « Let’s Get Rocked », on retrouve deux classiques. Joe Elliott est en voix et, à ses côtés, ses compères balancent le meilleur d’un hard mélodique classieux. Reprise de Depeche Mode, « Enjoy The Silence » remue agréablement. « Switch 625 », « Rocket », « Slang » ou « Promises » font effet, avec un bon mélange de mélodie et de puissance hard rock. « Bringing On The Heartbreak » et « White Lightning » ravissent le public sous la forme de pures et belles ballades.

Def Leppard remporte la partie. Le groupe est en forme, souriant, et le public est ravi de la leçon. La partie finale est immense. « Armageddon It », « Love Bites », « Rock Of Ages » et « Photograph » s’enchaînent idéalement. Elliott reste au top et, à ses côtés, Collen et Campbell se font plaisir sur les riffs et les solos. Le temps des rappels est là. Très belle sucrerie, « When Love And Hate Collide » fait fondre les cœurs. « Hysteria » et « Pour Some Sugar On Me » remuent avec des mélodies de toute beauté. Def Leppard a proposé un très bon concert et montré qu’il restait un immense groupe de hard rock fédérateur.
Ceci achève une belle deuxième journée. Le Wacken Open Air est parfaitement lancé et les deux journées qui s’annoncent sont tout aussi prometteuses.




