WACKEN OPEN AIR 2026 (Part. 4)
Après trois jours de fête, le Wacken Open Air aborde sa dernière ligne droite en ce premier jour d’août. Et le programme est riche, avec de grands moments attendus.
Par Franck Lasselle / Photos : Moris DC
La journée démarre avec un groupe pour enfants, Heavysaurus. Le concept est simple : des musiciens déguisés en dinosaures jouant du heavy metal devant des enfants massés dans les premiers rangs. Cela donne un concert dynamique et énergique, avec des titres de heavy chantés en allemand, aux textes simples et directs. L’ambiance générale est très bonne, avec des enfants heureux de participer à la fête. Heavysaurus est un concept parfait pour amener les nouvelles générations vers la musique metal.
Kim Dracula est un influenceur qui s’est fait un nom avec ses vidéos. Avec ses musiciens en costume et lui-même sous une capuche, il soigne son arrivée. On retrouve un ton violent entre nu metal et alternatif, avec une pointe gothique. Le chant est accrocheur, avec un air de Marilyn Manson. Le saxophone amène une touche jazzy, tandis qu’une pincée de rap au chant vient remuer l’ensemble. Kim Dracula propose un concert violent, attirant et vénéneux.
Sur la WET, un vent de folie souffle avec Blood Command. Entre punk et hardcore, les Norvégiens mettent le feu, portés par leur volcanique chanteuse Nikki. Elle dégage un charisme énorme et n’hésite pas à slamer dans la foule. Chaque titre est un océan de violence qui prend à la gorge. Le chant hardcore est énorme, tout comme l’énergie punk dégagée. Blood Command lance une véritable tempête sur la WET.

Depuis 2023, Crimson Glory effectue un bon retour. « Valhalla » est un début magique. On retrouve le son du metal prog à l’américaine, plein de force épique. Travis Willis brille avec un chant haut perché digne du regretté Midnight. Avec « Lady Of Winter », « Where Dragon Rules », « Azrael » ou « Red Sharks », le groupe se montre brillant. On apprécie un véritable travail d’orfèvre aux claviers et aux guitares. Avec un chant mélancolique sur certains passages, Travis montre l’ampleur de sa force vocale. Crimson Glory ravit les amateurs de metal progressif classieux.

Nevermore est également de retour, avec Jeff Loomis et Van Williams, et Berzan Önen au chant. « Beyond Within » est un début parfait, avec un son énorme et une puissance dégagée incroyable. Önen est impressionnant : il sonne totalement comme Warrel Dane, avec la même force et ce lyrisme teinté de mélancolie. « Inside Four Walls », « My Acid Words », « Born » ou « Enemies Of Reality » font mouche. Aux guitares, Loomis et Cattoi sont impressionnants de vitesse et de technique, entre thrash et metal progressif. Önen achève de convaincre : au-delà de sa voix parfaite, il se montre souriant et communicatif. Nevermore effectue un retour tonitruant et la mission live est une réussite. À présent, chacun attend avec impatience une suite en studio.

Les amateurs de thrash se pressent vers la Headbangers pour Angelus Apatrida. Les hostilités démarrent sur les chapeaux de roue. L’énergie dégagée est intense et, aux guitares, Guillermo et David proposent un ton galopant qui remue la poussière allemande. Le chant rapide et aigu de Guillermo est parfait et la leçon de thrash est totale. Il y a du Slayer dans ce côté ultra-rapide, comme en témoigne une claque telle que « We Stand Alone ». Angelus Apatrida est à la hauteur de sa réputation en proposant un concert frais et dynamique.

Sur la WET, Hardline attire les fans de hard mélodique. Johnny Gioeli est tout sourire, ravi de l’accueil. « Rise Up » est parfaite en entame, avec un ton accrocheur, un chant clair et séduisant et un solo agréable. La suite est énergique, avec ce sens de la mélodie qui fait mouche. « Dr. Love » et « Danger Zone » séduisent avec un excellent travail aux claviers. Johnny parle de son amour pour Scorpions avant d’interpréter « When You Came Into My Life », belle ballade pleine de feeling. Avec « Life’s A Bitch » ou « Rhythm From A Red Car », Hardline achève un concert de très grande qualité.

Le thrash reprend le pouvoir avec Municipal Waste sur la WET. Niveau folie, chacun va être servi. La guerre est totale, le ton galopant remue une foule déchaînée. L’intensité de chaque riff est phénoménale. Le crossover thrash du groupe est taillé pour faire mal et on ne peut qu’apprécier ce côté bouillant. Les titres s’enchaînent à toute vitesse, dans une urgence semblant vitale. Le chant hurlé est énorme, avec une rage folle. Chaque riff démonte tout, entre la folie d’Anthrax et le groove de Suicidal Tendencies. Municipal Waste ne fait pas de quartier et propose un concert d’une incroyable intensité.
Arch Enemy est attendu sur la Harder. L’entame sur « Yesterday Is Dead And Gone » est bouillante. Lauren Hart balance un growl puissant avec détermination. Amott et Concepcion sont rapides et précis, avec un ton death mélodique racé. Lauren affiche un sourire radieux, communique avec la foule avec aisance et porte chaque titre avec énergie. « The World Is Yours », « Ravenous » et « War Eternal » offrent un parfait équilibre entre force et mélodie. Lauren ne perd rien de sa puissance vocale et se montre à la hauteur de ses prédécesseurs.
Avec « To The Last Breath », Arch Enemy balance son nouveau single. Belle tarte de death mélodique, il augure du meilleur. Les hits s’enchaînent : « Blood Dynasty », « No Gods, No Masters », « Blood On Your Hand » ou « We Will Rise » sont taillés dans le meilleur du genre. Les guitaristes donnent le tournis tandis que Lauren assure avec puissance. Dans le final, « Nemesis » cartonne. On ne peut que savourer ce parfait mélange entre force death et mélodie. Arch Enemy montre qu’il n’a rien perdu de sa force. Il demeure un ténor du genre et semble avoir trouvé la perle rare avec Lauren.

Powerwolf met les petits plats dans les grands. Le décor est splendide et Attila descend sur scène en maître de cérémonie. L’entame sur « Bless ’Em With The Blade » est énorme. Attila chante puissamment et on apprécie ce ton heavy épique. La suite est prenante, avec une véritable dimension théâtrale. Attila est bavard et, sur « Armata Strigoi », joue avec le public sur le refrain. Chaque titre est une démonstration de heavy metal. « Sinners Of The Seven Seas », « Amen & Attack », « Army Of The Night » ou « Dancing With The Dead » sont fédérateurs, portés par des refrains fabuleux et des riffs et soli irrésistibles.

Powerwolf a déjà gagné la partie. Le côté théâtral est excellent, le duo formé par Attila et Falk Maria Schlegel est efficace et la complicité entre les deux saute aux yeux. Les hits s’enchaînent : « Incense & Iron », « Demons Are A Girl’s Best Friend », « Fire And Forgive », « We Drink Your Blood » et « Where The Wild Wolves Have Gone » sont irrésistibles. Le duo de guitaristes assure, Attila chante avec conviction et cela ravit la foule. Les rappels sont explosifs : « Sanctified With Dynamite », « Blood For Blood » et « Werewolves Of Armenia » sont irrésistibles. Powerwolf donne un concert fédérateur et confirme son statut dans le heavy metal mélodique.

Pour finir cette édition de Wacken, direction la Louder pour retrouver Tom G. Warrior et Triptykon. Il n’y a plus que les fans les plus motivés à cette heure tardive. Il règne autour de la scène une ambiance crépusculaire, idéale pour l’art du groupe. « Circle Of The Tyrants » et « Into The Crypts Of Rays » démontent tout. Ces classiques de Celtic Frost font immédiatement effet. Tom est en mode furieux, ses compères sont en forme et tissent un ensemble doom/death implacable. La reprise à la sauce Triptykon du tube pop « Mexican Radio » est savoureuse, en mode dévastateur.
Triptykon balance ensuite des titres de son répertoire. « Goetia », « Shatter » et « Demon Pact » sont impressionnants de puissance. La lourdeur dégagée est colossale, Tom dégage un charisme glacial et hurle comme un damné. Le ton infernal prend à la gorge, en forme de tarte doom extrême. Dans le final, Celtic Frost et Hellhammer sont à l’honneur. « Progeny », « Messiah » ou « Synagoga Satanae » sont des merveilles de metal extrême dans sa forme la plus pure. Triptykon propose un concert en forme de messe noire des plus obscures. Le groupe confirme que, dans le genre, il demeure une référence incontournable.
Ce concert achève une journée encore bien remplie, avec des concerts variés et réussis. Cette édition du Wacken Open Air 2026 a fait oublier les tracas des années précédentes et ne donne qu’une envie : revenir sur la terre sainte du metal.



