INERTE
- Chris Kilmister

- 4 mars
- 3 min de lecture
One man Band devenu groupe à part entière, Inerte sort son 1er album Singulier en décembre dernier. Décrit comme charnel et sexuel par Nico (chant), cet album de Metal extrême devrait plaire au plus nombreux d'entre vous. Pour #TouchePasÀMonUnderground, nous avons laissé le groupe parler de son actualité.
Propos recueillis par Chris Kilmister
Inerte était initialement un one-man band que j’ai commencé à mûrir fin 2019. Mon ancien groupe, Sin Cera, s’était éteint et je ressentais un besoin vital de me plonger dans un projet différent, plus intime, plus extrême aussi. J’ai progressivement composé s/c… (EP sorti en 2023) tout en apprenant les rudiments de la MAO, du mixage et du mastering. Puis l’envie de faire de la scène est venue et je me suis mis à la recherche de zicos en postant des annonces. J’ai assez rapidement rencontré Xavier (guitariste lead et membre du groupe Nobody’s Straight) et Alex (bassiste). Par la suite, après la composition de l’album, sont venus nous rejoindre Jon (guitariste rythmique, également dans Apanthropia) et Max à la batterie.
Le nom Inerte vient ici illustrer l’état de sidération que l’on observe chez une personne vivant un traumatisme psychique. Je trouve cette image intéressante : on semble mort aux yeux de l’autre alors qu’en réalité, il se passe beaucoup de choses à l’intérieur de la personne.
Je qualifierais Singulier de charnel, de sexuel… Cet album est à la fois chaud par les mélodies et les rythmes enragés qu’il propose, mais également terriblement noir par la souffrance et le désespoir dont il témoigne. Les registres musicaux sont variés mais, paradoxalement, ils apportent une vraie cohérence à l’ensemble. À vrai dire, Singulier a été composé en 2024, mais nous avons fait face à de nombreux imprévus et contretemps qui ont fait que l’album n’a pas pu sortir avant. Ce fut d’ailleurs une source importante de frustration, mais bon… ce fameux facteur « humain ». Dans l’ensemble, j’ai composé l’album, mais en laissant Xavier et Alex apporter leur approche, leur patte personnelle. Je suis très satisfait de cela car, sans beaucoup nous concerter, l’alchimie a pris très vite malgré nos univers différents.
Pour les parties de batterie, c’est Nathan Faure (du groupe Skaphos) que l’on retrouve sur l’album en tant que batteur de session. Pour Singulier, j’avais en tête d’aborder le thème de la passion amoureuse. Les textes s’articulent souvent autour de la dualité « pulsion de vie » / « pulsion de mort » au regard de la foi. La pureté naïve du sentiment amoureux se trouve ici confrontée à la toxicité de certaines relations, aux fantasmes déviants de l’Homme, etc.
Chacun a enregistré ses parties chez soi avec son propre matériel. Contrairement à s/c…, où j’avais désiré tout produire moi-même, le mix et le mastering de Singulier ont été confiés à Alex Lrt, un gars adorable qui fait du super boulot. En effet, la volonté était, pour cet album, d’avoir un son plus gros et plus moderne. Autant l’EP était assez froid et chaotique, autant l’album propose une plus grande agressivité et davantage de cohérence. J’ai toujours du mal à projeter ou à prédire l’évolution future du projet car je fonctionne beaucoup à l’instinct, mais la volonté que j’ai est de proposer des albums aux univers distincts, surprenants et authentiques.
Nous écoutons tous des choses très différentes : Rock, Jazz, Metal extrême / Progressif / Hardcore, Musique Classique… La liste est longue. C’est d’ailleurs peut-être pour cette raison qu’il est difficile de nous classer dans un seul et même registre. Inerte a un aspect protéiforme, hybride. Si je devais citer un groupe qui m’a pas mal inspiré, tant je me retrouve dans leur approche de la musique et de l’art en général, ce serait Hypno5e. On retrouve également des inspirations philosophiques et littéraires dans les textes.
Nous recherchons activement des dates pour défendre l’album, mais ce n’est pas chose facile. Nous souffrons de ce phénomène très fréquent que rencontrent quasiment tous les groupes : face à la multitude de projets, les organisations de concerts privilégient les groupes qui ont déjà fait leurs preuves… et dans un sens, c’est normal. Nous avons eu la chance de jouer fin novembre à la Griffe à Lille en compagnie de Ravn, mais depuis, pas grand-chose de concret. Il se pourrait qu’un prochain clip voie le jour d’ici quelques mois, mais chut !
Merci beaucoup à toi et à toute l’équipe d’Heretik Magazine de nous avoir permis de nous exprimer. Longue vie à l’underground.
Pour plus d'informations : https://www.facebook.com/inerte666



