ARSCHPIRE - Too Fast To Die
- Axl Meu
- il y a 7 heures
- 2 min de lecture
ARCHSPIRE
TOO FAST TO DIE
Death Technique
Independant
Cinq ans après la branlée Bleed the Future, qui a propulsé le groupe aux yeux du grand public, voici Too Fast to Die. Même les deux du fond qui ne suivent pas auront compris qu’a priori, Archspire ne fait pas dans le funeral doom. Si l’on devait définir ce qui a servi de jalon dans la recherche de l’extrême au sein de la scène, il y a fort à parier qu’Oliver Rae Aleron ressortirait dans les mentions au moins honorables de quelques-uns grâce à son fameux « shotgun vocal ». La performance impressionne, et c’est loin d’être le seul dans le groupe à pousser le potard au-dessus de 10. Néanmoins, dans cette scène tech death remplie de virtuoses tous plus bourrins les uns que les autres, il faut un style vraiment à part pour sortir du lot. Et à ce petit jeu, c’est sur le vocal qu’Archspire a su se différencier de ses confrères.
Avant de parler de musique, il faut surtout parler de contexte. Le groupe sort d’un partenariat de treize ans avec Season of Mist pour faire le choix courageux de l’autoproduction. Pour ne pas faire les choses à moitié, ce choix s’accompagne du départ du batteur d’origine. Une période charnière, donc. Le groupe a dû avancer l’équivalent de 43 000 € de frais de production de l’album, puis a lancé une campagne Kickstarter pendant l’enregistrement. Campagne qui se terminera avec 3 600 contributeurs, pour l’équivalent de 250 000 € levés, soit un peu plus de deux fois l’objectif initial. Une belle histoire, donc, qui nous éclaire sur ce qui se passe derrière le rideau pour un groupe signé chez un label. On retiendra notamment l’exemple du vinyle vendu 30 dollars qui va finalement rapporter 3 dollars au groupe. L’ensemble des détails de la campagne, déjà passée depuis un petit moment, se trouve ici : https://www.kickstarter.com/projects/archspire/archspire-independence-day/description
On y trouve notamment la facture détaillée de la manière dont se passent l’enregistrement et la promotion d’un album. Et l’album, maintenant ? Too Fast to Die est extrêmement bien composé. Plus mélodique, voire atmosphérique que son prédécesseur, et peut-être moins coup de poing, moins « waouh » — ne faisons pas nos mijorés, « Carrion Leader » décroche encore bien la mâchoire. Néanmoins, l’album reçoit une critique quasi unanime, et c’est bien mérité. Entre autres grâce à ces nombreux thèmes qui restent en tête sur « Red Goliath » ou « Limb of Leviticus », ses breaks bien vilains toujours aussi bien sentis, ses gravity blasts ultra maîtrisés et, finalement, ce qui est décrit dans son titre : sa vélocité ! C’est un album qui a tous les arguments pour élargir la fanbase du groupe et c’est finalement tout ce qu’on leur souhaite. Un autre modèle est possible. Merci à eux de l’avoir prouvé. Peut-être initieront-ils d’autres virages dans la scène.
Théophile Dumont



