ITW - FauxX
- Axl Meu
- il y a 1 jour
- 4 min de lecture
La batterie et la Bretagne ont réuni Joachim Blanchet d’Hoa Queen et un certain Jean-Baptiste Tronel, dit Job de Tagada Jones. De cette union est né FauxX, qui vient juste de sortir son deuxième album Anteroom. Joak et Job répondent aux questions d’Heretik Magazine.
Propos recueillis par Flavien Minne.
Bonjour à tous les deux. Vous venez de deux univers différents. Comment s’est faite la rencontre ?
Joak : Nous vivons tous les deux près de Saint-Brieuc. Nous nous connaissons depuis un moment, mais sans nous fréquenter. J’ai joué et collaboré avec pas mal de groupes de chez nous et un jour, Job m’a proposé de faire des arrangements pour un groupe de Hip-Hop, dans lequel il jouait, un groupe assez dingue qui s’appelait Alive Kill, Leur univers m’a tout de suite parlé.
Job : FauxX a été créé à une période trouble de chacune de nos vies. on avait envie tous les deux d’exprimer un ressenti assez noir. L'idée a été de créer un entre-choc entre nos personnalités, nos parcours et nos façons de jouer. En gros, prendre des isques en partant sur un chemin qu’on n’avait pas prédéfini. On voulait chacun dégueuler quelque chose.
Comment passe-t-on du Rock Alternatif, Metal alliant Blues et Trip-Hopet Trip Hop à l’Indus ?
Joak : Mon parcours de musicien s’est surtout fait au service de groupes. J’ai appris à jouer sur scène, à mixer et à enregistrer pendant toutes ces années. Avant FauxX, je n’avais jamais été “lead” d’un projet. J'ai expérimenté beaucoup de choses, seul, chez moi avec des machines et des claviers… FauxX est l’endroit où je peux mettre toutes mes influences et m’exprimer sans contraintes.
Job : Je vois les choses différemment. Pour moi, ce n’est pas de passer d'un style à une autre, mais plutôt d’exprimer une autre facette de soi. Il faut garder son identité tout en changeant de climat.

Parlons de votre nouvel album Anteroom. Quel a été le processus d’écriture ? Comment
vous répartissez-vous les rôles ?
Joak : Certains titres ont été maquettés assez rapidement dans mon studio après la sortie de StatistiC Ego, comme “Sun of Despair” par exemple. Dans ce cas, je programme des batteries virtuelles pour m’aider à construire les parties. Ensuite, Job les écoute et commence à poser les siennes. On les enregistre, faisons plusieurs versions pour arriver à la définitive. Et puis, dans d’autres cas, nous partons de ses idées : il arrive avec des patterns que l’on enregistre et j’apporte dessus des claviers.
Job : On est dans la proposition et c’est souvent nos différences qui mènent le groupe plus loin. Pour “Burnt Velvet Remains”, j’ai proposé à Joak une clave (rythmique utilisée comme outil d’organisation, NDLR), jouée à la grosse caisse. Il a fallu qu'il mette en place un socle et trouve un univers avec ce groove assez entêtant. Chacun amène l’autre dans des chemins inconnus. C’est très rafraîchissant.
Quand on est deux batteurs, ce doit être difficile de ne pas privilégier son instrument de
prédilection ou on essaie de s’ouvrir de s’ouvrir davantage à d’autres instruments ?
Joak : Avoir été batteur m’aide à composer, mais je reste focus sur comment améliorer et construire nos sons de claviers, de machines et mes parties vocales. Nous discutons tout de même beaucoup, lors du maquettage, du placement des "grooves", des roulements de toms, les parties de double, etc…
Job : On est deux batteurs, mais on ne vient pas de la même scène. Nous n’avons pas les mêmes influences. Souvent Joak reste très basique dans ses pré-prods de batterie, car il sait très bien que je proposerai une pattern complètement différente.
Quels sont les thèmes abordés sur Anteroom ?
Joak : L’album est traversé par l’idée de point de rupture ou de non-retour, individuel ou global. Cela traduit, pour moi, le moment que nous vivons : une époque sous tension pendant laquelle tout peut basculer à n’importe quel moment. Si je devais résumer en une référence : Brazil de Terry Gilliam.
Peut-on dire qu’Anteroom est une suite logique de NH3(IL), votre premier EP et StatistiC Ego ?
Joak : Je le vois plus comme une continuité. Nous sommes toujours dans l’optique de pousser un peu plus les sonorités. Pour cet album, nous avons voulu être plus direct dans la façon de composer.
Job : Oui, c’est une suite logique, le groupe évolue dans sa proposition. On cherche moins à se prouver les choses, on rentre dedans directement, on fabrique notre identité avec des outils rouillés, notre rancœur, notre dégoût et notre côté sombre… On n’a rien à prouver, on reste hors des sentiers battus, c’est l’essence du groupe.
FauxX a assuré les premières parties de Sharghot, Horsk et Front 242. Votre musique est à la croisée de l’Indus, de la Darksynth et de l’Experimental… Quelles sont vos influences ?
Joak : Cela va du Black avec des groupes comme Abigor ou Oranssi Pazuzu, en passant par le Hardcore avec LLNN et Jesus Piece. Pour l’Indus, des classiques comme Test Dept et Nordvargr pour des humeurs plus électroniques.
Job : Ma culture de l’Indus est vraiment petite. Du coup, je ne suis pas influencé par le style. En fait, on fait l’inverse de beaucoup : pas de schémas classiques style “guitare amplifiée et drums machine froide”. Nous c’est plutôt “vraie batterie chaude et claviers glacés et distordus”.
Quels sont vos prochains projets et prochaines dates ?
Joak : Nous avons joué chez nous, début décembre dans un théâtre à l’Italienne pour la sortie de Anteroom. Ce fut une expérience de jouer notre musique dans un lieu du XIXème siècle, c’était assez dingue ! Sinon, le 13 août au Motocultor Festival et d’autres dates se dessinent pour 2026.
Un mot pour nos lecteurs ?
Joak : L’Antichambre est à vos portes.
Job : Merci à tous les curieux qui poseront une oreille sur FauxX.
FauxX, c’est :
Joachim Blanchet : Claviers/ machines, chant
Jean-Baptiste “Job” Tronel : Batterie
Discographie :
NH3(il) (EP) (2018)
StatistiC Ego (2021)
Anteroom (2025)



