DEEP SHOUT
- Chris Kilmister

- il y a 5 heures
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Les Lillois de Deep Shout (Stoner Rock / Post-Grunge) ont sorti, fin 2025, un nouvel EP intitulé Sirens. C’est aussi le 1ᵉʳ EP avec ce line-up. Avec Heretik, on s’est dit que ce serait bien d’en apprendre un peu plus sur le groupe. Chose faite pour ce nouveau numéro de
#TouchePasÀMonUnderground. Propos recueillis par Chris Kilmister
Bruno : Deep Shout, c’est une histoire de potes, à savoir : Bruno (guitare/chant), Antoine (lead guitare), Mickey (basse) et Dan (batterie) ! Il y a des liens d'amitié d’années dans ce groupe. Pendant le confinement, j’ai pris ce temps libre qui s’offrait à moi pour faire naître des chansons avec une envie décuplée d’aller au bout, de les finaliser.
J’ai d’abord embarqué un vieux pote, qui est devenu ensuite le premier chanteur du groupe (Seb, sur le premier EP), puis convié Antoine à poser ses envolées magiques sur ces compos. Mickey, l'ami d'enfance d’Antoine, nous a rejoints à la basse. Le tableau s'est complètement achevé avec « Lieutenant Dan » à la batterie : Dan, c’est notre maître Yoda, d'une sagesse absolue, jusqu'à ce qu'il décide de démolir ses fûts avec une puissance Grohlienne ! Deep Shout, c’est le « cri profond » et symboliquement, c’est ce que la musique exprime lorsque les mots seuls ne suffisent pas.
Mon ADN musical, il vient de Californie et de Seattle des années 90. J’ai grandi avec Mother Love Bone, Temple of the Dog, Pearl Jam, Soundgarden, puis Alice in Chains. C’est avec eux que j’ai compris que la musique était plus belle quand elle laissait transparaître ses fêlures. Je dois y ajouter Metallica (j’aime absolument tout chez eux). Et puis, il y a ce côté plus charnel, plus électrique, avec la fusion des Red Hot, de Faith No More, ou la décharge d'adrénaline de R.A.T.M. Viennent ensuite les ambiances plus arides avec le Stoner de QOTSA, ou à l’inverse, le spleen nordique de Graveyard qui me touche énormément. J’adore aussi le côté hyper classe du Rock de Rival Sons, ma toute dernière claque, étant All Them Witches : une vraie magie noire, je suis complètement envoûtée depuis, Mes deux piliers, ce sont les Beatles pour l’orfèvrerie mélodique et Hendrix pour le feu sacré. C’est là que tout (re)commence éternellement pour moi.
Antoine : Les groupes qui m’ont inspiré sont Led Zeppelin, Deep Purple, Black Sabbath, SRV, et tous les bluesmen depuis Son House mais surtout GOD Jimi Hendrix. Dans les 90s : Faith No More, Motörhead, Tool, A Perfect Circle, Suicidal Tendencies, Infectious Groove, Mr. Bungle. J'aime beaucoup Slash, Nuno Bettencourt, Klaus Eichstadt et Ron Thal (Bumblefoot).
Mickael : On se rejoint sur énormément de groupes cités. C’est un peu notre champ lexical commun ! Pour éviter de paraphraser, ajoutons pour ma part : Mastodon, Elder, Dool, NFO, Messa pour la partie Rock. Côté Jazz, les ambiances inspirantes de Bohren, Coltrane ou Wayne Shorter, la liste est encore longue ! La littérature fantastique du 19ᵉ (Shelley, Stoker, Verne, Poe), le cinéma bis voire série Z (Corman, Carpenter, Raimi, Yuzna), pas mal de peintres (Draper, Waterhouse, Zorn, Skinner…) ouvrent des fenêtres sur l’imaginaire.
Dan : Mes influences ? J’essaye d’écouter tous les styles, de préférence en live, pour m’imprégner des différents jeux des batteurs. Mes idoles ? Neil Peart de Rush, Dave Grohl, Stewart Copeland de Police et Mickey Dee pour son œuvre avec Motörhead et Scorpions.Bruno : Sirens est notre premier acte avec le line-up actuel. Car, si le premier EP explorait encore le terrain, celui-ci assume une finesse et une maturité nouvelles. Pour moi, l’aventure a pris un tournant inattendu : j’ai dû apprivoiser le chant sans lâcher ma guitare, un exercice d’équilibriste que je n’avais pas vraiment anticipé. C’est une mise à nu, un apprentissage constant pour le live. Composer est pour moi un truc vital, presque une urgence organique qui m'apaise. Je plaide coupable : chez moi, la machine à chansons ne connaît pas de bouton « pause ». Si ça ne tenait qu’à moi, on ferait un EP tous les ans.
Antoine : Sirens a été un moyen de se retrouver dans la configuration de groupe telle qu’elle est actuellement. Le besoin de s’inclure tous les 4 et d’avancer ensemble, dans un processus créatif commun. On est sur une étape vers de belles ambitions et Sirens nous a apporté un peu plus d’expérience et de maturité. Pour moi, c’est relativement facile de sortir un riff, mais tellement plus complexe d’en faire une chanson aboutie, alors je me mets une limite un peu frustrante pour finaliser le projet en cours d’abord. Parfois, je me retrouve à pondre un titre complet car impossible de résister, et je peux le garder pour moi. Je cherche constamment du nouveau et j’aime expérimenter, changer la métrique et faire du 5/4 ou 6/4 temps par mesure, ou mettre un son de clavier sur la pédale Fuzz, un bac à sable infini !
Bruno : En créant le groupe, j'ai naturellement beaucoup écrit et composé. Composer, pour moi, c’est d’abord offrir une structure, un canevas. J’ai du mal à créer dans le bordel et sans point d'arrivée. J’aime sentir l’architecture d’un morceau quand les premières notes viennent. Je propose la plupart du temps des titres déjà structurés, mais qui restent des matières vivantes pour le groupe, mais le processus Deep Shout est toujours ouvert : Antoine est arrivé avec un titre quasi-complet pour l’EP (« Face the Snake ») et tout peut également jaillir d’une étincelle, de deux accords solitaires, ou d’un riff proposé par n'importe quel membre du groupe. Tout peut devenir le point de départ d'un truc plus grand, comme « Low Again », qui s'est révélé au gré de nos repets. Mickey et Dan proposent aussi régulièrement des idées, des passages, des feelings. Tout cela fait Deep Shout.
Antoine : Nous avons eu plusieurs phases d’écriture, au départ nous nous sommes appropriés les compos de Bruno où j’ai pu faire quelques solos ou intro. Puis nous avons testé de composer directement en répétition et cela a été une bonne expérience (« Wither »), de nous réunir autour de deux accords et d'une idée pour qu’elle mature et que la structure devienne claire. Le titre « Low Again » en est un exemple avec ses bons vieux accords G/Em et A, qui peuvent vous rappeler du Stone Temple Pilots ou Alice in Chains, et depuis sa création il a déjà bien évolué car on l’a poncé dans tous les sens.
Dan : Avec les autres membres, le courant musical et personnel est tout de suite passé. En effet, j’ai rejoint le groupe récemment et je suis convaincu que ces connexions sont nécessaires pour arriver à créer un espace de collaboration et de création. J’admire les batteurs qui mettent leur technique et leur vécu au service de leur groupe. C’est ce que j’essaie de faire dans Deep Shout : mettre en avant le chant de Bruno et les soli d’Antoine tout en étant connecté à Mickaël pour la rythmique.
Bruno : J’écris les textes (enfin, je fais de mon mieux). Sirens, c’est un peu le chant de ces petites voix dans nos têtes qui essaient de nous envoyer dans le décor. L’EP visite plusieurs de ces voies :
« Low Again » : quand on a l’impression de couler (encore) et que tout devient trop lourd (encore).
« Face the Snake » : le moment où on arrête de courir pour regarder ses démons droit dans les yeux.
« The Kraken » : la trouille bleue de l’inconnu, cette peur qui paralyse avant de sauter le pas.
« Your Hand » : ce moment où on a la gorge nouée, mais qu'il faut réussir à appeler à l’aide.
« See » : Le déclic. La prise de conscience que ces sirènes sont une partie de nous, apeurées et qu’il faut rassurer.
« You’ll never walk alone » : Rien à voir avec le foot (enfin clin d’œil à Liverpool quand même) ! C’est surtout une promesse : apprendre à être son propre meilleur pote et à se foutre la paix. Entièrement autoproduit et autoenregistré avec nos petites mains moites et des heures, des jours, des semaines, des mois de prise de son et de mixage, d’automatisation, d’apprentissage. On a frisé la folie sur certains morceaux. On s’est rendu compte à quel point c’est un métier. C’est donc un pur produit local et brut, Rock’n’Roll, sans prétention. Antoine : Oui c’est vraiment passionnant, mais c’est une épreuve technique ou une perte de temps, car moins de place pour le créatif. Mais, s’il y a des imperfections qui feraient bondir des ingés sons, on a l'essentiel : C'est du Rock et on l’assume. Bruno : Sirens, c’est le point de rencontre entre l’impact d’un riff de plomb et la délicatesse d’une ligne mélodique. On a cherché ce point d’équilibre où le son pèse lourd sans jamais étouffer l’émotion. C’est une immersion dans un Rock brut, sculpté à même nos influences et nos tripes. Si vous aimez les contrastes, plongez avec nous. Venez nous écouter en live, ou en streaming si vous préférez, on fait du bio, on fait du local ! Sinon écoutez toutes nos influences, on a fait une belle playlist ci-dessus ! Nous abordons la période qui arrive avec beaucoup d'enthousiasme puisque nous allons enchaîner une belle série de concerts sur la scène locale. L’occasion de faire vivre sur scène Sirens, des titres plus anciens et quelques autres nouveautés. Cela fait deux ans que nous n’avons plus joué en live. C’est un retour important pour nous avec ce line-up actuel. On y va avec envie et aussi humilité, car nous avons besoin de nous roder, de progresser en tant que musiciens et groupe. Nous ouvrons principalement pour les autres (Tsaklak par exemple), et c'est très bien comme ça ! Le reste des projets ? Continuer à jouer en live et, bien sûr, le Graal, enregistrer notre premier album. Un jour il sera nôtre, oh oui… Mickey : Entre les concerts, nous espérons entrer dans une nouvelle période de préproduction et d’écriture. Continuer à progresser ensemble et délivrer de belles émotions. Voici nos prochaines dates :
- 22/05 à Tourcoing au plateau (w/ Tsaklak et Coalsun)
- 06/06 à Haubourdin au Weppfest
Pour plus d'informations : https://www.facebook.com/profile.php?id=100094443603201



