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WACKEN OPEN AIR 2026 (Part. 3)

il y a 3 heures
6 min de lecture

Avec deux premières journées de qualité, le Wacken Open Air 2026 est déjà une réussite. La journée du 31 juillet s’annonce de la meilleure des manières, avec un programme qui donne le tournis, notamment sur les scènes principales.

Par Franck Lasselle / Photos : Moris DC

La Faster ouvre avec Gutalax. Le groupe attire la foule au son du générique de Ghostbusters. Les musiciens débarquent en combinaisons blanches. Le concept du groupe met en avant le papier toilette et tout ce qui s’y rapporte, donnant naissance à des titres délirants et décoiffants, taillés dans un gore grind intense. Le growl caverneux typique fait effet et chaque morceau est une véritable folie. Gutalax fait souffler un vent délicieusement débile sur le festival.



Avec Vreid, le black metal prend la Harder d’assaut. Les Norvégiens tabassent avec A Second Death, porté par un chant abyssal. Le côté froid et épique ressort au détour d’un break mélancolique. Pitch Black et The Others And The Look sont particulièrement prenants. Au-delà de la violence, il se dégage une beauté glaciale, portée par les claviers et le chant clair. Avec Agnete Kjølsrud et Chris « Pontius Loving The Dead » en invités, The Morning Red est une merveille à la fois angélique et brutale. Le final est envoûtant, alternant passages brutaux et moments épiques. Vreid a donné un concert en forme de voyage dans le Grand Nord.




Paradise Lost démarre avec Serpent Of The Cross, merveille de metal mélancolique portée par un Nick Holmes au ton éraillé. One Second et The Last Time sont des hymnes aux refrains mémorables. Faith Divides Us – Death Unites Us et The Enemy sont splendides, avec ce ton clair et caverneux si caractéristique. As I Die est bouillante tandis que Hallowed Land fait un carton avec son approche heavy gothique. Plus doom, Tyrants Serenade assomme avant que Smalltown Boy, reprise de Bronski Beat, ne se révèle particulièrement accrocheuse. Le final, avec Embers Fire, Ghosts et Silence Like The Grave, est somptueux, mélangeant doom, heavy et gothique. Paradise Lost a proposé un concert hypnotique et enivrant.




Danko Jones est en mode nerveux dès Guess Who’s Back. Son ton éraillé fait merveille et il balance du riff hard rock direct avec une aisance déconcertante. Les titres défilent à toute allure et chacun donne envie de taper du pied. Il faut dire que I Gotta Rock, First Date, You Are My Woman, I Love It Louder ou encore Had Enough sont taillés dans le meilleur d’un hard rock bouillant. Danko Jones a livré un concert sans fioritures, laissant simplement la musique s’exprimer.



Black Label Society fait trembler le sol avec Funeral Bell, porté par la voix éraillée de Zakk Wylde. Name In Blood et Destroy & Conquer sont des missiles teintés de sudiste, au travers de riffs gras. A Love Unreal et The Blessed Hellride sont plombés, mais dégagent un charme certain grâce au timbre voilé de Zakk. No More Tears, emprunté à Ozzy, colle le frisson. Set You Free, Suicide Messiah et Stillborn sont parfaits avec leur ton hard sudiste. Sur ce dernier titre, le frisson est encore plus présent lorsque les écrans diffusent des photos d’Ozzy. Black Label Society a proposé un concert plein de feeling, porté par un Zakk Wylde en grande forme.




Saxon se lance en mode musclé avec Hell, Fire & Damnation. Le son est énorme, Biff est en forme et on apprécie le travail des guitares. Saxon propose ensuite un véritable best of de sa carrière. Power And The Glory fait son effet avec son ton épique. Sur Solid Ball Of Rock, Biff joue avec la foule. Le hard teinté de heavy de Motorcycle Man, Heavy Metal Thunder et Dallas 1 PM est imparable, avec des refrains fédérateurs. La partie finale est une succession de tubes, avec l’épique Crusader et Princess Of The Night en bouquet final. Saxon a joué en mode urgent, sans perte de temps, montrant qu’il restait un monument du heavy metal.




Une foule énorme se réunit pour In Flames. La formation suédoise démarre sur les chapeaux de roue avec Colony. Porté par un riff énorme, le titre fait mouche et rappelle toute la puissance du death metal mélodique du groupe. Avec Deliver Us, Voices ou The Quiet Place, le groupe enfonce le clou. Anders est en forme, il hurle avec intensité et on apprécie cette approche musicale agrémentée d’une pincée d’alternatif. In Flames ne relâche pas la pression avec The Chosen Pessimist, Trigger, Only For The Weak ou Foregone Pt. 2. Anders est tranchant et, aux guitares, Gelotte et Broderick sont en parfaite symbiose. Le final est efficace. Alias, The Mirror’s Truth et Take This Life sont portés par des mélodies et des refrains imparables. In Flames a proposé un concert de haute volée.




Sur la Harder, Judas Priest débarque sur du Black Sabbath et envoie du lourd avec You’ve Got Another Thing Comin’. Rob assure tandis qu’aux guitares, Richie et Andy confirment leur parfaite entente. Metal Gods, Breaking The Law, The Ripper et The Sentinel sont de grands moments de heavy metal. Rob reste concentré sur son chant, comme s’il voulait économiser ses forces pour tout donner.


Avec Desert Plains et Turbo Lover, Judas Priest se montre accrocheur, avec des refrains fédérateurs. Les titres récents comme Lightning Strikes et Panic Attack sont magnifiés par des parties de guitares flamboyantes. Victim Of Changes est porté par un Rob très concentré. Halls Of Valhalla lui permet de briller avec un chant aigu impressionnant. Painkiller est toujours aussi incisif : le titre claque avec une rapidité et une puissance phénoménales.


Les rappels arrivent. Avec Electric Eye, Hell Bent For Leather et Living After Midnight, on retrouve la crème du heavy metal. Rob reste toujours aussi concentré sur son chant et communique peu avec la foule. Musicalement, on ne peut que saluer le travail de Richie et Andy, qui portent le groupe. Judas Priest a proposé un concert solide, certes sans surprise et avec peu d’interactions avec le public. Mais retrouver le groupe en forme et défiant le temps reste un plaisir certain.




Il reste le moment fort avec Running Wild. Cette fois, ce serait la bonne et nous assistons au dernier concert donné par Rock’n’Rolf. Le décor pirate est splendide et l’introduction épique, accompagnée de cornemuse, colle le frisson. Bad To The Bones est une tarte heavy épique, portée par un riff énorme et par un Rock bien en voix. Le groupe fait plaisir à ses fans en allant chercher des raretés comme Men In Black et Dead Man’s Road, jamais joués auparavant, ainsi que Genghis Khan et Sinister Eyes. De quoi ravir une foule heureuse de retrouver de tels grands titres de heavy épique.


Running Wild est en grande forme. Après le traditionnel solo de batterie, les classiques déboulent. Little Big Horn, Branded And Exiled, Rapid Foray, Soulless et Under Jolly Roger mettent le feu. Ils rappellent à quel point la formation savait pondre des hymnes heavy fédérateurs. Trois rappels vont suivre : Stick To Your Guns, Raise Your Fist et Conquistadores achèvent la fête avec le même côté épique. Si Running Wild arrête effectivement son aventure, il l’aura fait après un concert légendaire, dont on espère une sortie vidéo pour en conserver le souvenir.



La fête n’est pas finie. Lui aussi en tournée d’adieu, Sepultura déboule sur la Harder. L’entame est musclée : Inner Self, All Soul Rising, Desperate Cry et Kairos sont intenses, portés par un Derrick Green en grande forme. Le ton thrash démonte comme une vague en pleine tronche. Le groupe se plaît à tabasser l’auditoire et, avec Attitude ou The Place, déploie une violence énorme.



Kaiowas, avec ses percussions sur scène, est un grand moment tribal. Dead Embryonic Cells et Territory ravissent les fans du Sepultura antique. Beyond The Dream et son ton calme et recherché confirment la classe de Green au chant clair. Le final est consacré aux classiques. Refuse/Resist, Arise, Ratamahatta et le légendaire Roots Bloody Roots font leur effet. La rage dégagée sur chaque riff par Kisser impressionne, tandis qu’aux fûts, Nekrutman montre une force impressionnante. Sepultura a réussi ses adieux à l’Allemagne en montrant qu’il conservait une hargne énorme.

Cela conclut une belle troisième journée. Cette édition du Wacken Open Air est déjà une réussite. La dernière journée devrait la conclure de la meilleure des manières, au vu du programme affiché.

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